‹ L'édit de CallisteChapitre 201 sur 252 · TRAITEMENT DE L'HOMICIDE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L'HOMICIDE

Si nous sommes beaucoup moins documentés sur le traitement appliqué par l'Église primitive aux homicides que sur le traitement par elle appliqué aux idolâtres et aux impudiques, il n'y a pas lieu de s'en étonner. Car les persécutions ramenaient périodiquement, pour des foules entières, le cas de l'idolâtrie ; les passions humaines ne ramenaient que trop

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fréquemment le cas de l'impudicité; au lieu que l'homicide ne fut jamais sans doute, parmi les premiers chrétiens, un mal endémique, dont les prédicateurs et les controversistes eussent à s'occuper régulièrement. Mais cette considération très plausible ne nous dispense pas de rechercher si, comme on l'a dit souvent, l'Église primitive refusait tout pardon au meurtrier.

Sur quel fondement repose une telle assertion? Avant tout, sur l'invective de Tertullien, disant au pape Calliste ' : « Si vous absolvez les impudiques, pourquoi pas les idolâtres et les homicides? » A quoi l'on ajoute divers textes du ive siècle, principalement les canons du concile d'Ancyre sur la pénitence exigée des homicides2.

Fondement bien étroit pour un si vaste édifice. D'autant que — nous le savons positivement par saint Hippolyte — Calliste avait relevé le défi, ou plutôt il avait passé outre, pour faire simplement son devoir de pasteur. Des femmes chrétiennes, coupables d'infanticide, demandaient la paix de l'Église : Calliste la leur accorda. Or l'Église du iv° et du 111e siècle a vu dans l'infanticide un homicide réel 3, et Hippolyte souligne expressément ce caractère4. On sait d'ailleurs ce que vaut une boutade de Tertullien, surtout dans le De pudicitia, et comment il se met à l'aise avec la vérité dans la poursuite de ses fins oratoires "'. Aucune des raisons alléguées, pour établir le fait du déni complet d'absolution à l'homicide pendant deux ou trois siècles de christianisme, n'emporte conviction. Au contraire, des raisons positives de nier ce fait se rencontrent dans la tradition du me et du 11e siècles. Ce sont des assertions tout à fait générales concernant la récon-

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