‹ L'édit de CallisteChapitre 111 sur 252 · Pud., 19. — 2. Paen · texte numérisé non relu

Pud., 19. — 2. Paen

3. Pud., 19. 4 : Haereticam enim feminam, quae quod didicerat a Nicolaitis docere susceperat, in Ecclesiam latenter introducebat et merito ad paenitentiam urgebat. Il s'agit de la pécheresse mentionnée dans l'Apocalypse, n, 15 sqq. Vax der Vliet et de Labriolle transposent : quae... docere susceperat et in Ecclesiam latenter introducebat, merito ad paenitentiam urgebat. Il suffît de relire le contexte pour se rendre compte que la transposition est tout à fait malheureuse et ruine l'argumentation de Tertullien. Il veut prouver que cette femme n'était pas, comme on le croit, dans l'Eglise, et conséquemment pouvait encore y entrer par le baptême. A cet effet, il rappelle qu'elle avait été instruite par des Nicolaïtes hérétiques. La trouvant dans cet état, l'Apôtre entreprit de l'amener très doucement à l'Eglise, et dans cette pensée lui prêcha la pénitence — non pas la pénitence des fidèles, comme le disaient les catholiques, mais la pénitence des catéchumènes, préalable au baptême. On n'imaginerait pas cette femme encore étrangère à l'Eglise (c'est l'hypothèse à Tertullien), et déjà y introduisant subrepticement la doctrine nicolaïte dont elle était imbue. L'argumentation de Tertullien repose sur sa doctrine de la nullité du baptême conféré dans l'hérésie, doctrine que d'ailleurs il professe De baptismo, 15, et le texte traditionnel n'appelle aucune correction.

TEFITULLIEN, DE PUDICITIA. 189

l'Église, il n'y a plus qu'à admettre que l'Esprit-Saint la pousse à la pénitence, mais sans lui promettre ici-bas le pardon, du moins le pardon de l'Église. C'est précisément la doctrine du Paraclet « : Si certus es mulierem illam post fidem vivam in haeresin postea expirasse, ut non quasi haereticae sed quasi fideli peccatrici veniam ex paenitentia vindicet, sane agat paenitenliam, sed in finem moechiae, non /amen et restitutionem consecutura. Haec enim erit paenitentia, quam et nos deberi quidem agnoscimus multo magis, sed de venia Deo reservamus. Au reste, Y Apocalypse nous montre les impudiques et autres grands pécheurs — il s'agit de chrétiens pécheurs — plongés dans l'étang de feu (Ap., xxi, 8).

Les catholiques invoquent aussi l'épitre de saint Jean'. Ils y ont lu que le sang du Fils de Dieu nous purifie de tout péché (I Io., 1, 7), et autres assertions semblables. Pourquoi n'y ont-ils pas lu également qu'il y a tel péché capable de donner la mort, pour lequel le Seigneur ne permet pas d'intercéder (I Io., v, 16 sq.)? Et peuvent-ils douter que l'impudicité ne soit du nombre de ces péchés mortels et irrémissibles?

Après les Apôtres, Tertullien cite encore3 « ex redundantia » un disciple des Apôtres, Barnabe. En réalité, sous le nom de Barnabe, il cite notre épitre aux Hébreux. Il croit y trouver (Heb., vi, 4-8) la preuve que la grâce baptismale, une fois ruinée par le vice impur, ne saurait être restaurée par la pénitence. Il cite et interprète dans le même sens divers symbolismes bibliques : la lèpre (Lev., xiii, 12 sq.); la maison contaminée (Lev., xiv, 36 sqq.) ; la servante violée {Lev., xix, 20).

La charge impétueuse poursuivie par le théologien montaniste manquerait son but s'il ne s'attaquait au principe même de la mesure qu'il combat. Il y vient à la fin de son libelle *.

1. Pud., 19, 6 : c Si vous êtes certain que cette femme avait vécu de la vie de foi avant d'exhaler son souffle dans l'hérésie... » — Le verbe vindicet a pour sujet l'apôtre saint Jean.

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