‹ L'édit de CallisteChapitre 19 sur 252 · LA PRATIQUE DES APÔTRES · texte numérisé non relu

LA PRATIQUE DES APÔTRES

C'est au prince des apôtres, dépositaire du pouvoir des clefs, qu'il convient de demander tout d'abord la traduction en acte du mandat divin, relatif à la rémission des péchés. De fait, le récit de la première prédication évangélique nous montre Pierre en présence d'un mauvais chrétien. Baptisé sans droiture de cœur, Simon de Samarie s'était imaginé pouvoir acquérir à prix d'argent le don de Dieu. Son péché était donc particulièrement grave, car la proposition qu'il ne craignit pas de faire aux apôtres méconnaissait outrageusement l'Esprit-Saint. Pierre se garda bien d'user en faveur de Simon du pouvoir d'absoudre; mais son attitude pleine de réserve est à méditer2 : « Périsse ton argent avec toi! » dit-il au coupable, et il réprouve sévèrement le péché. Cependant on ne voit pas qu'il désespère du pécheur, puisqu'il ajoute aussitôt : « Il n'y a ici nulle part pour toi, car

1. Saint Augustin, Serm., lxxi, 12, 20-14, 24, PL., XXXVIII, 455-458. Nous traduisons par une formule générale une pensée qui se représente souvent dans ces pages. «

Page 1