Voir Si*n., x
3. Didascalie des Apôtres, trad. Nau, Paris, 1912, ch. x, p. 98.
TRAITEMENT l)E LHOMICIDK. 355
Rappellerons-nous encore le meurtrier réconcilié par l'apôtre saint Jean, selon le récit de Clément d'Alexandrie1? Le narrateur ne manifeste ni cloute ni surprise devant ce fait, qu'il donne pour réel et non légendaire : où \jM<ft, «XXà ïv-x >.6-;;v. Il ne s'arrête pas à justifier la conduite de l'apôtre : c'est sans doute que, devant la pensée chrétienne du ue siècle, elle n'avait pas besoin d'être justifiée.
La doctrine d'Origène a été longuement discutée ci-dessus 2. On peut d'autant moins représenter ce Père comme inexorable à l'homicide que la fameuse page du De oralione, où l'on a souvent cru trouver le refus du pardon de l'Église à l'idolâtrie et à l'impudicité, ne fait pas mention de l'homicide3. Cependant, quelques lignes plus haut, rappelant les sévérités de l'Ancienne Loi pour certains péchés, Origène avait nommé l'homicide à côté de l'adultère ; quand il veut désigner les péchés les plus difficiles à remettre sous la Loi nouvelle, il ne parle plus de l'homicide. Cette omission n'est pas l'effet d'un oubli, d'autant qu'en d'autres passages il fait allusion expresse à la rémission de l'homicide 4. On sait d'ailleurs combien sa doctrine est profondément ecclésiastique, et comment il raisonne toujours dans l'hypothèse d'un pardon dispensé par les pasteurs légitimes. Quand il veut désigner un péché auquel est du un traitement plus sévère, ce n'est pas l'homicide qui se présente le premier à son esprit.
Néanmoins, s'il fallait juger de la pensée de l'Église par certains canons d'Hippolyte, qui ne permettent pas de recevoir parmi les fidèles un homme qui a versé le sang ni un soldat, on devrait conclure que l'homicide était complètement mis hors la loi "' . Et il se trouvait des moralistes sévères pour