In Lev. (xxv), Hom., xv, 2. 3, PC, XII, 560 A-561 A
2. « In gravioribus enim criminibus semel tantum paenitentiae conceditur locus, ista vero communia, quae fréquenter incurrimus, semper paenitentiam recipiunt et sine intermissione redimuntur. »
ORIGBNB ET LES PÉCHÉS IRREMISSIBLES. 2'.>1
fois. Il est clair que toute pratique tendant à énerver cette sévérité devait paraître une menace pour le sérieux de la vie chrétienne, et l'on comprend très bien qu'Origène s'en soit alarmé. D'ailleurs, après avoir bien marqué la distinction des deux genres de fautes, il revient aux grands pécheurs qui ont eu le malheur de vendre leur maison du ciel ' :
Si quelqu'un — ce qu'a Dieu ne plaise — a eu ce malheur de vendre au diable sa maison en échange de la satisfaction de son désir, qu il se bâte de la racheter, qu'il se hâte de réparer tandis qu'il en est temps, tandis que la pénitence reste ouverte. Prions les uns pour les autres, afin de n'être pas privés de notre demeure éternelle mais d être reçus dans les tabernacles éternels.
La douzième homélie sur Jérémie 2 explique comment le châtiment public du péché, surtout du péché grave, serait une nécessité d'ordre social, quand même il ne serait pas une nécessité de justice envers les individus. Un assassin, jeune et beau garçon, vient d'être livré au juge. Une mère en larmes intervient, priant qu'on ait égard à sa vieillesse; une épouse désolée intervient. Que fera le juge? Va-t-il se laisser attendrir? faire fléchir la balance de la justice, et sacrifier à des considérations particulières l'intérêt évident de la société?
De même, poursuit Origène, si Dieu épargne le pécheur et le prend en pitié, s'il se laisse attendrir jusqu'à ne pas le châtier nui donc ne se pervertira, parmi les misérables que retient seule h, crainte des châtiments? qui ne se pervertira? qui ne deviendra pire? Ainsi en est-i dans les Eglises. Quelqu'un a péché, après son péchi il a redemande la communion ecclésiastique. Si on se hâte d,- le réconcilier, la communauté se pervertit, les fautes se multiplient Si au contraire le juge se montre, par calcul, non pas insensible et dur mais préoccupé du bien général plus que de l'intérêt particulier s'il considère le dommage qui résultera pour la société de la réconciliation d un coupable ou du pardon donné à sa faute, assurémeni il sacnliera celui-là pour sauver le grand nombre...
Dieu ne gouverne pas un homme isolé, c'est'ïe monde entier qu'il gouverne. '
Voilà donc, toute considération individuelle mise à part, la raison d'ordre général qui s'oppose à un pardon illimité. Qui