‹ L'édit de CallisteChapitre 47 sur 252 · Mand., iv · texte numérisé non relu

Mand., iv

3. Funk, KG AU., t. I, p. 170-172. se débarrasse trop vite de ce commentaire gênant. Hilgenfeld était mieux inspiré dans son édition du Pasteur, 1881, p. 172, en s'attaehant à la trace de Clément.

4. Stromates, II, 13, 56-57. Ed. Staimilin. p. 143-144. PG.. VIII, 993 B-996 B.

Le vocabulaire de Clément reproduit d'ailleurs les nuances principales du vocabulaire d'Hermas. Hermas désigne par le mot Sçeaiç le pardon baptismal; une fois seulement [Mand., iv, 4, 4) il étend ce nom à la rémission postbaptismale , qu'ailleurs il désigne par ïaatç

Celui donc qui a reçu le pardon de ses péchés ne doit plus pécher. Car après la première et unique pénitence des pécliés (entendez la pénitence de ceux qui ont jusque-là vécu comme les païens, dans l'ignorance), il n'y a place, pour les appelés de Dieu, qu'à la purification de la pénitence, qui doit débarrasser l'àme de ses souillures, afin que la foi s'y fonde. Mais Dieu, connaissant les cœurs et prévoyant l'avenir, l'inconstance de l'homme, l'acharnement et la perfidie du diable, a prévu dès le commencement que, jaloux du pardon accordé à l'homme, il inventerait des occasions de péché pour les serviteurs de Dieu, et mettrait une habileté criminelle aies entraîner dans sa ruine. C'est pourquoi, à ceux qui tomberaient après être parvenus à la foi, il a dans sa miséricorde donné une seconde pénitence, afin que. si l'homme venait à être tenté après l'appel divin et à succomber aux; artifices diaboliques, il eût encore à sa portée une pénitence définitive. Que si nous péchons à plaisir après avoir reconnu la vérité, nous n'avons plus de sacrifice à offrir pour nos péchés, mais seulement l'attente effroyable du jugement et l'ardeur du feu qui dévorera les ennemis de Dieu. Ceux qui passent leur temps en de continuelles alternatives de péché et de pénitence, ne diffèrent en rien des infidèles, sinon par la conscience qu'ils ont de leur péché...

Clément doit nous inspirer beaucoup de confiance, car la connaissance des réalités chrétiennes de son temps le mettait à même de bien entendre Hermas, dont il était séparé par moins d'un siècle. Cependant les exégètes de nos jours ont souvent fait bon marché de son autorité. Il serait temps d'y revenir. Une analyse attentive en fera ressortir la fidélité quant aux grandes lignes.

Eoor/.sv oûv oXXyjv ï~i ~.zX; nàv -ft rc(<rcsi roepticiTCTOOffi tivi 'îcXyjjxjxs- /o/jjxaTi'rcoXoéXeoç.wv [xeràvoiav Sstnépav, iv , etTiç èx/TceipaaOew] jj.st;< rr,v xXrjcnv, pwwôeiç zï %a;. '■/.y.-y.zzz'.zbv.: , [tuxv eti [/.exavoiav x\j.z-x-

<M«nd., iv, 1,11). Il applique une fois [Mand., iv, 3,1) le mot [ifitivoiâ à la pénitence des catéchumènes : jx—dcvoia... Ixsîvr) 8ts eîç u8wp /.y-i [jl£v; ailleurs il l'applique à la pénitence des baptisés, sans préjudice de la valeur générique de l'expression. Comme Hermas, Clément désigne par le mot <£psai? le pardon baptismal; pour la rémission postbaptismale, il fait usage d'un autre mot, tjyyviout). Comme Hermas encore, il applique le mot [«Tdivoia d'abord à la pénitence des catéchumènes, cette première pénitence qui, en droit, est aussi la seule : x?i 7cpo$TT) xa\ fj.6vrj [lETavoia xwv &piapT>][iixr(ov ; mais il applique aussi et principalement ce mot à la pénitence des baptisés, fietivoiav 8eox£pav, ;j.(av ?ti (iEi<£votav. Le parallélisme de l'expression, entre le texte d'Hermas et le commentaire de Clément, est sensible et souligne très effectivement le parallélisme de la pensée. Il est facile de se convaincre que Clément n'a en vue aucun conflit d'écoles, mais seulement l'explication de la discipline commune.

vôtqtov XàêYj. On ne peut souhaiter rien de plus clair : il y a identité pour Clément entre ces deux expressions : Iv -vj icioret et [X£xà ttjv xXvjcrtv, d'où il appert que f, xXîjciç représente ici pour lui la vocation chrétienne.

3° Venons enfin aux considérations de lexique : elles seules permettront d'apprécier le degré de probabilité de l'opinion que nous avons cru devoir écarter. L'œuvre d'Hermas renferme 2 exemples du mot xXyjaiç et 14 du verbe xaXô, donc en tout 16 exemples de mots de cette famille. Au point de vue du sens, ces 16 exemples se décomposent ainsi :

4 présentent l'acception dénominative (appeler = donner tel nom); ce sont : Vis., m, 8, 3. 4. 5; Sim., ix, 15, 3.

6 présentent l'acception vocative simple (appels exécutés par le Pasteur pour l'instruction d'Hermas, ou appels que s'adressent les uns aux autres les personnages employés à la construction de la tour) — ces exemples ne se rencontrent que dans deux paraboles: Sim., vin, 1, 5; 2, 8; 4, 2; Sim., ix, 3, 1.4; 9, 5. A aucun d'entre eux, ne sauraient convenir les épithètes \j.z^ôCk-rp %ai <rejj(.vVjv.

Déduction laite de ces 10 exemples manifestement étrangers à la question présente, il reste les 2 exemples du mot xXï5<nç, et 4 du verbe xaXô. Ces 6 exemples forment un groupe bien homogène, où l'acception spécifiquement chrétienne, de vocation à la foi et au baptême, est partout reconnaissable. Ce sont, outre les deux déjà cités :

Sim., VIII, 1,1: "EoeiSjs u.01 ixÉav u.zyd\r\v, ax£7tiÇouaav -sô:a xal oprh xai bizo T7]v axÉ7:7]v x% '.xsaç 7tâvxsç IXrjXûÔaaiv oî x£xX7]jjl£voi tû ov6p.au Kupfou.

Sim., vin, 11, 1 : rO Kûpto; ïr.v^i ;j.£ ?7:Xay/vta0£!.ç îiàai oouvai xrjv [A£xavoiav, xaÎ7:£p tivwv jj.7] ovtwv àÇiaw otà xà spfa aùxwv iXXà u-axpôQuuoç wv ô Kûpioç déXti xriv xXrjatv X7]v ys^ojilvijv Sià xou Viou aùxoû swÇEOÔai.

Sim., IX, 14, 5 : E! ouv ;:àaa t] xxfatç otà xou YEou xou 0£où (3aaxàÇ£xai. xi êûxEie xouç /.£xXr]a£vouç u-' xùxoù xavt xô ovopia çopouvxaç xou Viou 0£oû /.a\ 7:op£uo|i.£vou: xaîç ivxoÀaf; aùxou ;

Sim., ix, 17, 4 : Tlavxa xà I8vï] xà u-b xbv oùpxvbv xaxoixoûvxa, àxoûjavxa xaî t.'.'jTZÙ'j y.v-7. àrct to> ovo'jzaxi èxXr'O^aav xou Tiou xou Oeou. Aa6o'vx£ç oùv xrjv atppaytôa pLÎav yp6vr)acv eayov xaî Êva voûv, xa\ (lia -iaxtç aùxôiv iy£V£Xo xat (lia àyà-r;.

D'où nous tirerons deux conclusions.

Il: QUATRIEME COMMANDEMENT DU PASTEUII. 77

La première est qu'il n'y a pas trace chez Hermas d'un appel proprement dit, fait parle Pasteur. La mission propre du Pasteur est d'autre nature : c'est une surintendance de la p nitence, ordinairement désignée par le mot ï^owia ', et qui peut se comparer, soit à la surintendance confiée au Fils de Dieu lui-même par son Père sur toutes ses œuvres-, soit encore à la surintendance confiée à l'archange Michel sur le peuple de Dieu1. Celte surintendance est, de sa nature, permanente; si elle s'exerce présentement avec plus d'intensité, c'est a raison de l'imminence présumée delà Parousie; mais ni en d'autres temps, ni maintenant, le Pasteur n'est chargé du recrutement des pénitents : Dieu les lui amène, ou bien ils lui sont livrés par l'ange du châtiment, qui les a rendus aptes à faire utilement pénitence4. L'idée d'un appel fait par le Pasteur lui-même est étrangère au livre d'Hermas ; elle ne se trouve pas plus dans ces mots \j.i-x tyjv /.àyjjiv Ixsivyjv qu'en aucun autre passage, encore qu'on ait cru souvent l'y trouver 5.

La seconde conclusion que nous tirerons, est que Hermas parle souvent de l'appel fait par le Fils de Dieu, appela la foi, au baptême, au salut. En cela, il est pleinement dans la tradition de la doctrine chrétienne et dans la tradition de la langue chrétienne : car cet emploi de x,X^<nç, icaXô, est très fréquent dans le Nouveau Testament6; on le retrouve chez

1 . Mand. iv. 3, 5 : 'Ivj.o\ t\ IÇouaia rr,ç (xeravoiaç Tai5x7jç 18667).

Sim., vin, 3, 5 : "Oœo:, çijm, "ftapéSïjaav tov vouov ov sXaêov rcap' aùrou ef; rr)v ê{«)V ÈÇouaîav xaxsXc-Ev aùxoùç tic, fis-Mtvoiav Saot ôè t)8t) sùr)p£arr)crav tw vdjiio v.ol\ TïTrjpr/.aaiv aùx6v, j~ô ttjv ?ô;'av iÇouaîav iyn aùxo-j;.

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