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bre des siens, la palme du martyre. Cette lettre traite sous tous ses aspects la question tristement actuelle des apostats1. Il y a plusieurs degrés dans l'apostasie, et l'évêque se garde bien d'oublier ceux qui, après l'avoir consommée, ne songent pas à en sortir. Que peuvent attendre ces faux chrétiens, sinon le sort du figuier stérile, coupé et jeté au feu? (can. i). D'autres se présentent pour être réconciliés, mais ne peuvent invoquer aucune circonstance atténuante pour excuser leur apostasie qui fut spontanée, éclatante : on ne les recevra pas avant trois ans de pénitence (can. 3). Le même terme de trois ans de pénitence est fixé à une catégorie de pécheurs particulièrement odieuse : ce sont de mauvais maîtres qui, pour échapper à la nécessité de sacrifier eux-mêmes aux idoles, se sont substitué leurs esclaves chrétiens, dissimulant ainsi, et violentant les consciences de leurs coserviteurs : or l'âme de l'esclave vaut devant Dieu celle du maître (can. 7). Les esclaves eux-mêmes, objet de cette contrainte, seront quittes pour une année de pénitence, à dater de la présente Pâque (can. 6). Seront également astreints encore à un an de pénitence ceux qui, incarcérés pour la foi, ont apostasie sans attendre la torture (can. 2). La pénitence se prolongera un semestre pour ceux qui, afin de ne pas signer une déclaration catégorique d'apostasie , ont pris quelque biais, comme de défiler devant l'autel, ou de présenter une formule quelconque ou d'envoyer à leur place des païens. Par là, ils ont essayé de donner le change à leur propre conscience, et, de fait, l'ont donné à certains confesseurs : cependant, qu'ils ne se croient pas exempts de faute (can. 5). D'autres catégories d'apostats pourront être considérées comme ayant satisfait à Dieu par la pénitence faite jusqu'à présent : ceux qui ont subi de rigoureux tourments; ils seront admis à prier avec les fidèles (can. 1); à plus forte raison ceux qui, ayant apostasie, ont réparé leur faute en revenant confesser leur foi, s'offrant à la prison et à la torture : on les admettra avec joie non seulement à la prière, mais à la participation du corps et du
1. Saint Pierre d'Alexandrie, Epistola canonica, PG., XVIII, 467-
508. — Cf. P. Allard, La Persécution de Dioclctien, t. II, p. 32-35.
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>tii- du Christ can. 8); on recevra; également lea fanfarons qui se sont compromis et ont compromis leurs frères (can. 9); les imprudents qui ont péché par surprise, s'étant, dans la première ardeur de la persécution, exposés imprudemment ci quasi livrés, ce que Dieu ne demande pas ;can. 11 ). Seront considérés comme exempts de blâme ceux qui ont donné de l'argent pour n'être pas inquiétés dans leur foi (can. 12). Les clercs apostats doivent se regarder comme déchus des fonctions de leur ordre, lors même qu'ils auraient réparé leur apostasie par une confession ultérieure : après qu'ils ont manqué aux frères dans un besoin si pressant, quel fonds peut-on faire sur eux? ,can. 10 . Quaot aux glorieux athlètes de la foi, éprouvés par les fers et la torture, honorés par surcroit du témoignage écrit des confesseurs encore exilés en Libye, et du témoignage des autres frères, leur confession les désigne pour les fonctions du saint ministère : ils y pourront être appelas, et avec eux quiconque imitera leur vaillance (can. 14). Certaines paroles de saint Méthode, évêque d'Olympe en Lyeie et martyr sous Dioclétien (311), ont pu, quand on les isolait, donner une impression ditférente ' : il semblerait notamment que tout espoir de salut soit fermé aux impudiques -. Mais on aurait tort de s'arrêter à quelques effets de style ; en réalité ces textes ne demandent qu'à être replacés dans l'ensemble de l'œuvre de Méthode pour reprendre une valeur normale. L'évèque adjure très vivement le chrétien de ne pas vendre son Ame pour une heure de plaisir. Chantre enthousiaste de la virginité 3, il décrit en traits énergiques les ravages du vice dans l'âme4; il exalte la sainteté de la Jérusalem céleste, où rien de souillé n'entrera 5; il com-
1. Voir L. Fendt, Siinde und Busse in den Schriften des Met/iodius von Olympus, dans Der Katholik, 1905, t. I, p. 24-45.
2. Surtout II De resurrectione, 5, éd. N. Bonwetscii. Methodius von Olympus, p. 198, Erlangen, 1891 : "Aye cov, a^ r.o-i jr.evooîaa âpîtaTQfjç,
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3. S iint \[i thode, Convivium A virginum, PC. XVIII, 27-220. — Pour les autres écrits de Méthode, voir l'édition Bonwetsch.
i. Surtout De lepra. éd. Bonwetsch, p. 308-329.
.ï. De lepra, 10. :!. éd. Bonwetscii, p. 320. — Méthode groupe quel-
bat la doctrine origéniste et existences nécessives, où la justice divine ne peut trouver son compte1. Il ne met pas pour cela en oubli, alors même qu'il ne les rappelle pas expressément, les enseignements communs aux Églises d'Asie, mais les réédite à sa manière. La pénitence, quand elle est sincère, ne connaît pas de retard et ne laisse pas le mal s'enraciner dans l'âme2; à cette condition, elle guérit tous les péchés. L'évêque est, d'office, le confident des pécheurs et le médecin de leurs plaies; il retranche du corps de l'Église ceux qui ont besoin d'amendement et, quand ils se repentent, les réconcilie une fois après un temps assez court3. Malheur seulement à qui joue avec la justice divine! L'impénitence, semblable à une lèpre invétérée, livre l'âme au feu éternel 4.
Les conciles disciplinaires assemblés en Orient au commencement du ive siècle, à Ancyre (314), à Néocésarée (de 314 à 325), à Nicée (325) témoignent d'une discipline assez clémente. On n'y rencontre pas le refus de la communion à la mort, pour les fidèles vraiment pénitents; sauf de très rares
quefois les trois péchés capitaux : Conviv. X virginum, x, 1, PC, XVIII, p. 193 A; I De resurrectione, 31, 6, Bowvetsch, p. 117, 12-14.