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pas donné avant leur mort des signes extérieurs de conversion jugés suffisants par l'Église, soit qu'en leur qualité de relaps ils fussent devenus incapables de réconciliation extérieure ; mais qui pourtant étaient entrés avant leur mort dans la voie de la pénitence, et à qui Dieu put savoir gré de leur bon vouloir. De ce point de vue, on ressaisit les relations vraies de la pénitence et du pardon. Il est bien certain, et le Pasteur le répète maintes fois, que tout pardon vient de Dieu ' ; mais l'appartenance à la tour, c'est-à-dire à l'Église, est le gage normal de ce pardon, et elle ne s'accorde qu'à la pénitence.
On voit dans quelle mesure, toute restreinte et exceptionnelle, l'idée d'un pardon divin échappant au ministère de l'Église nous parait compatible avec l'enseignement du Pasteur. D'ailleurs, nous ne voyons pas qu'aucune catégorie de péchés, pas même l'impudicité, pas même l'homicide, pas même l'idolâtrie, ait rangé le pécheur, de droit, dans la catégorie des irréconciliables, réservés au pardon divin.
3° Il reste à se demander quelle était au juste la portée du livre, et dans quelle mesure il nous apporte la vraie pensée de l'Église sur la pénitence.
Ce n'est pas un document officiel; mais c'est un document privé de très haute valeur, parce qu'il reflète avec une grande naïveté les préoccupations des pasteurs de l'Église romaine au deuxième siècle et les expédients de leur zèle. Également soucieux de ne jeter aucun pécheur dans le désespoir et de n'autoriser aucune présomption, ces pasteurs ne croyaient pas trahir la doctrine en la dispensant avec mesure selon les hommes et les circonstances, et parfois pratiquaient assez hardiment la restriction mentale. Telle est la raison dernière, souvent méconnue, de certaines particularités surprenantes que présente le langage d'Hermas.
A condition de n'y voir que la simple projection allégo-
1. Mand., IV, 1, il : "Eativ ô ouvdctxsvo; lajiv ooSvaf aùxo; yap Iotiv 6 eyiov JtivctDV Trjv è?oua(av. — Sim., v, 7, 3 : Ilepl twv jrporépcov... iyv oi\ parti» -o> 0£w. u.o'v'D ô-jvaTov l'aa'.v couvai" aù-ou yàp lartv -xvy. IÇouffta.
CONCLUSIONS, SOH BEBMAS. I L3
riqué d'institutions encore très primitives, on peut en tirer quelques lumières sur ces institutions.
Nous n'avons pas reconnu la trace de deux courants dogmatiques distincts sur la pénitence. L'Église, en appelant tout le inonde au salut, avait égard à la condition des personnes. Aux catéchumènes, on comprend qu'elle jugeât inopportun de détailler d'avance toutes les chances qu'ils pouvaient avoir de se réhabiliter s'ils venaient à pécher après le baptême. Aux chrétiens tombés après le baptême, nommément aux adultères et aux apostats (ou idolâtres), elle offrait pour une fois, moyennant pénitence, non seulement le pardon divin, mais encore — tout le livre d'Hermas en témoigne — la réconciliation ecclésiastique. En même temps, elle avait soin de les avertir que cette grâce ne se renouvelait pas. A ceux qui, après une première réconciliation, venaient à retomber, on ne voit pas bien ce qu'elle offrait, mais sans aucun doute elle ne les désespérait pas. Car quelles que soient les sévérités du Pasteur pour les Subu/oi, si une chose ressort clairement de ce livre, c'est que quiconque a la volonté de faire pénitence, peut rentrer en grâce avec Dieu.