‹ L'édit de CallisteChapitre 175 sur 252 · SAINT CYPRIBM BT LE PAPE BAIN1 CORNEILLE · texte numérisé non relu

SAINT CYPRIBM BT LE PAPE BAIN1 CORNEILLE

les yeux Les exemples de la justice divine frappant dès ce monde1? Parmi 1rs tacri/icati, beaucoup sont visiblement

livrés aux démous. Ceux que Dieu se réservée à Lui-même ont d'autant plus sujet de craindre. Quant aux libellatici. leur apostasie tut sans doute moins éclatante; elle n1est pas pour cela innocente devant Celui qui voit le fond des cœurs2. Ceux enfin qui, sans consommer leur apostasie ni sous forme de 9acrifice ni sous forme de libelle, ont délibéré sur le reniement, qu'ils ouvrent douloureusement et simplement leur ame au prêtre3, qu'ils se délivrent de ce poids et demandent une pénitence convenable. L'aveu du péché porte ses fruits en ce monde, s'il est généreux, c'est-à-dire accompagné d'une vraie pénitence. Mais ne se rien refuser, mais vivre dans les délices, est-ce là faire pénitence? N'est-ce pas plutôt mettre le comble à tous ses péchés? Ce n'est pas ainsi que les trois jeunes hommes confessaient Dieu dans la fournaise. Il faut prendre conseil de ces âmes simples et innocentes; non pas de ceux que le péché aveugle jusqu'à leur faire espérer le salut dans l'impénitence. Ceux-là, on ne saurait trop les fuir. L'évèque s'adresse à ceux qui craignent vraiment Dieu et comprennent toute l'étendue deleur faute. Qu'ils ne croient pas pouvoir excéder dans la pénitence! Les premiers chrétiens, du temps des Apôtres, se montraient généreux, ils donnaient tous leurs biens : et cependant ils n'avaient pas sur la conscience de si grands péchés. Il faut faire pénitence

: . De lapais, 23-26.

2. De lapsis, 27. p. 356, 23... 257, 19 : « Nec sibi quo minus agant paenitentiam blandiantur qui. etsi aefandis sacrificiis manus non contaminaverunt, tibellis taraen conscientiam miscuerunt. El illa profesist denegantis, con -t christiani quod ruerai abnuentis...

Videl ille corda et pectora singulorum, el iudicaturus non tantum de factis sed et de verbis et de eogitationibus nostris, omnium mentes voluntatesque conceptas in ipsis adhuc elausi pectoris latebris intnetur. »

■ >. De lapsis. 28. p. 257, 20-25 : • Deniqne quanto et fide maiore et

.imorc meliore snnt qui, quamvis nullo sacrifiai aut libelli facinore

stricti, quooiam tamen de hoc vé\ cogitaverunt, hoc ipsum apud

rdotes l»'i dolenter et simpliciter confitentes exmiiologesin con-

scientiae raciant, animi sui pondus exponant, salufarem medellam

parvis licet et modicis vulneribus exquirant... »

de tout cœur : à cette condition, l'on peut compter sur la miséricorde de Dieu1; à cette condition, l'intercession des martyrs et l'absolution des prêtres sera efficace; à cette condition, l'on désarme la colère divine : que le soldat vaincu retourne au combat, et il terrassera l'ennemi ; non content de lui pardonner, Dieu le couronnera.

Aux mêmes événements se réfèrent, selon toute vraisemblance, les avertissements du poète populaire Commodien2 sur le schisme où des conducteurs imprudents ont lancé le peuple, sur cette paix trompeuse dont quelques-uns prétendent jouir en pleine persécution, sur ces blessures cachées qui les dévorent et les tuent sans effusion de sang, sur ces luttes nécessaires auxquelles ne se dérobent pas impunément les soldats du Christ. Dans ces hexamètres barbares, on croit entendre, à maintes reprises, l'écho direct des paroles de Cyprien contre la faction de Félicissime.

Cyprien écrivait le De lapsis peu après Pâques, l'an 251. Quelques mois plus tard, il revient encore sur le même sujet dans sa lettre à Antonianus3.

Antonianus était un évêque de Numidie, d'abord franchement rallié à l'obédience du pape Corneille, et puis ébranlé

1. De lapsis. 36, p. 263, 13-27 : « Si precem toto corde quis faciai, si veris paeniteatiae lamentis et lacrimis ingemescat, si ad veniani delicti sai Dominum iustis et continuis operibus inflectat, misereri talium potest qui et misericordiam suam protulit dicens [Is., xxx, 15; Ez., xxxm, 11; Ioel, n, 13). Potest ille indulgentiam dare, sententiam suam potest ille deflectere. Paenitenti. operanti, roganti potest clementer ignoscere, potest in acceptum referre quidquid pro talibus etpetierint martyres et fecerint sacerdotes. »

2. Commodien, Instructiones, II, xxv, 3. 7. 8. 13, éd. Dombart, CSEL., XV, 95-96 :

Praecipitis populo quem ipsi in schisma misistis.

Subdola pax vobis venit, et persecutio flagrat. Vulnera non parent et sic sine caede ruistis

Alterius facti milites non Christi, peristis.

Également Instr., II, xxix. — Voir nos articles de RSR., t. II, 1911 : Commodien et son temps.

3. Ep.. lv. On retrouve le nom d' Antonianus parmi ceux des destinataires de ÏEp. l\x, sur le baptême des hérétiques.

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