Mand., iv, 3, 3. — Cf. iv, 1, 2 : Où Sîdwui içop^v
2. Mand., iv, 3, 4. Ce sont les mêmes que le Pasteur appelle par deux fois, Mand., iv, 1, 8 et iv, 3, 4 : toî? ooûXot? xou 0£ou.
3. Mand., iv, 3, 2. L'approbation ne porte pas seulement sur l'exactitude du fait rapporté par Hermas; la suite montre bien qu'elle s'étend à la qualité même de l'enseignement sur lequel Hermas a consulté le Pasteur.
i. Mand.. iv, 3. 5.
72 ledit de calliste.
haute que possible de la sainteté du baptême et du caractère inviolable de la justification qu'on y puise. 11 y aurait, selon l'opinion du Pasteur, souveraine imprudence à leur ouvrir prématurément des perspectives indéfinies sur la miséricorde divine, de peur qu'ils ne soient tentés d'en abuser. C'est pourquoi des maîtres prudents insisteront sur le caractère unique de la justification baptismale. Le Pasteur est loin de les en blâmer. Il veut même qu'on dise à ceux qui désormais viendront à la foi, comme on l'a dit à ceux qui déjà y sont venus, qu'ils n'ont pas de pénitence en perspective après cette rémission totale1 : Ol yàp vuv TcuiTeôcHmeç rt [xéXXovTeç Tîiff-ôusiv [ASTavoiav â^apxtwv ;//. Êfyooaxv, açeciv 5s Eyoum -wv TCpoTépwv ày.apTiwv aùtâv. Voilà la thèse, et plût à Dieu que l'on pût s'en contenter-! 'Eost. yàp tov slXïjçôra &pe<uv x^apTiwv [i.ï]/,lxi à^apxâvsiv, âXX' sv àyvefa xaxoixsïv. Malheureusement l'hypothèse est autre. Après avoir dit ce qui devrait être, le Pasteur va dire ce qui est3.
Il y a, en second lieu, les' chrétiens de plus ou moins vieille date, comme Hermas, dont beaucoup, hélas, ont fait la douloureuse expérience de leur faiblesse. A ceux-là, le Pasteur consent à en dire plus long, non pour encourager l'abus des grâces — et c'est pourquoi il ne s'adresse pas aux néophytes ni aux catéchumènes d'aujourd'hui et de demain1', ;j/fj îiocbq àçpop[/.Y;v xoïç [j.éXXoufft rcurteusiv rt xoîç vov izusxeù- (solgv) etç tov Kiipiov, — mais seulement pour remplir envers ces pécheurs le ministère de miséricorde qui lui a été confié. Donc pour ceux-là, il y a un pardon, mais rien qu'un. A peine le Pasteur en a-t-il fait la promesse, qu'il se préoccupe à nouveau de prévenir l'abus : c'est pourquoi il ajoute des menaces terribles à l'adresse de ceux qui ne se convertiraient que pour retomber encore. Envers ceux-là, il recourt aux
1. Mand., iv, 3, 3. — 2. Mand., iv, 3, 2. Cf. Sim., v, 7, 3. 4.
3. Comme l'opposition des deux points de vue réclame impérieusement une explication, tel critique n'a pas reculé devant la plus radicale de toutes, qui consiste à admettre dans le texte une interpolation. C'est la solution de M. Spitta, Zur Geschichte und Liiteratur des Urchristentums,t. II, Gôttingen, 1896. Nous ne croyons pas nécessaire de recourir à des moyens aussi extrêmes.
t. Mand., iv, 3, 3.
mêmes moyens dont il veut qu'on use avant le baptême envers ceux qu'il importe d'affermir à tout jamais dans la voie du bien. Tous ceux qui ont déjà entendu ce grand et solennel appel doivent à Dieu une fidélité inviolable; que si néanmoins ils tombent, Dieu leur ouvre l'accès de la pénitence pour une fois, une seule fois. C'est ici l'affirmation la plus ancienne, à notre connaissance, de la discipline qu'attesteront fréquemment les Pères du troisième et du quatrième siècle, et qui ne permettait pas de réitérer la pénitence publique. La position que prend ici le Pasteur ne lui est pas particulière, encore que pour nous elle soit nouvelle. Ce qui est plus original, c'est la forme catégorique de ses menaces à l'adresse du pécheur incorrigible : que celui-là ne se flatte pas de contenter Dieu par des oscillations indéfinies entre le péché et la pénitence : son salut est bien compromis1, SuaxéXwç y^P ^o-s-ai.
Le grand et solennel appel auquel il est fait allusion ici ■ — rrjv y.A?;<7iv èxeivvjv ttjv [/.syâXvjv -/.ai cr£;j.vr)v — représente, croyonsnous, la vocation chrétienne, l'appel personnel à la foi, scellé par le baptême. Tout le monde ne l'entend pas ainsi, mais les raisons nous semblent impérieuses, et elles sont de toute sorte : contexte, autorité ancienne, considérations de lexique.
1° Et d'abord le contexte. On a lu, quelques lignes plus haut, que « pour ceux qui ont été appelés avant ces jours, le Seigneur a établi une pénitence ». Ces appelés sont assurément les chrétiens, déjà entrés dans l'Église par le baptême, et nommés trois lignes plus bas, xolq SoùXoiç 72D ©eoû. Or voici que de nouveau il est question d'un appel, avec un pronom, èxe(w)v, qui est exactement propre à remettre en mémoire le contexte antécédent ; on remarquera le parallélisme des deux membres de phrase :
Tolc cùv x,Xv)6eï(n -ç,z toi5to>v :wv ^[xepôv sÔYjxev 5 Kûpwç [Ae*ravotav.
Mt-'z tyjv KAîjo'iv Ixsivyjv... làv -j.q... àjJiapfrçffY), [xuv ^etavoiav £•/£-.. Si ces deux membres de phrase, séparés seulement par six lignes de texte, ne se réfèrent pas au même appel, il faut