‹ L'édit de CallisteChapitre 128 sur 252 · De oratione · texte numérisé non relu

De oratione

2. M. Vacaïsdard pense que Calliste est le premier pontife qui ait mis en pratique la théorie d'Hermas sur la réconciliation des adultères. Et il conclut, RCF., I. c, p. 367 : « Il s'agit d'un acte public et solennel, par lequel Hippolyte et Tertullien prennent solennellement le public à témoin. Je ne puis m'imaginer qu'ils aient eu l'audace de mentir si effrontément. Et remarquez qu'ils auraient inventé la même calomnie à distance l'un de l'autre et sans s'être concertés. » — Ce jugement me paraît tenir trop peu de compte soit de la différence des assertions, soit de la différence des documents, soit de la différence des temps. Que les deux écrivains se rencontrent pour flétrir l'acte de Calliste, cela est sûr. Ainsi voit-on tous les jours l'acte d'un gouvernement censuré à la fois, de points de vue différents, par les adversaires qu'il peut compter dans les différents partis de l'opposition. Mais, on l'a vu, Tertullien et Hippolyte ne disent pas, à beaucoup près, la même chose. De plus, le premier écrit sous le coup de l'émotion du moment un libelle de combat; le second écrit à tète reposée une longue histoire, dont quelques pages font écho à toutes les haines amassées contre l'homme qu'il détestait, et rencontre l'épisode déjà marqué par l'apparition du De pudicitia. Le premier vise la personne de Calliste vivant, devant le public de Carthage; le second s'en prend à la mémoire de Calliste mort, devant le public de Rome. Sans doute il ne s'est pas concerté avec Tertullien, qui peut-être était mort lui aussi. S'ils s'étaient concertés, Hippolyte ne lui eût pas donné de si forts démentis.

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