Domxihgbr, Hippolytus und Kallistus, p
L'auteur anonyme d'une étude sur Die Lehre des Origenes ûber die Busse, dans Dcr Katholik, 1865, t. I, pense qu'à dater «le l'édil de
les suffrages d'auteurs aussi profondément séparés à d'autres égards que MM. C. Bigg1, K. Holl2 et P. A. Kirsch3. Elle vient d'être reprise par M. H. Windisch4, qui montre Origène décrivant une courbe inverse de celle décrite par Tertullien : de Montan à Galliste. M. 'Fixeront y recourt également dans la dernière édition de sa Théologie anténicéenneh .
Cette solution ne satisfait pas l'esprit. En effet, lorsqu'il écrivait le De oratione, Origène avait près de cinquante ans ; il avait dépassé le stade des tâtonnements et des crises doctrinales. Dès lors adonné à la rédaction de ses traités exégétiques, il y consignait à maintes reprises une doctrine sur la pénitence, très conforme à la pensée de son maître Clément, très conforme aussi à celle du pape Galliste. D'ailleurs, Calliste était mort depuis dix ans, et l'émotion causée dans les cercles rigoristes par son fameux édit avait eu tout le temps
Calliste, Origène admil la rémissibilité des fautes de la chair, mais non de l'idolâtrie, ni de l'homicide.
1. C Bigg. The Christian Plaionists of Alexandria, p. 217 sqq., Oxford, 1866.
2. K. Holl, Enthusiasmus undBussgesvaltbeim griechischen Mônc/itum, p. 230 sqq., Leipzig, 1898.
3. P. A. Kirsch, Die B<'liandlung der crimina capitalia in der morgenlàndischen Kirche irh Unterschied zur abendlàndischen; dans Archiv /'. katholisches Kirchenrecht, t. LXXXIV. p. 269 sq.. 1904.
4. H. Windisch, Taufe und Sùnde im àltesten Christentum bis au/' Origenes, Tubingen, 1908, 12 kap., Die Entsundigung des Christen bei Origenes, p. 485.
5. M. Tixeroxt avait écrit dans la première édition de son Histoire des Dogmes, t. I, p. 301 (Paris, 1905) : « Si l'on remarque que la contradiction existe surtout entre un ouvrage dont nous avons le texte grec — le De oratione — et des ouvrages dont nous ne possédons plus que la traduction latine, l'explication la plus vraisemblable est que le traducteur latin du ive siècle a retouché dans sa traduction la doctrine des textes originaux, pour la mettre en harmonie avec la discipline de son temps. >> Mais il ne s'agit pas de simples retouches. il faudrait admettre que le traducteur a tout créé! D'ailleurs cette conjecture ne tenait pas compte des livres contre Celse, dont nous avons le texte grec, postérieur à presque toute l'œuvre exégétique d'Origène. L'omission relative au Contra Celsum a été réparée dans la 5e édition. L'auteur y admet « qu'Origène a modifié sur ce sujet sa manière de voir et l'a mise en harmonie avec la discipline qui prévalait vers la fin de sa vie ». Malheureusement l'évolution d'Origène reste à prouver: je ne la crois pas vraisemblable.
ORIGBNE ET LES PECHES IRREMISSIBLES. lit
de s'apaiser. On ne voit pas qu'elle ait jamais été ressentie à Alexandrie.
Avant de recourir à l'hypothèse d'une évolution accomplie par Origène de la rigueur vers l'indulgence, il faudrait s'assurer que cette hypothèse encadre sans trop de peine tous les faits connus de sa carrière doctrinale. Et quand il s'agit d'un tel homme, accoutumé à lancer ses idées dans toutes les directions sans prendre le soin de les harmoniser, le danger est grand de forcer les traits, si l'on essaye de le commenter autrement que par lui-même. C'est ce qu'ont bien compris le R. P. Stulïér1 et M. B. Poschmann2, auteurs d'études pénétrantes, auxquelles nous devons beaucoup. Par des voies un peu dilférentes nous arriverons, de fait, à des conclusions semblables.
L'œuvre exégétique d'Origène comprend trois sortes d écrits : des scolies techniques sur des points isolés d'Écriture sainte; des homélies destinées au peuple; enfin des traités suivis. Composés presque tous durant les dernières années de sa vie, ces écrits ne fournissent pas, sur l'évolution de sa pensée, toutes les lumières désirables; d'ailleurs la plus grande part a péri. Celle qui a survécu ne nous est accessible, le plus souvent, qu'à l'état de fragments non datés, conservés dans les chaînes, ou bien à travers les versions latines de Rufin et de saint Jérôme. Malgré tant de lacunes, il existe urore assez de textes authentiques et datés pour servir de base à une enquête sérieuse. Nous ferons précéder cette enquête d'indications sommaires sur la chronologie des écrits d'Orig-ène qui intéressent le plus la doctrine de la pénitence. Les conclusions, presque toujours concordantes, de Harnack et de Bardenhewer, sont résumées dans le tableau suivant3 :
1. Stupler, Die Sûndenvergebung bel Origenes, ZSJÇT., t. XXXI. 1907, p. 193-228; Oeffentliche ami geheime Basse bel Origenes, /-SKI., t. XXXVII, L913, p. 193-201.
2. B. Poschmann, Die Sûndenvergebung bel Origenes, Braunsberg,
3. Voir Harnack, Chronologie der altcliristllelien Lllteratur bis l'Àiseblus, t. II, p. 37-53, Leipzig, 190i : Bardenhewer, Patrolouu \ p. 121-134.
LEDIT DE C UiLISTE. 17
Periarchon
De o ratio ne
Ad marlyrium exhortatio
Contra Celsum
In Genesim homiliae
In Exodum homiliae
In Leviticum homiliae
In Numéros homiliae
In Iosue homiliae
In Iudices homiliae
In Ps. xxxvi-xxxvm homiliae
In Canticum libri x
In Ieremiam homiliae
In Ezechiclem homiliae
In Matthaeum libri xxv
In Lucam homiliae
In Ioannem libri xxxii
In Romanos libri xv In Apoc.alypsim scholia
avant 230 (peu après 220, Koetschau) 232/235
246/248 après 244 après 244 après 244 après 244 249/250 peu après 235 vers 240/245 J. i-v vers 240; vi-x peu après après 244 après 244 après 244 peu après 233 1. i-v, 218-230 1. vi-xxxn, 232/238 après 244 après 244
Tout récemment, dans sa magistrale édition du Periarchon (Origenes Werke, t. V, Leipzig, 1913), M. P. Koetschau essayait (p. ix-xn) de serrer de plus près les données chronologiques de ce livre. Origène l'a composé à Alexandrie, d'après Eusèbe, HE., VI, 24, 3 : on ne peut remonter plus haut que 218, date de ses premiers travaux exégétiques, ni descendre plus bas que 230, date de son départ d'Alexandrie. Des allusions qu'il fait, Periarchon, II, 3, 6, p. 123, 13 et I, 2, 6, p. 34, 15, à son vaste commentaire sur la Genèse, on doit conclure qu'il mena de front la composition de ces deux ouvrages, et qu'il n'avait pas encore commenté Gen.. i, 26 quand il écrivait Periarchon I, 2, 6. On sait d'ailleurs que les huit premiers livres sur la Genèse furent écrits avant le départ d'Alexandrie. Ceci invite à placer plus près de l'année 220 que l'année 230 la composition du Periarchon.
La date du De oratione mérite une attention spéciale, à raison de son importance pour l'objet de la présente étude. On peut la déterminer avec une assez grande précision. Dans les prolégomènes de son édition [Origenes Werke, t. I, p. lxxv-lxxvii, Leipzig, 1899), M. Koetschau trouve un terminus post quem dans une allusion de De oratione 23, 4, ibid., t. II, p. 352, 7 : 7tsp\ toûtwv 8s è;ù 7îXeîov o-.siXr;:pa[j.EV, I^TaÇovceç zà. s?ç tt)v Téveaiv. Il s'agit d'explications fournies par Origène sur Gen., m, 8-9. Or nous savons par Eusèbe [HE., VI, 24, 2) qu'il avait consacré à la Genèse douze livres de commentaires (13 selon Rufin, 14 selon saint Jérôme), et que les huit premiers furent écrits à Alexandrie, doncavant 231. Etant donné que ces commentaires ne dépassaient pas les quatre premiers chapitres de la Genèse, que d'ailleurs ils étaient surtout abondants sur le début, on a tout lieu de croire que l'explication de Gen., ni, 8-9 ne venait qu'après le huitième livre et n'était pas antérieure à 231. On relève, d'autre part, 15, 1, p. 334, 4, une allusion
OIUGKNE ET LES PECHES IKRÉMISSIBLF.S. 259
au rommentairc sur saint Jean : d yàp êrspoç, &>ç iv aXXotç osfxvuxai, v.<x-.' oùatav xat urcoxsfpLSvôv iixiv ô X\h; xou flaxpdç. Ceci vise Inlo.. t. X, 37 rili. éd. Preuschen, p. 212, 11-15. Les cinq premiers livres sur saint Jean avaient été achevés à Alexandrie avant 228 (t. VI, 2 (1), ib., 107, 24-25), les livres VI-XXII furent composés à Césarée entre 232 et 235 (Eusèbe, HE., VI, 26. 28); nous sommes donc ramenés, pour la composition du livre X. à une date très peu postérieure à 232. Enfin un terminus ante quein avait été signalé par Dom Ceillier [Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, t. Il, p. 653), De orat., 3, :;, [>. 305, 20-22 : oix x! Se oùx Eiptjxai xa\ r,ij?axo, w; ïni xwv Trp&xEp'ov, &W è^sné- Ta^£ Ta; /'-'■?*; repbç Kûptov, eùxaipôxEpov Iv aXXoiç ÈÇcxaaxÉov. Ceci ne permet pas de croire à l'existence d'un commentaire sur Exod., ix, 23. Or le rommentairc sur l'Exode précéda le commentaire sur le Cantique, car Origène s'y réfère dans le prologue de ce dernier ouvrage, PC, XIII, 77 A. Le commentaire sur le Cantique fut commencé à Athènes en 240 (Eusèbe, HE., VI, 32, 2). Il faut donc assigner au commentaire sur l'Exode une date antérieure à 240, et au De oratione une date encore antérieure à celle du commentaire sur l'Exode. Toutes ces indications concordantes permettent de fixer avec une grande probabilité aux années 233/4 la composition du De oratione. — Ainsi conclut Harnack, (Chronologie, t II, p. 51. Bardenhewer, Patrologie3, p. 131, se contente de marquer le terminus post quem, 231.
Sur la date du commentaire de l'Evangile selon saint Jean, nous recueillerons aussi quelques précisions,. Origène en parle comme de son premier ouvrage (I. 2, 4, Preuschen, p. 6, 2 : anap/riv xûv rcoXXwv àjïap/âiv), d'où l'on doit conclure que ce commentaire l'occupa dès l'année 218, ou très près de cette date. D'ailleurs il fut près de vingt ans sur le métier, et ne semble pas avoir jamais dépassé le chapitre xm de cet évangile. Nous trouvons un second point de repère au commencement du 1. VI, 2, 1, Preuschen p. 107, 24 sqq. : Koi p^pi ye T0J -IpwETO'j to'|jlou, ci /.où 6 xaxà tt)v 'A^îÇxvooîîav yetuàiv àvxircpâxxEiv iodxsi, xà ôtSdjxeva umjYopeiaapLev, i-ixi^wvxo; xotç àvéïxo'.ç xa\ xoiç xuptast xyiç 9aXocajr]ç xou 'Irjoou- xoù sV.xou oe Ik\ Tzoaov rcpocXrjXuÔdxo; £;£tXx'ji9r)p.£v àrcb y?)? AÊyûnxoo...
Donc Origène avait achevé cinq livres avant de quitter l'Egypte (en 230); il se remit au travail après bien des épreuves, vers 232, et la composition des livres suivants dut être menée assez rapidement. Easèbe supplémente ici les données chronologiques d'( >rigène, en nous apprenant {HE.. VI, 28, Schwartz, p. 582, 12) qu'en son 22e livre Origène faisait allusion à la persécution de Maximin, ce qui en fixerait la composition aux années 235/8. Mais il faut ici probablement compter avec une erreur d'Eusèbe. qui déclare {HE.. VI, 2'», 1, Schwartz. p. 570, 21) ne connaître que 22 livres de commentaires d'Origène sur saint Jean. De fait, il en existait 32 : c'est le chiffre donné par saint Jérôme [Prologus in explanationem sancti Lucae ab Origène, PG.. XIII, 1800) et nous possédons le 32e. Le 22e est perdu, et nous ne pouvons pas y chercher l'allusion à la persécution de Maximin; mais on croit la reconnaître dans ce 32e livre (cf. Preuschen, p. lxxx. renvoyant à 1. XXXII, 3, 30, p. 429, 33 sqq.). Dès lors la conjecture admise par Iluet. Klostermann. Preuschen (cf. Harnack, Chronologie. IL '»!) paraît fort plausible : Lusèbe aurait cité le dernier livre du commentaire
d'Origène sur saint Jean, comme 22e livre, au lieu de le citer comme 32e. Conséquemment, la composition des livres VI-XXXII parait devoir être attribuée aux années 232/8. C'est à peu près la date du De oratione.
Notons encore que le commentaire sur saint Jean, 1. XXXII, 2. Preusehen, p. 426, 9-10, mentionne les homélies sur saint Luc comme déjà existantes : 'Ev taîç sic -b -/xtà Aouxàv ô[X'.)aa'.ç auvExpivauEv àXXïJXatç iàç napaooÀâç.
Quant aux scolies sur l'Apocalypse1 qui viennent de nous être rendues par Diobouniotis et Harnack, s'il faut les identifier au commentaire annoncé parOrigène, InMatt. ser.. 49, PC, XIII. 1673 D. ce serait un de ses tout derniers ouvrages.
Ceci posé, nous abordons l'étude des enseignements relatifs à la pénitence. Afin de mettre la pensée d'Origène dans tout son jour, nous donnerons d'abondantes citations et un plus grand nombre de références.