ï.imen ecclesiae, dans /'///. t. VII, 1906, p
D'autres ont fait davantage et se sont inscrits en faux contre la thèse principale : tel MgrDuchesne *, affirmant qu'une véritable missa paenitentium était de tradition dans l'Église d'Occident aussi bien que dans celle d'Orient.
Il nous parait utile de reprendre notre premier travail, pour le fortifier et mettre en meilleure lumière l'harmonie des témoignages occidentaux sur la relégation des pénitents à un rang d'ignominie. Incidemment, nous constaterons le bien-fondé de la tradition relative à l'existence d'une missa paenitentium,
Notons d'abord que l'usage oriental est à cet égard parfaitement clair. Dès le milieu du 111e siècle, saint Grégoire Thaumaturge distingue quatre stations dans la pénitence : la première hors des portes de l'Église; la seconde dans le narthex; la troisième en deçà de la porte, avec les catéchumènes; la quatrième parmi les fidèles, mais sans participation à l'Eucharistie. A la quatrième station, celle des ÛTcoTcwcTOVTeç, nous trouvons encore un renvoi des pénitents, coïncidant avec celui des catéchumènes 2 :
Au ive siècle, le concile de Laodicée montre, après le renvoi des catéchumènes, l'accomplissement d'un rite spécial sur les pénitents, qui viennent recevoir l'imposition des mains et se retirent à, leur tour :
1. Duchesxe, Origines du culte chrétien*, p. 452, note 2, Paris, J 908. — Msr Batiffol s'était prononcé, non pas tout à fait dans le même sens, mais dans un sens déjà très différent de M. Boudinhon : La missa paenitentium en Occident, d'après une théorie nouvelle, dans BLE., 1902, p. 5-18.
2. Saint Grégoire Thaumaturge, Ep.canonica, cq.u. 11,PG.,X,1048AB : CH nçoaz/.a'jatç s£w xîjç jpSàïjç toj ùxTTjpiou Isxîv è'vOa éatôjxa xbv à[j.ap-»vovxa yçr, tûv cistovTtov OcïiOat îuaxwv, unsp auxoy sù'/csSat. 'H à/poaat; ïvooôi r% T.\ihrtc, sv xîo vap0r(xi, IvGa laxâvat y prj tov r,jj.apxr)x6xa ï'oz tûv xa-rf/ou[j.svwv •/.où svTcjfhv l?Épysa9ai. 'Axoûtov yap, a>T|Cjt, xwv Tpasôiv xai xîjç StôaaxaXtaç, ix6aÀÀÉs0w, xal [atj à;ioua6w 7tpo5;'jy7)ç. rH ô= u^07iTwatç ïva, iawÔcV xr(ç ^jX^; tou vao5 §sto:u.îvoç, jj.stà tùv xaxTjyo'jtiiv'ov l:ip/r\-%i. H aûaxaaiç Yva auviiTàra'. xotç 7uaxoîç, y.y.\ \ùi ÈçspyrjXou [/.exà xjwv xx77]-/o'j[A£vojv. TeXeuxatov f] [x£6e?tç xwv «ytaCTjjLaxwv.
i.imi: n i cci. i. si u . 411
Concile de Laodicée (343/381?), canon 19, Mansi, II, 567 BC :
lhp\ toj 0£tv loix itpôÎTOV ;i£;i Ta; ô\i.:/.t'a; t<~>v È-iax67i">v, xa\ tBv xax7jyoujj.ÉV'>v £Ùyr,v IrctTsXeîjOa:. Ka\ ;j.£xà cb IÇeXQsfV touç xaxrjyoup.É'vouç, twv 2v fUTflcvofa tt)v £Ùy7)v yîvEaBaf /ai. toifctov Kpo96A0tfvTb)V ûr:b '/Etpa, X«l £>7COYU)pT|advxcDV, ouxto; xtov -taxîov Ta; ej/ à; Y(vEo8ai T-£f;' a(av uèv ttjv 7tpoSxr(v oià aitDrcTJç, tt]'j oè Beurspav xa\ Tp(Tr,v o:x Rpooscovifascoç 7tX7jpouo8at, sï©' o'jtwç Tr,v e?pijv7)v otôosOai. Ka\ j.£Ta tô rxpEa6uTÉpouç Sauvai rw ejcktxÔîïw xr,v apr{v7jV, to'te toÙç Xa't'xoùç TrÉv eîpi^vrjV ôt86var /.ai o-jt'o xr,v ây'av ^poasopàv È;;ixEX£ÎaOai xa\ ja6voiç Èifbv eïvai xot; Upaxtxoîç eiaiévat Et; xb Buataarrjpiov xat xotvtavEÎv.
L'ordre observé est le même dans les Constitutions apostoliques.
Constitutiones apostolorum, II, 57, 14, éd. Funk, p. 165, 15 : Kai aetà xoïjxo auficptovco; Sjcocvteç cravaaTavTE; xai !«' àvaxoÀà; xaxavo^ijavTE; u.Exà ttjv twv xaxiryouuivwv xa\ tt,v tôjv ix£Tavoo'JVT(i)V IÇoooV, 7:p05Eu?âa8a>aav, Tto 0£(~> tôî ÈnSEor.xÔTi È-\ tÔv oùpavôv xoîi oùoavou xaxà àvaxoXd;...
Ot o*è 3tdxovot ;j.Exa ttjv jcpoasuj^îjv ot ;j.èv -ft npoafopa xrj; E'jyaptsxt'a; ayoXa- ÇsT&xNtV •j-t^eto'juevo'. t«3 Toi Kuptou aoSutaxt u£xà o66ou, oï 51 xou; oyXou; oiaT/.o-EÎTWjav xat ï,Tjyt'av aÙTof; Èu.7:otEtTu>aav.
/èiV/.. VIII, 9, 11. éd. Funk, p. 488. 4 : Kat 6 StàV.ovo; Xeyéw 'A^oXûcaOs, oî tv fteravoîo.
VIII. 35, 2-36, 1, Funk. p. 544, 3-8 : 'Eraé'paç ysvopt.£V7]ç, auva8po(c£t; tt,v èxxXT)a(av, tb i-t'-xo-E' xa\ u£Tà xo p»]87Jvai xbv ijsiXuyv.ov >yaXu.bv r.poaçcov^aEt ô ôtdxovo; u-£G xoiv xaxT]you|jivcDV xa\ yeifxaÇojAs'va>v xat xôjv ç>wxi£opÉvcov xat twv tv ;j.£Tavot'a, w; -po£(-ou.£v. Meiol os to djioXuOrjvat aÙTOUÇ ô ÔtàxoVO? Èpcî- 8aOl JtKTCOÎ, OE7)6wflEV xot) Kopfau.
VIII, 38, 1-2, Funk, p. 546, 15-20 : fôaaûxw; ôpOpou o otaxovoç ptExà to pr)8rjvac tÔv opSptvov xat aîtoXuuat a&tbv toj; xaT7)you[iivouç xaî y^£ip.aÇopiÉvou: xat f;a-TtroaÉvou; xat toIiç tv ptExavola xat T:r,v ôÇE(Xo(iÉvr]V -otrjaaaôat ;:poacpa)vritjtv, Tva ar, -âÀtv XlytapLEV Ta àjTa, êniçeperw p.ETa tô Swaov àuToûç, a 0eoç, xa\ avdtaT7)aov Iv xîj ydcptTt 30'j. AttY]atî)u.E8a ^apà tov Kupt'ou Ta iXÉrj ajTou...
Il est superflu d'accumuler les textes pour confirmer ce fait certain : le renvoi [àizakuaiç) des pénitents après les catéchumènes était d'usage constant en Orient.
Passons donc en Occident, et sans nous attarder aux textes d'Hermas où nous avons cru entrevoir une allusion aux origines de la pénitence publique et une certaine assimilation des pénitents aux catéchumènes, textes d'ailleurs allégoriques où il ne faut pas chercher d'indications précises sur la liturgie, venons de suite à Tertullien, dont la langue est très concrète.
A 12 l'édit de calliste.
Tertullien, Apologeticum, 39 : Summum futuri iudicii praeiudicium est, si quis ita deliquerit ut a communicatione orationis et conventus et omnis sancti commercii relearetur.
Nous commençons par ce texte, le plus ancien de ceux qui se rapportent à notre sujet. Il parle d'excommunication, donc d'une peine extrêmement grave. Mais l'expression reste vague, ainsi qu'il convenait dans un écrit destiné aux lecteurs païens. Ce n'est pas là qu'il faut chercher des lumières nouvelles sur la discipline extérieure de la pénitence. Le texte suivant éclaire davantage, bien que dune manière indirecte, la législation de l'Église.
De praescriptione, 41 : (Apud haereticos) quis catechumenus, quis fidelis, incertum est : pariter adeunt, pariter audiunt, pariter orant, etiam ethnici, si supervenerint; sanetum canibus et porcis margaritas, licet non veras, iactabunt. Simplicitatem volunt esse prostrationem disciplinae, cuius pênes nos curam lenocinium vocant. Pacem quoque passim cura omnibus miscent.
On a cru trouver ici la preuve que certains hérétiques, à la différence des catholiques, ne séparaient pas, pour la prière, les pénitents des fidèles. En réalité, il s'agit des catéchumènes, et non des pénitents. Tertullien a pu songer aussi aux pénitents, mais il n'en dit rien, et l'on ne peut pas tirer cette conclusion de ses paroles.
Voici maintenant des allusions directes à la condition ecclésiastique des pénitents :
De Paenitentia, 7, 10 : (Diaboli) venena providens Deus, clausa licet ignoscentiae ianua et intinctionis sera obstructa, aliquid adhuc permisit patere. Collocavit in vestibulo paenitentiam secundam, quae pulsantibus patefaciat.
Faut-il ne voir qu'une métaphore dans les mots in vestibulo? L'hésitation paraîtra d'autant plus permise qu'on remarque ici un parallélisme très notable entre le baptême et la pénitence. Le chrétien sur qui s'est refermée la porte du pardon baptismal, peut encore, s'il est tombé dans le péché, aller frapper une fois à une autre porte : il trouvera au vestibule de l'Église la seconde pénitence, qui peut lui