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LE QUATRIÈME COMMANDEMENT DU l'ASTEUR. 67
les invitera à marcher dans la justice, afin d'obtenir le fruit plénier des promesses divines, avec une abondance de gloire. De plus, il reçoit un écrit ', destiné à tous les élus. Il devra en faire deux exemplaires, et envoyer l'un à Clément, l'autre à (irapté. Clément l'enverra aux villes du dehors, car cela est de son oflice. (irapté instruira les veuves et les orphelins. Hermas lui-môme lira cet écrit à la ville, avec les prêtres qui sont à la tète de l'Église.
Ce passage, unique en son genre, a naturellement beaucoup exercé la sagacité des commentateurs. Il nous montre donc Hermas en relations personnelles, et vraisemblablement suivies, avec les chefs de l'Église romaine. Le personnage de Grapté nous est d'ailleurs inconnu : c'était sans doute la plus vénérable des veuves de cette Église. On s'accorde assez généralement à reconnaître, dans Clément, le pape vivant à la fin <lu premier siècle, celui-là même que la tradition désigne comme l'auteur de la lettre écrite par l'Église de Home à celle de Corinthe, et dont le pontificat fut marqué par la persécution de Domitien. Cette hypothèse est recommandée par la parfaite convenance de l'office ici assigné à Clément avec le personnage historique à qui incombe la sollicitude de toutes les Églises. Ces données, si éuigmatiques soient-elles, contribuent à fixer l'œuvre d'Hermas dans l'espace et dans le temps ; elles en précisent le caractère et nous aident quelque peu à en comprendre la fortune.
La seconde partie du livre d'Hermas est remplie par les douze commandements du Pasteur. Le IVe commandement concerne la chasteté ; la question de la pénitence y est abordée directement, mais en des termes qui ont reçu des interprétations multiples, et qu'il faut discuter.
1. Via., ii, 4, 2-3. — Commentaire allégorique par Okigk.nl, Qsp ipxfiiv, IV, 2,4 (11), l'C , XI, 365.
Le Pasteur s'occupe de la sainteté du mariage. Il recommande aux époux de veiller sur leur cœur : un mauvais désir donne la mort. Il ajoute que l'épouse — ou l'époux — coupable ne doit pas être abandonnée sans retour : on doit lui laisser ouverte, après une première faute, la voie du repentir1.
5 Si l'époux ne reçoit pas son épouse coupable, il pèche et charge sa conscience d'un grand péché. Il faut recevoir le pécheur pénitent, mais pas indéfiniment, car pour les serviteurs de Dieu, il n'y a qu'une pénitence...
11 Ce que je dis n'est pas pour encourager le péché, en lui offrant des facilités, mais pour arrêter le pécheur dans la voie du péché. Quant au péché déjà commis, il peut en obtenir la guérison, en recourant à celui qui a plein pouvoir.
Remarquons bien ces mots : Totç y^P SoûXoiç xoy 0soj [xeravota è<jTiv \jJ.y.. Si l'on veut leur attribuer leur plein sens, il ne faut pas affaiblir la portée de cette expression : les serviteurs de Dieu. C'est en tant que serviteurs de Dieu, autrement dit, en tant que chrétiens déjà baptisés, que les pécheurs peuvent être pardonnes une fois 2. La pénitence et le pardon visés ici concernent les fautes commises après le baptême. Tout le contexte l'indique, et la suite du développement le confirmera.
Quant à ce personnage investi d'un plein pouvoir pour la guérison des âmes, c'est le Fils de Dieu en personne3. Le rôle du Pasteur est plus humble : préposé à l'administration de la pénitence, il prépare les voies au pardon divin. Poursuivant ses révélations, il apprend à Hermas que la pénitence est une grande sagesse, qui rend à la vertu et à la vie de Dieu les cœurs flétris. Hermas interroge4 :
Je vous poserai encore une question, Seigneur. — Parle, dit-il. — J'ai entendu, Seigneur, certains maîtres enseigner qu'il n'y a pas d'autre pénitence que celle que nous avons faite, lorsque nous descendîmes dans l'eau et y reçûmes le pardon de nos précédentes fautes. — 2 II me dit : Tu as bien entendu, il en est ainsi. Car celui