‹ L'édit de CallisteChapitre 132 sur 252 · Pud., 12, 11. — 2. Pud., 3, 5. — û\ Pud., J · texte numérisé non relu

Pud., 12, 11. — 2. Pud., 3, 5. — û\ Pud., J

tia\. Ce qu'il y a de sur, c'est que le refus absolu de réconciliation ecclésiastique, étendu à un si grand nombre de péchés, constituerait une aggravation exorbitante de la discipline commune, et que, même restreint aux trois péchés capitaux, un tel refus ne répond à aucune réalité historiquement constatée au sein de la vraie Église 2.

1. On peut voir l'interprétation plutùt sévère de M. Esser, Der Katholik, 1907, t. II, p. 202-204.

2. Parmi les auteurs qui, de nos jours, ont abouti à des conclusions semblables, nous citerons, outre M. Essku et le R. P. Stufler, J. Lebreton, Revue pratique d'apologétique, 15 nov. 1906, p. 242 : « Dans la théologie de la pénitence, comme dans celle de la Trinité, une étude plus précise d'IIippolyte et de ses contemporains permet de rectifier sur des points importants des théories trop facilement acceptées; des historiens récents, se fondant surtout sur l'autorité de Tertullien, d'Hippolyte et d'Origène, admettaient que, pendant les deux premiers siècles, l'Eglise tenait pour irrémissibles les péchés d'adultère, d'homicide et d'idolâtrie. M. d Aies consacre une dizaine de pages à discuter les fondements de cette affirmation ; une dissertation si brève ne peut évidemment épuiser un sujet si complexe; la thèse cependant me semble très juste et la démonstration concluante : au ne siècle, la réserve des trois cas n'apparaît pas encore; et au me, on ne peut la prouver ni par Tertullien, ni par Origène, ni par Hippolyte. » P. Monceaux. Histoire littéraire de V Afrique chrétienne, t. I, p. 432, Paris, 1901 : « Fidèles à la tradition du n° siècle, les catholiques soutenaient que l'Église avait le droit de remettre les péchés, et même, au moins une fois, les péchés mortels, à la condition que le coupable en fît l'aveu public, qu'il s'y fût préparé par une longue expiation, et qu'il se soumit aux rites sévères de la réconciliation. Les montanistes, au contraire, prétendaient qu'on devait s'en rapporter à Dieu seul; ils n'admettaient sur la terre aucun pardon, notamment pour les trois grands péchés, idolâtrie, homicide, adultère. Le pape Calliste, consulté peut-être par d'autres évêques, se prononça nettement pour la tradition établie et pour les droits de l'Eglise... » F. Diekamp, 77?., 20 mai 1908, p. 257 : « Wie ich schon fruher... diesen Ausstellungen zugestimmt habe, so scheint mir Esser jetzt durch seine scharfsinnigen Darlegungen seine Position gegen die Einwùrfe der oben genannten Gegner allseitig geschûtzt und durch neue Beweisgriinde noch verstârkt zu haben. » O. Bardenhewer, Patrologie3, p. 195, Fribourg-en-Br., 1910 : « Esser zeigte dass das Edikt kein Bruch mit der alten Praxis, sonder eine Abwehr montanistischen Neuerungen war, dazu bestimmt, die wenigstens in den grosseren Kirchen des Ablandes schon ubliehe Behandlung der Unzuchtsûnder aufrecht zu halten und ausserdem das Recht der Kirche, aile Sùnden zu erlassen, grundsàtzlich zu wahren. » Adam, Der Kirchenbegriff Tertullians, p. 149 : « Die Einteilung der Sûnden in vergebbare und nicht vergebbare ist auf Teriullian zuruckzufiihren,

Que reste-t-il, en somme, des assertions de Tertullien relatives au refus de rémission des péchés? Il reste un fait qui

wie er selbst schon genugsam andeutet... Wohl kannte die Kirche eine ewige Relegation... aber nicht im absoluten, sondern hypothetischen Sinne, also nur unter Voraussetzung der Unbussfertigkeit des Gefallenen. Sobald der Bûsser entsprechende Busspftichten ubernahm, wurde selbst eine ewige Relegation zuriickgenommen, wie bei den Ilitretikern Marcion und Valentin... Das prinzipielle Réservât gewisser Svinden fur Gott allein ist also weder urmontaniseh noch urkatholisch, sondern Tertullians Werk. » Atzberger, TR.. 1907, n. 18, 18 nov. 1907, p. 549 : «... Wie schon in seiner « Théologie Tertullians », so vertritt der Verf. (d'Alès) aueh hier die Ansicht dass das von Tertullian so heftig angegriffene Indulgenzedikt des Papstes Kallistus keine neue Busstheorie und im wesentlichen auch keine neue Busspraxis einfiïhrte, sondern hôchstens gegen eine rigoristische Strômung sich richtete, welche in manchen Kirchen sich breit machte und welcher auch Hippolyt gleich Tertullian zugetan war. Ich habe bei Vollendung von Scheebens Handbuch der kath. Dogmatik, Bd. 4, S. 677-680, der Hauptsache naeh dieselbe Meinung vertreten, verkenne aber nicht die Schwierigkeiten die sich gegen dièse Ansicht erheben, wenn es gilt dièse mit den zu Gebote stehenden historischen Hilfsmitteln zu beweisen. » Preuschen, Die Kirchenpolitik des Bischofs Kallist, dans ZSNTW., 1910, p. 135 : « Esser hat mit Recht darauf hingewiesen dass eine andere Interprétation dieser Stelle (Pud., 1, 10) unmôglich ist. Dann ergibt sich daraus mit Evidenz. dass Tertullian in seiner kirchlichen Period3 die Meinung vertrat, aile, auch die grôbsten Siinden konnten durch eine zweite Busse gesùhnt werden... Und da ausdriicklich Unzuehtssûnden und die Idolâtrie genannt sind, so kann auch hinsichtlich dieser Sûnden Tertullian von einer Ausnahmestellung nichts gewusst haben. » Hauck, RE. 3, art. Calixt, t. III, p. 641, 1897 : >< Nach De pud. 5 f., ist es sicher dass in jenem Edikt die Vergebung ausdriicklich auf die Unzuehtssûnden beschrankt war. Und nach Hippolytus ist es ebenso sicher, dass Kallist den Satz vertrat, reôfoiv dtç^iQat àjj.apxt'aç. Wie mich dûnkt, ergiebt sich besonders aus der Begrundung desselben, dass Kallist dem Edikt bei Tertullian gegenuber einen fortgeschrittenen Standpunkt vertrat. n J. F. Bethune-Baker, An Introduction to the early history of Christian doctrine to the council of Chalcedon, p. 372-373, Londres, 1903 : « Différent estimâtes of the power of the Church in this respect were held, and led to controversy. The infliction of penance implied, or was generally understood to imply, that the Church had power to grant forgiveness for the sins for which penance was inflicted. But the idea that the Church had power to forgive mortal sins was strongly opposed by the Montanists and Tertullian, who regarded such an idea as destructive of morality, and maintained that for such sins no hope of forgiveness in this world should be held out : they should be punishedby perpétuai exclusion from the Church... What the earliest practice was in such matters, is uncertain ; but as early as 169 Diony-

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a laissé d'autre part quelques traces dans l'histoire, c'est l'existence, vers le début du n e siècle, d'un courant rigoriste : plusieurs évêques de la communion catholique refusaient toute réconciliation aux impudiques, au moins jusqu'au danger de mort. La formule la plus heureuse de ce fait nous est fournie par saint Gyprien, qui signale dans l'Afrique latine l'existence de ce courant rigoriste1. S'il s'é-

sius of Corinth had written to this eflect — that no sin should involve perpétuai excommunication. Zephyrinus had admitted to communion, after penance, some who had been guilty of adultery and unchastity; and against him Tertullian wrote his treatise. Callistus apparently went further. and extended the hope of readmission to those ^\ bo were guilty even of idolatry, apostasy and murder. and by so doing roused the indignation of Hippolytus. It was the puritan conception of the Church that really prompted the opposition of both Tertullian and Hippolytus to what seemed a relaxation of discipline. » Fn. Loofs, Leitfaden zum Studium der Dogmengesc/iichte, p. 207. Halle. 1906 : « In Karthago war uni 200 nach Tertullians Ansicht anscheinend keine Art von Sunde von der Busse ausgeschlossen... Dièse Praxis aber war noch um 217 aient allgemein anerkannt. Die Rigoristen schlossen noch aile die eine Todsunde, d. h. Mord, Ehebruch (oder Hurerei) und Gôtzendienst begangen hatten, von der Rehabilitation durch die Busse aus. » R. Seeberg. Lehrbuch der Dogmengeschichte -, t. I, p. 496. Leipzig, 1908 : « Es bat auch spâter Christen gegeben die ùber die Strenge des ganzen Verfahrens murrten, es kommt ja sogar die Ansicht vor, dass wie in der Arche auch unreine Tiere waren, auch in ihrem Abbild, der Kirche, schwere Siinder geduldet werden mussten. Andrerseits wird es auch in kirchlichen Kreisen nicht wenige o-eo-eben haben, die, wie Tertullian als Montanist. fur die Todstinden die zweite Busse mehr oder minder entschieden verneinten, vgl. Origenes. »

Nous n'avons pas mêlé à cette discussion le nom d'OitiGÈxE parer que nous croyons qu'il n'a rien à voir avec l'histoire de ledit de Calliste et qu'on a eu tort de l'y mêler. Voir là-dessus notre ch. IX.

1. Saint Gyprien, Ep., lv, 21 : a Et quidem apud antecessores nostros quidam de episcopis istic in provincia nostra dandam pacem moechis non putaverunt et in totum paenitentiae locum contra adulteria cluserunt. Non tamen a coepiscoporum suorum collegio recesserunt aut catholicae Ecclesiae unitatem vel duritiae vel censurae suae obslinatione ruperunt, ut, quia apud alios adulteris pax dabatur, qui non dabat.de Ecclesia separaretur. »

M. Hugo Koch croit savoir que ces évêques maintinrent leur attitude après l'édit de Calliste. Cyprian und der rômische Primat, p. 55, Leipzig, 1910 : « Die Aeusserung ist um so bezeichnender, als es sich um Bischôfe handelt, die ihre strengere Praxis beibehielten, naehdem Kallist sein « peremptorisches Edikt » iiber die Wiederaufnahme der Fleischessiindern schon erlassen batte. » Mais il n'apporte de cette

l'initiative de calliste. 241

tendit notablement hors d'Afrique, et dans quelle mesure les pochés d'apostasie et d'homicide furent l'-objet des mômes rigueurs, c'est ce que nous ne saurions préciser. Certains faits contemporains de saint Cyprien, et surtout la vogue durable de l'hérésie novatienne, révèlent, à l'état sporadique, la pénétration de l'esprit rigoriste. Conclure de là que cet esprit réglait cinquante ans plus tôt, et dès une date plus ancienne, la pratique de l'Église, serait vraiment abusif.

Cependant M. Vacandard écrivait, sur ce même texte de saint Cyprien ' :

La première conclusion que nous tirerons de ce texte, c'est que Tertullien avait réellement sous les yeux à Cartilage la discipline sévère dont il se faisait le champion. Il n'était pas homme, en effet, à ne pas attaquer en face son évéque. comme il faisait l'évêque de Rome, si l'un avait, comme l'autre, absous les fornicateurs. Et ce point, tout, le monde paraît disposé à l'admettre. Saint Cyprien déclare en outre que, dans la province d'Afrique, il fut une époque où l'épiscopat se divisait en deux partis, l'un favorable à l'indulgence, l'autre partisan irréductible de la sévérité. Mais l'époque de cette divergence d'idées n est pas nettement déterminée. Trente ans s'étaient écoulés entre le De pudicitia et la lettre de saint Cyprien. Il est certain qu'à partir du pape Calliste. la discipline que celui-ci inaugurait à Rome se répandit dans les autres églises et notamment en Afrique. Ce fut sans doute le temps où les évèques africains se partagèrent en deux camps. Rien n'autorise à affirmer que saint Cyprien ait visé une époque antérieure, son unique but étant de montrer qu'en matière de discipline les membres de l'épiscopat pouvaient avoir des avis différents sans rompre pour cela l'unité ecclésiastique. Sa lettre ne prouve donc pas que Tertullien avait tort de regarder comme général le régime de la sévérité dans les premières années du me siècle.

Devant un tel procédé de raisonnement, nous n'avons pu dissimuler notre surprise2. Ainsi, parce que saint Cyprien signale, à une certaine époque dans le passé, l'existence

précision chronologique aucune raison, et de fail il n'en existe aucune raison assignable, à part le dessein peu scientifique d'où procède tout ce libelle : dessein d'éliminer de l'Afrique latine, au temps de saint Cyprien, tout vestige d'une primauté romaine quelconque. D'ailleurs il faut savoir gré à M. Koch de reconnaître qu'une telle attitude fut exceptionnelle dans l'épiscopat africain. Ibid., 60 : « ... den Rigorismus frûherer BischOfe, die noch nach dem Edikte Kallists und trolz <\>t milderen Praxis der meisten Bischofe den Fleischessundern die Lossprechung und Wiederaufnahme verweigerten. » I. RCF.} I. c, p. 126 — 2. RCF., I. c, p. 356.

d'un certain parti d'évêques africains qu'il considère plutôt comme des dissidents — quidam de episcopis — , dont toutefois la dissidence n'alla pas jusqu'au schisme — non tamen a coepiscoporum suorum collegio recesserunt ant catholicae Ecclesiae unitatem... ruperunt — , on se croit autorisé à ranger dans ce parti le propre prédécesseur de saint Gyprien sur le siège de Cartilage, sans apporter de ce jugement aucun autre motif que le silence de Tertullien. On se persuade même que tout le monde est disposé à y souscrire. Parce que Ton a commencé par poser comme principe inflexible que la discipline pénitentielle évolua uniformément de la rigueur vers l'indulgence, on se croit autorisé à renverser les deux termes de la déposition de saint Gyprien, à faire de l'exception la règle et de la règle l'exception, de manière que ces quidam de episcopis deviennent les représentants de la discipline ancienne et commune, et que le collegium episcoporum, la catholica Ecclesia représente seulement un mouvement nouveau, issu de Calliste, conséquemment remontant à quelque trente ans tout au plus. Enfin, parce que l'on veut que l'absolution des impudiques ait fait alors son apparition dans l'Église, on élimine simplement de l'histoire cette discipline plus clémente dont saint Gyprien ne nous indique pas l'origine, mais dont il note qu'elle demeura en possession de l'assentiment général, en dépit de quelques rigoristes, dont les duretés et les censures n'allèrent pas toutefois jusqu'à rompre l'unité de l'Église, — ce dont sans doute on leur sut

gré.

En vérité, avec une pareille manière de faire parler les textes, il n'est pas de conclusion qu'il faille désespérer d'établir. Mais on ne nous contestera pas le droit de reprendre le texte de saint Cyprien, et d'indiquer a notre tour les conclusions qui paraissent en sortir spontanément. De ce que le primat de Garthage n'a pas connaissance d'une période de rigueur universelle, où le pardon eût été refusé communément aux impudiques, il parait naturel de conclure qu'une telle période n'avait pas existé pour l'Afrique latine; car au temps de saint Gyprien, l'Église d'Afrique comptait tout au plus deux siècles de vie, et peut-être beau

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