‹ L'édit de CallisteChapitre 112 sur 252 · Pud., 19, 10 sqq. — 3. Pud., 20. — 4. Pud · texte numérisé non relu

Pud., 19, 10 sqq. — 3. Pud., 20. — 4. Pud

Ce principe n'est autre que le principe d'autorité, revendiqué par l'Église catholique au nom de sa constitution divine et s'affirmant ici comme pouvoir des clefs. Un pouvoir si solennellement consacré dans l'Évangile ne comportait guère une négation directe : aussi Tertullien se gardera-t-il de l'attaquer de front; il le reconnaît en paroles, mais pour le ruiner en fait, par une exégèse aussi captieuse que celle dont nous avons déjà rencontré tant d'exemples1.

Sed habet, inquis. potestatem Ecclesia delicta donandi. — Hoc ego magis et agnosco et dispono, qui ipsum Paracletum in prophetis novis habeo dieentem : Potest Ecclesia donare delictum, sed non faciam, ne et alia délinquant.

L'Église a le pouvoir de remettre les péchés. Ainsi parlaient les catholiques avec Calliste. Tertullien reprend avec les nouveaux prophètes : Oui, sans doute, l'Église a le pouvoir de remettre les péchés; mais elle se gardera bien d'en user. Car l'Église — ou l'Ësprit-Saint, c'est tout un — ne veut pas encourager le désordre. Si ce langage est celui de faux prophètes, poursuit ironiquement Tertullien, il faut avouer qu'il sert excellemment les intérêts de la vérité, et qu'il en reproduit fidèlement l'accent.

La tactique était habile. On peut douter néanmoins que les contemporains s'y soient laissé prendre; car les réalités qu'ils avaient sous les yeux commentaient assez clairement ces paroles pour dissiper toute équivoque. Ce que Tertullien paraissait offrir d'une main, il le reprenait de l'autre ; ou plutôt il ne feignait d'entrer dans les vues de ses adversaires que pour ruiner plus sûrement ce principe d'autorité dont l'existence était au fond de tout le débat. A la distance où nous sommes des faits, il devient plus facile de prendre le change, et les bonnes paroles données par Tertullien aux catholiques peuvent avoir l'air de confirmer leur thèse, au lieu qu'en réalité elles en sont l'antithèse parfaite.

Le pouvoir de remettre les péchés — et il s'agit ici des péchés les plus graves — était revendiqué par l'Église. Le

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