Pud., 3, 2. — 2. Voir tout le De paenitentia
rique là-dessus, et l'on remarquera que certaines de ses paroles dénotent une grande confiance dans la vertu de la pénitence1; il ne met pas en doute qu'un péché loyalement expié sera tenu par Dieu pour pardonné. Quant à Calliste, la teneur même de la phrase flétrie par Tertullien montre qu'il entendait remettre les péchés moyennant pénitence, et pas autrement2 : paenitentia functis. En cela il se montrait fidèle à la tradition de l'ancienne Église, qui n'avait jamais admis de pardon accordé à tout venant et sans condition. Comme d'ailleurs la pénitence canonique pouvait durer plus ou moins longlemps, il est fort vraisemblable que pour quelques pécheurs elle avait, en fait, duré autant que la vie, et les rigoristes de l'école d'Hippolyte considéraient la chose comme normale. Calliste se prononça contre une règle aussi inflexible, et cet acte de clémence, qui dut relever bien des âmes abattues, excita les clameurs du parti opposé. Cette conception n'est pas une hypothèse en l'air, mais la seule traduction plausible de tous les faits connus; outre l'avantage de combiner, selon une mesure vraisemblable, les deux versions en présence, elle a celui de respecter le cours ordinaire des événements, car il est assez normal qu'une décision catégorique intervienne pour clore une période de flottement. Que les principes miséricordieux formulés par Hermas n'aient jamais totalement cessé d'avoir cours à Rome, c'est infiniment probable a priori, puisque ces principes n'avaient jamais été l'objet d'une condamnation ofticielle : au déclin du second siècle, le fragment de Muratori mentionne encore le Pasteur parmi les livres qu'on
i. Hippolyte, éd. Acheus, Fragments arabes sur le Pentaleuque (je traduis de l'allemand), p. 101, 1. 6-12 : « Dieu a, de la plénitude de sa miséricorde, donné aux Israélites cette loi, pour les faire confesser leurs fautes et se convertir : il les reçoit s'ils se convertissent. Pareillement, Dieu a donné à tous les hommes cette loi : s'ils pèchent. ils doivent confesser leurs péchés et se racheter de la mort du péché par le jeûne, la prière, l'aumône, les larmes, le repentir. Et à qui ne suit pas cette loi, ses péchés retombent sur sa tête. » — Ibid., p. 104, 1. 4-7 : « Au huitième jour, qui est le jour du jugement, il doit présenter un corps purifié de ses souillures et une âme purifiée par l'ascèse, la continence, les bonnes œuvres, le jeûne et la prière. »