Saint Epiphane. Haer., lix, 1, PC, XLI, 1017 D-1020 A
'i. Saint Aphraate, Dcmonstr., vu, 25, PS., I, 356, paraît bien avoir en vue des prêtres novatiens : « Aliquibus vero delictum conlitent i bus paenitentia non conceditur. O dispensator domus Christi ! sodali tuo paenitentiam concède et mémento Dominum tuum non respuere paenitentes. »
5. Saint Jérôme, Tractatus de Ps., cxv, éd. G. BfoRlN, Anccdota Maredsolana, vol. III. 2. p. 134, 25-135, 1 : « Dicit enim Novatianus Sunt aliqua peccata pro quibus debemus agere paenitentiam. v.ilii causa, de mendacio. de periurio, de furto; ceterum qui fornifuerit, qui homicidium fecerif, iste agere non potest paenitentiam. Audi qnid dicat : Cantate Domino ornnis terra. Omnis antem terra, et adnlter est et homicida '■( omnia peccata terrena sunt. Si
de fixer une discipline encore flottante, et, selon le mot de saint Augustin, la doctrine même de la pénitence ne fut amenée à sa perfection que grâce à la crise novatienne l.
La célèbre trilogie autour de laquelle s'étaient livrés tant de combats reparaît au ive et au vc siècle, sous la plume des plus illustres Pères, non plus comme un catalogue de péchés irrémissibles, mais comme le catalogue des plus grands péchés2. Après avoir averti son auditoire qu'il ne faut pas envisager d'avance l'éventualité d'une telle chute, saint Augustin ajoute que, si l'on vient à tomber, en aucun cas il ne faut désespérer. S'il s'est trouvé des rigoristes pour interdire à certains pécheurs l'accès de la pénitence, l'Église les a rejetés, ce sont désormais des hérétiques3.
Ce n'est pas que, même alors, on ne retrouve dans l'Église certains pasteurs attachés à des règles très sévères. Théodoret prenait la peine d'écrire à Eulalios, évêque de l'Arménie
autem universa peccata terrena surit, qualecumque peccatum habueris, âge pnenitentiam, et in omnia salvus eris. »
1. Saint Augustin, In Ps., liv, Enarr., 22, PL.. XXXVI, 643 : « Numquid perfecte de paenitentia tractatum est antequam obsisterent Novatiani? »
2. Saint Basile, Ep. canonica ad Amphilochium, clxxxviii, can. 7, PG., XXXII, 673 C; Saint Grégoire de Nysse, Ep. canonica ad Letoium, PG., XLV. 221-236; Saint Paciex, Paraenesis ad paenitentiam, 4-5, PL.. XIII, 1083-1084; Pseudo-Augustin, Quaestiones VNT., 102, PL., XXXV, 2309; Grégoire d'Elvire, Tractatus de libris SS. Scripturarum, x. éd. Batiffol, p. 112, 18 (Nous admettons, d'après les travaux de Dom Wilmart, l'attribution à Grégoire d'Elvire de ces tractatus, publiés primitivement sous le nom d'Origène. Voir la bibliographie de la question par G. Kruger, dans RE.3. Ergànzungsband, I. 593-595, 1913); saint Augustin, De fide et operibus, 19, 34, PL.. XL, 220; Sermo lxxi, 4. 7. PL., XXXVIII, 448; Sermo ccglii, 3. 8. PL., XXXIX, 1558; saint Léon le Grand, Ep., clxvii, inq. 19, Ad Rusticum Narbonensem, PL., LIV, 1209 B; Fauste de Riez, Ep.. iv, PL.. LVIII, 846 D.
3. Saint Augustin, Sermo c.ccui, 3. 8. PL., XXXIX, 1558 : « Hoc genus paenitentiae nemo sibi proponat, ad hoc genus nemo se praeparet : tamen si forte contigerit, nemo desperet. » Jb., 3, 9, 1559 : « Fuerunt enim qui dicerent quibusdam peccatis non esse dandam paenitentiam. Et exclusi sunt de Ecclesia et haeretici facti sunt. » — Pour les temps postérieurs, voir l'aperçu de J. Tixeront, L'évolution de la discipline pénitentielle du Ve au VIIIe siècle dans l'Eglise latine. dans L'Université catholique, Lyon, t. LXIX, p. 128-140; t. LXX, p. 47-57, février et mai 1912.
LES DBRNIERS NOTATIBNS. 393
persane1, pour lui rappeler que le devoir d'un bon pasteur est de soigner les brebis malades et de ne reculer devant aucun sacrifice pour les guérir. En particulier, Kulalios doit tendre la main aux apostats de la persécution, pour les relever et leur rendre l'espoir. Il les écartera de la sainte Eucharistie, non toutefois jusqu'à la mort, mais pendant un temps marqué, pour leur donner les moyens de connaître leur mal et de se convertir. En attendant, il les admettra à la prière des catéchumènes, à la leçon des Écritures, aux exhortations communes, selon les canons des anciens Pères. De tels avertissements n'eussent pas été nécessaires si l'Orient n'eût conservé quelques traces du vieux levain.
Nul n'a présenté cette histoire sous un jour plus favorable à la faction novatienne que l'historien Socrate qui, au milieu du ve siècle, à Constantinople, en relations personnelles avec des novatiens de marque, avait plus ou moins subi leur ascendant 2. Après avoir raconté que Novatien se sépara de l'Eglise pour protester contre la réconciliation des sacrificati par le pape Corneille, qu'il fut promu à l'épiscopat par les évoques de son parti, qu'il écrivit aux Églises du monde entier pour les détourner d'admettre aux saints mystères les sacrificati, leur représentant qu'il suffirait de les exhorter à la pénitence, abandonnant le pardon à Dieu qui a le pouvoir de remettre les péchés, Socrate ajoute que ces ouvertures furent diversement accueillies des évèques, selon leur caractère. L'idée d'exclure définitivement des saints mystères quiconque avait péché mortellement après le baptême, paraissait aux uns d'une sévérité excessive; les autres n'y voyaient rien que de juste et approuvaient cette orientation nouvelle de la discipline. Sur ces entrefaites, arrivèrent des lettres de Corneille, affirmant le principe du pardon, même pour les péchés commis après le baptême. Deux doctrines étaient donc en
1. Trbodoret, Ej>., Lxxvn, Eulalio episcopo Persicac Anneniar, /'G., LXXXIII, 124'.*. D'ailleurs le même auteur nous apprend que, de son temps, la secte novatienne est en pleine décadence et presque confinée dans quelques districts d'Asie et de Pont. Ifaeretir. fab., III, 6, PG., LXXXIII, 409 A.