‹ L'édit de CallisteChapitre 195 sur 252 · Ep., lv, 23. — 2. Ep., lv · texte numérisé non relu

Ep., lv, 23. — 2. Ep., lv

-vini CYPRIBN l. i LE PAP1 B v I N i CORNBILLB. 341

inati.ju.', pour ne pas vouloir l'écouter. Conclure <lr là que, l>ar ailleurs, il estimait correctes Les positions dogmatiques de Novatien, sérail sûrement excessif. Kl quand même il Les «•ut estimées correctes, cela ne prouverait pas qu'elles tussent telles. Le grand caractère de Cyprien et sort dévouement sans bornes à L'Église ne suppléaient pas toujours au\ lacunes de sa théologie : son attitude dans la question baptismale en • ■M une preuve éclatante '. Donc, quand même il aurait erré de bonne foi sur L'inconvénient des positions prises par Novatien, il ne faudrait pas s'en étonner outre mesure. Mais en fait, il réprouvait absolument ceux qui décourageaient les pénitents. Cette rigueur constitue proprement l'originalité du schisme novatien à ses débuts; aucun indice ne permet d'y reconnaître une tradition catholique.

Si c'avait été une tradition de L'Église romaine ou de l'Église latine d'Afrique, l'affirmation s'en trouverait quelque part dans une littérature si abondante, ne fût-ce que pour motiver La dérogation jugée nécessaire. Cette aftirmation ne s'y trouve pas. Au cours des pourparlers engagés sur la réconciliation des lapsi, nulle part il n'apparaît que les évêques soient préoccupés de renverser ou de maintenir une barrière; ils dé libèrent en toute liberté d'esprit sur le meilleur usage à

1. Ce n'est pas ici le lieu d'ouvrir une controverse sur la question, très débattue, des relations entre saint Cyprien et la Papauté. On trouvera un bon chapitre chez Ms' Bàtiffol, L'Église naissante (eh. vin : Saint Cyprien et Rome). Voir aussi Y. de La Brièrb, Saint Cyprien et lu Papauté, d'après un ouvrage récent, dans lùudcs, t. CXVII, p. 339-356, 5 dov, 1908. Plus récemment, le livre paradoxal de II. Koi n a suscité en Allemagne deux réfutations qui sont elles-mêmes des livres : l'une vive <'t brillante par A. Seitz, l'autre plus étudiée, plus iVrme et plus décisive par J. Ernst (voir ci-dessus). Mentionnons encore un estimable article de Dom Chapman, Revue bénédictine, i. XXVII, 1910, p. 147-464. — II rst incontestable que saint Cyprien croyait, autant que personne, a l'unité de l'hglise catholique, et reconnaissait l'évéque 'le Rome comme le chef visible île cette unité. Mais le travail de centralisation qui a produit l'organisation présenti de l'Église était à ses débuts; les idées de Cyprien sur les prérogatives du siège de Pierre étaient, croyons-nous, assez flottantes, plus même que ne I'1 donne à entendre, dans son livre remarquable a d'autres égards, M. .1. Ernst. Qu'il suiiise de rappeler la correspondance datée du pontificat de saint Klienne (Ep., r.xviu-i.xwi, et surtout les violences de VEp. lxxn .

faire de ce pouvoir de lier et de délier que, de l'avis de tous, le Christ a légué à son Église. Pleinement d'accord sur le but, qui est d'assurer le sérieux de la pénitence, ils se mettent d'accord aussi sur la nécessité d'agir avec ensemble, et non pas à la débandade. Préoccupation dominante, surtout chez cet homme de gouvernement qu'est saint Cyprien. De là, ces appels fréquents au futur concile, invité à se prononcer sur toute mesure d'ordre général1. Soit à Rome durant le veuvage de l'Église et même après l'élection du pape Corneille, soit à Carthage, on réserve pour les assises épiscopales toute résolution importante. Quand un évêque d'Afrique, Thérapius, s'avise de réconcilier un prêtre avant les délais fixés, le concile de Carthage lui inflige un blâme, non pas précisément comme ayant posé un acte invalide, mais comme ayant contrevenu aune résolution commune2, et comme étant indûment sorti du rang.

1. Ep.. xix. 2, p. 526, 4-8 : « Hoc enim et verecundiae et disciplinae et vitae ipsi omnium nostrum convenit, ut praepositi cum clero convenientes, praesente etiam stantium plèbe, quibus et ipsis pro fide et timoré suo honor habendus est. disponere omnia consilii communis religione possimus. » xx, 3, p. 529, 2-6 : « Plane ceterorum causas quamvis libello a martyribus accepto diflerri mandavi et in hostram praesentiam reservari. ut cum pace a Domino nobis data plures praepositi convenire in unum coeperimus, communicato etiam vobiscum consilio disponere singula vel reformare possimus. » xxv, p. 538, 21- 22 : « Ut apud omnes unus actus et una consensio secundum Domini praecepta teneatur. » xxx, 5, p. 553. 9-13 : « Quamquam nobis in tam ingenti negotio placeat quod et tu ipse tractasti, prius Ecclesiae pacem sustinendam. deinde sic conlatione consiliorum cum episeopis presbyteris diaconis confessoribus pariter ac stantibus laicis facta lapsorum tractare rationem. » lv, 6, p. 628. i-7 : « Etiam Romam super hac re scripsimus ad Cornelium collegam nostrum. qui et ipse cum plurimis coepiscopis habito concilio in eandem nobiscum sententiam pari gravitate et salubri moderatione consensit. » lvi. 3. p. 649. 23-650, 3 : « Quoniam tamen scripsistis ut cum pluribus collegis de hoc ipso plenissime tractem et res tanta exigit maius et pensius de multorum conlatione consilium etnunc omnes fere inter Paschae prima sollemnia apud se cum fratribus demorantur, quando sollemnitati celebrandae apud suos satisfecerint et ad me venire coeperint, tractabo cum singulis plenius, ut de eo quod consuluistis ligatur apud nos et rescribatur vobis firma sententia multorum sacerdotum consilio ponderata. »

2. Ep.. lxiv. 1. p. 717, 12-16 : « Quae res nos satis movit, recessum esse a decreti nostri auctoritate, ut ante legitimum et plénum tempus

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n. n seulement nous ne rencontrons pas L'affirmation d'une tradition contraire à la réconciliation des apostats, mais nous rencontrons L'affirmation d'une tradition favorable à cette réconciliation, In des textes les plus significatifs se trouve dans la grande lettre à Antonianus, dont nous connaissons déjà les principes particulièrement rigoureux. Antonianus s'était montré scandalisé de ce qu'on racontait de l'indulgence du pape envers Trophime '. Trophime avait quitté l'Église et entraîné un grand nombre de ses ouailles. Son péché était grave; sa réconciliation devait avoir les plus sérieuses conséquences. Cyprien fait observera son correspondant que, dans cette circonstance, le pape agit comme agirent avant lui bien d'autres évêques; il obéit au besoin de réunir un troupeau dispersé : Sicut et antecessores ?iosf?'i saepe fecerunt, ronligendis fratrihus nostris cariésimus frater noster necessitale succuhuit . Pareil besoin n'autorise pas à se mettre au-dessus des lois de l'Église; mais il prime toute autre considération de prudence : voilà pourquoi l'évèque de Rome est allé cette fois jusqu'au bout de son droit, en étendant l'indulgence aussi loin que possible2. D'ailleurs le possible a des bornes : le même Corneille, qui avait rendu au prêtre Maxime son rang dans le clergé, n'admit Trophime qu'à la communion laïque.

Quand Cyprien fait appel à la tradition, c'est d'ordinaire pour montrer quelle largeur d'esprit et quelle prudence surnaturelle tempèrent l'usage des pouvoirs confiés à l'Église3.

satisfactionîs et sine p<t itu et eonscientia plebis, nulla infirmitate urgente ac necessitate cogente, pax ci concederetur. »

2. Comparer le langage de Cyprien, dans l'une de ses premières lettres an pape Corneille, /:'/>.. xxv, 3, p. 602. 17-603, 2 : « Hoc enim vel maxime, frater, et laboramus et laborare debemus ut unitatem a Domino et per apostolos nobis traditam quantum possumus obtinere mus, et quod in nobis es! balabundas ot errantes oves... in Bcclesia coltigamus, illis solis foris ivmanentibus qui obstinatione sua vt'l farore ^uporsederunt et ad nos redire noluerunt... »

Ep., w. :;. p. 51"). 7-9 : « Considérantes quae et qualia in praef'iiium antecessores vestri martyres i oncesaerint, quam solHciti in omnibus faerint... i — Ep.t w, 21. p. 638, 2:; : « Apud antecessores nostros quidam de episcopis... >

S'il parle quelquefois d'une tradition inflexible, c'est pour opposer aux entreprises indiscrètes des confesseurs le droit imprescriptible de l'épiscopat1. En cela il est pleinement d'accord avec l'Église romaine, même s'exprimant par la plume de Novatien 2. Jamais il n'esquisse une réaction contre une tradition ayant force de loi dans l'Église, pas même quand, h la tête de ses collègues d'Afrique, il se décide à consommer, en face de la persécution, la réconciliation des sacrificati.

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