LES PÈRES APOSTOLIQUES
avec l'idolâtrie. L'évêque de Smyrne pleure sur le malheureux apostat et sur son épouse : il souhaite que Dieu leur accorde une vraie pénitence. Ce n'étaient donc point, quoique apostats, des pécheurs désespérés.
La //' Clementis, homélie écrite à Corinthe vers le milieu du ii° siècle, entre un peu plus avant dans ia métaphysique de la conduite de Dieu sur les âmes et de la conversion personnelle1. Pour inculquer la nécessité de garder intact le sceau baptismal et de le restaurer s'il vient à se briser, l'auteur pousse la comparaison2 : « Tandis que nous sommes sur terre, faisons pénitence. Nous sommes comme l'argile dans la main du potier : tandis que le potier façonne un vase, si le vase vient à se déformer ou à se briser dans ses mains, il le reforme ; mais une fois qu'il l'a mis au four, il n'y peut plus rien : de même nous, tandis que nous sommes en ce monde, vivant dans la chair, faisons de tout cœur pénitence pour nos péchés, afin d'être sauvés par le Seigneur, tandis que nous avons le loisir de faire pénitence. Car une fois sortis de ce monde, nous ne pouvons plus confesser nos péchés ni en faire pénitence. » On ne saurait méconnaître ici l'affirmation très nette d'un pouvoir universel de rémission qui s'exerce en ce monde, sous la seule réserve des garanties nécessaires de droiture et de générosité. La question de l'absolution sacerdotale n'est ni exclue ni touchée. C'est à peu près la conclusion à laquelle nous avai+ conduits, pour l'Église romaine, l'examen du Pasteur d'Hermas. Corinthe ne parlait pas là-dessus autrement que Rome.