I. IIa Clementis, 7, 6; 8, 6. — 2. II» démentis
gèse canonique. Situations de docteurs et d'évèques, amenés soit à consigner dans leurs écrits la pratique ordinaire de l'Eglise, soit à se prononcer avec autorité dans les conjonctures délicates qui surgissent pour le ministère pastoral. Situations de catholiques, et situations de dissidents qui ont emporté hors de l'Église mère quelques lambeaux, plus ou moins reconnaissables, de sa tradition et de son esprit.
Voici d'abord des hérétiques admis à pénitence. Tel, vers l'année 140, l'hérésiarque Cerdon1, esprit instable, au jugement de saint Irénée, perpétuellement entraîné hors de l'Église par les saillies de sa nature, ébauchant à diverses reprises une pénitence qu'il n'achève jamais, et à chaque fois pris en flagrant délit d'enseignement clandestin contre le dogme.
Les hérétiques Marcion et Valentin étaient destinés à une bien plus grande notoriété. Marcion, un puritain qui mutilait le Nouveau Testament pour l'opposer à l'Ancien; Valentin, un poète et un hiérophante qui avait élaboré un évangile à base de j^latonisme. Tous deux, au rapport de Tertullien2, furent plus d'une fois chassés de l'Église, d'abord à titre provisoire, puis Marcion à titre définitif. Il paraît cependant qu'on lui fit grâce, à condition qu'il ramènerait au bercail ceux qu'il avait égarés. La mort ne lui en laissa pas le temps. Mais la condescendance dont l'Église usa envers lui est deux fois digne de remarque, si l'on doit ajouter foi à ce que le pseudo-Tertullien3 et saint Épiphane racon-
1. Saint Irénée, Haer., III. 4, 3, PG., VII. 857 A : KepSwv... a; tîjv 'Ey.-/.XY]<j;av èXOwv xaî £?o;j.o/.oyoy;j.3vo:, ojT'o: BtîTÉXsas, -o~ï [jUv XaOpoowa- 7/.aXwv, r.o-\ oè -àÀtv ÈçojjioÀoYo-jp.îVo;, ~otè oè cXey/ojisvo; iç' oi; ïo:.oxt/.î xaxwç xoù ày.aTâii.Evo; tt]; twv àôiÀswv O'jvooia;.
2. Tertulljen, De praescriptione, 30 : « ... Ob inquietam semper curiositatem qua fratres quoque vitiabant, semel et iterum eiecti, Marcion quidem cum CG sestertiis quae Ecclesiae intulerat, novissime in perpetuum discidium relegati, venena doctrinarum suarum disseminaverunt. Postmodum Marcion paenitentiam confessus cum condicioni datae sibi occurrit, itapacem recepturus si ceteros quoque, quos perditioni erudisset. Ecclesiae restitueret, morte praeventus est. »
3. Pseido-Tertullien. Adv. omnes liaereses, 6; Epii'iiane, Haer., xlii, 1, PC, XLI. 696 CD : IïoÀAà S9j0£v ô Mapxfwv xaOïxeTeiSoaç xaî aÎTïfaa?
SAINT IRENEE. 121
tent de ses débuts. Né dans le Pont, fils d'un vertueux évèque, après avoir essayé d'une vie ascétique , Marcion se serait vu chassé par son propre père, pour avoir déshonoré une vierge. Les frasques de jeunesse par lesquelles il aurait préludé à son rôle d'hérésiarque n'auraient donc pas opposé un obstacle insurmontable à sa réintégration dans l'Église. L'obstacle vint de l'évêque, qui crut devoir à l'Église et à sa propre dignité de tenir rigueur à son fils coupable. S'étant rendu à Rome, Marcion y trouva des prêtres formés par les propres disciples des apôtres, et là encore sollicita sa réintégration : on refusa de passer outre à la sentence paternelle. Bientôt il se lançait dans le schisme. Ces données sont intéressantes parce qu'elles nous montrent l'évêque h l'œuvre dans l'administration de la pénitence, dès la première moitié du 11e siècle.
Nombreux sont les exemples d'hérétiques obscurs ramenés à l'Église catholique, comme ceux que saint Polycarpe convertit durant son séjour à Rome sous le pontificat d'Anicet1. Marcionites, Valentiniens et autres peuvent se sauver, selon saint Irénée, pourvu qu'ils fassent pénitence2. Souvent on nous parle de femmes tombées dans les filets des gnostiques valentiniens, et perdant d'un seul coup la foi et les mœurs3; après quoi, elles viennent à résipiscence, sont admises par l'Église à pénitence, et sans doute aussi à réconciliation, car lorsque l'une d'elles persévère toute sa vie dans l'exercice de l'exomologèse pour expier son hérésie et son adultère, le fait est l'objet d'une mention spéciale. Nous voyons aussi
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