In Ex. (xv), llom., vi, 6, PC. XII, 335 G-336 A
2. Ibid., 9, 338 AD. Voir sur cette page, J. Rivière, Le dogme de la Rédemption, p. 378 sqq., Paris, 1905.
ORIGÈNE ET l i:s PÉCHÉS IRREMISSIBLES. 2(>'.)
reçu une pièce diabolique. Vol. faux témoignage, rapacité, violence, tout cela est revenu du diable, trésor du diable... Et je crains que parmi ceux qui sont présents, que nous connaissons bien, quelques-uns ne se laissent secrètement acheter par le diable, qu'il s ne se laissent glisser de cette monnaie que nous énumérions tout à l'heure, et ne redeviennent ses esclaves...
Néanmoins si quelqu'un, trompé par le diable, a reçu de cette monnaie, qu'il ne s'abandonne pas au désespoir : le Seigneur est plein de miséricorde et de pitié (Ez., xxxiii, 11), il ne veut pas que sa créature meure, mais qu'elle se convertisse et qu'elle vive. A force de pénitence, de larmes, de satisfaction, qu'il efface son péché. Car le prophète dit (/s., xlv, 22) : Si vous vous convertissez et gémissez, vous êtes sauvé.
On voit (fue, dans la pensée d'Origène, l'homicide et l'adultère ne sont pas fautes irrémissibles, encore qu'ils entraînent séparation plus ou moins longue d'avec l'Église. On peut confirmer cette doctrine par divers autres passages. Nous avons déjà cité les nombreuses allusions à l'incestueux de Corinthe : l'excommunication dont il fut frappé n'était pas irrévocable, d'après cette déclaration expresse ' :
Vous voyez que l'Ecriture [Prov., ix, 8) appelle sage celui qui a eu besoin de correction, dès lors qu'il ne hait pas le censeur, mais l'en aime davantage. Tels étaient, je pense, ceux que l'Apôtre reprit et qui ne répondaient pas à la réprimande par la haine. Et j'estime que si le grand pécheur de Gorinthe obtint miséricorde, c'est que. repris par l'Apôtre et repris au point d'être retranché de l'Eglise, il ne conçut point de haine pour le censeur, mais accepta la réprimande avec patience et courage. J'estime qu'il en aima davantage Paul et tous ceux qui avaient adhéré à la mesure prise par Paul contre lui. Aussi Paul révoque-t-il la sentence en disant (II Cor., n. 8) : Affermissez sur lui la charité. Il vit que cet homme, après la réprimande, avait conserve la charité : aussi, après le péché, ne dit-il pas de lui accorder la charité — qui était en lui — mais d'affermir unanimement sur lui cette charité.
La même conclusion ressort pareillement de son langage en des cas semblables, notamment de cette prière empruntée à la troisième homélie sur Ézéchiel2 :
Ne nous retranchez pas, Seigneur, du milieu de votre peuple, mais conservez-nous dans votre peuple. Celui-là est dignement rejeté qui