LES PÈRES APOSTOLIQUES
Les Pères apostoliques, dans leurs trop rares écrits, en partie anonymes ou pseudonymes, prolongent quelques-unes des lignes amorcées dans le Nouveau Testament. Et d'abord, ils marquent très bien que les Églises primitives ne se considéraient pas comme des réunions d'hommes impeccables, mais vivaient dans la préoccupation constante de demander à Dieu pardon pour les manquements de chaque jour.
La Didachè1 fait un devoir au fidèle de confesser ses péchés dans l'Église et de ne point approcher de la prière commune avec une conscience mauvaise. Elle veut que, le dimanche, on prélude à la célébration de l'eucharistie par la confession des fautes, afin que le sacrifice soit pur; elle recommande la correction fraternelle, pour amener les coupables au repentir. Toutes dispositions d'une portée très générale, qui ne nous éclairent pas sur le traitement propre aux diverses fautes.
L'Épitre de saint Clément de Rome aux Corinthiens, alors révoltés contre leurs légitimes pasteurs, s'occupe longuement d'un péché tenu pour particulièrement grave, la discorde et l'esprit d'insubordination. Elle ne décourage aucun coupable, mais multiplie les exemples de pénitence offerte par Dieu, sous la menace de châtiments terribles : pénitence prêchée par Noé avant le déluge, pénitence prêchée à Ninive par Jonas2. Elle affirme solennellement que Dieu, en sa miséri-
1. Didachè, 4, 14 (= Ep. de Barnabe, 19, 12); (10, 6, relatif aux catéchumènes); 14, 1; 15, 3.