‹ L'édit de CallisteChapitre 217 sur 252 · Fauste de Riez. Ep., iv, PL., LVIII · texte numérisé non relu

Fauste de Riez. Ep., iv, PL., LVIII

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minait, nous ne percevons d'autre différence (ju'une détermination due à la libre volonté 4e l'Église. Qu'il plût à l'Église d'attacher à l'imposition des mains initiale toute sa puissance d'absolution, et la réconciliation était opérée1. Nous n'irons pas jusqu'à soutenir avec de nombreux auteurs que telle fut, dès une date ancienne, la pratique normale de l'Église, et qu'en admettant les pécheurs à pénitence elle entendait les réconcilier déjà au for intérieur; mais rien ne l'empêchait gir ainsi au besoin, et l'imminence de la mort était, de tous les besoins, le plus impérieux.

Ainsi l'Occident achevait-il d'accéder à ce qui était, depuis des siècles déjà, la pratique de l'Orient chrétien : le don de la réconciliation ecclésiastique et de la communion eucharistique à tout moribond qui la demandait en donnant des signes de vraie pénitence. Il semble d'autre part que sur un point l'Occident ait, au contraire, devancé l'Orient : c'est au sujet du traitement des pénitents qui, réconciliés in extremis, revenaient ensuite à la santé. On a vu plus haut que saint Cyprien et saint Denys tenaient la réconciliation pour acquise en toute hypothèse2; le concile de Nicée montra moins d'indulgence

1. De Rossi dit prudemment, Bullettino di archeologia cristiana, 1866, p. 29 : « Essere assai gravi le antiche testimonianze, che distinguono la concessione délia penitenza da quella délia communione, in modo che possiamo credere la prima avère avuto elficacia di riconciliare il peccatore bene disposto con Dio, montre la seconda accordava ed affermava solennemente questa medesima reconciliazione ed alla coscienza del reo e dinanzi alla chiesa. »

M. IIarvack, DG.'', t. I, p. &41, note, étudie de très près les relations entre l'exomologèse et la réconciliation ecclésiastique, et montre bien que le pénitent occupait une situation intermédiaire entre les fidèles jouissant de la communion et les pécheurs impénitents. Il appartenait à l'Église, encore qu'on persistât à le tenir à l'écart. D'ailleurs, en cette même page, les frontières qui séparent la doctrine catholique de la doctrine montaniste sont méconnues. L'Église n'abdiqua jamais son droit à la réconciliation des pécheurs et ne vit jamais dans l'exomologèse une institution destinée à opérer la réconciliation par sa vertu propre, sans aucune relation à l'autorité ecclésiastique L'exercice du pouvoir des clefs par la hiérarchie est un fait primitif. non une conquête plus ou moins tardive réalisée par l'élimination successive du ministère des prophètes et de celui des martyrs.

2. Voir ci-dessus, p. :j,:;0, saint Cypbibn, Ep., lv, 13; p. 348, n. J.

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et stipula qu'en cas de guérison ces pécheurs reprendraient rang parmi les pénitents1. Cette diversité de discipline montre que, dans la pensée de l'Église, la situation canonique du pécheur ne répondait pas nécessairement à sa situation devant Dieu. On a vu que les sectes rigoristes admettaient aussi cette disjonction; mais elles y attachaient un tout autre sens. Les montanistes imposaient ici-bas la pénitence et réservaient à Dieu le pardon; l'Église au contraire prétendait bien être à la fois l'arbitre de la pénitence et la dispensatrice du pardon divin. Rien ne séparait plus profondément catholiques et dissidents.

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