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Justin, Dial., 44, PG., VI, 572 A

3. Funk, KGAU., I, p. 173 : « Justin, Dial., c. 44, spricht sich sogar so aus, als ob er nicht einmal eine Busse in dem Sinne wie Hermas kennete... Bei der Stellung welche der Apologet hier einnimmt, ist aus den Worten zwar schwerlich zu folgern, dass er eine Busse nach der Taufe gar nicht anerkannt habe. Aber das dûrfte die Stelle immerhin zeigen, dass zu seiner Zeit eine kirchliche Busse oder eine Busse mit kirchlicher Rekonziliation nicht bestand oder nur hôchst selten vorkam, da Justin sonst nicht leicht in dieser Weise sich ausdrûcken konnte. »

En réalité, le texte de saint Justin ne prouve rien ni pour ni contre la réconciliation ecclésiastique. Il ne s'en occupe pas, et c'est une question à trancher par des considérations extrinsèques. Mais assurément le silence de Justin n'autorise pas à la trancher négativement. Voir les très justes remarques du R. P. Feder, Justin der Martyr und die altcfiristliche Bussdis:iplin, dans ZSKT.. t. XXIX, 1905, p. 758-761.

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peine de se perdre. Quant au détail ultérieur des conditions du salut sous la loi nouvelle, ce n'était pas le moment de le proposer. Saint Justin ne le propose pas. Mais il ne dément en aucune façon ce qu'il a dit ailleurs de la miséricorde offerte à tout repentir. Reconnaissons que son texte ne nous apporte aucune lumière sur la réconciliation ecclésiastique. Mais rien ne nous autorise à y voir une limitation du pardon divin.

La tradition de l'Église romaine, touchant la doctrine de la pénitence, est pour nous jalonnée par ces grands noms : au ier siècle, saint Clément; au 11e, Hermas, saint Justin, enfin saint Irénée, romain d'éducation et de tempérament. S'ils ne nous livrent pas, à beaucoup près, les éléments d'une théorie consistante, du moins ils nous prémunissent contre les hypothèses qu'il ne faut pas faire. De ce nombre, serait l'hypothèse de révolutions profondes intervenues, au cours du ne siècle, dans la doctrine et la pratique de l'Église romaine. Ces révolutions, nous ne les constatons pas; uous devons même les juger improbables, à considérer l'accord substantiel de ces graves témoins sur le principe général de la rémission des péchés, et leur commune adhésion à la mère Église. Les mouvements réformateurs que l'on pourrait supposer ne se révèlent par aucun indice.

Il serait fort intéressant de poursuivre chez Tatien la fortune des doctrines professées par son maitre saint Justin, et d'apprécier la mesure de rigorisme inaugurée par l'hérésiarque oriental quand il prit la tête d'une école encratiste. Malheureusement, le peu qui reste de ses écrits ne permet pas de reconstituer une doctrine de la rémission des péchés. En revanche, il nous fournit l'attestation, d'autant plus précieuse quelle est alors sans parallèle, d'un texte scripturaire fondamental pour la théologie de la pénitence. On sait en effet que Tatien compila, vers l'an 170, une Harmonie des quatre Évangiles, connue généralement sous le nom de Diatessaron et qui, aux mains des Pères de l'Église syriaque, remplaça souvent le texte authentique des Évangiles. Nous n'avons pas le Diatessaron dans sa propre teneur; mais les Pères syriaques, qui l'ont largement utilisé, nous fournissent le moyen d'en reconstituer une grande partie. Saint Éphrem d'Édesse,

au ive siècle, est de ce nombre : or, on a relevé chez lui jusqu'à huit citations ou allusions au Tu es Petrus. C'est là une constatation fort importante, car l'absence commune d'allusions, chez les Pères du 11e siècle, à ce texte capital, avait donné à plusieurs écrivains rationalistes l'occasion de discréditer la tradition qui s'y fonde. Désormais, cet argument ex silentio s'écroule, puisqu'il est établi par preuve péremptoire qu'avant l'année 170 le Tu es Petrus se trouvait dans le texte grec des Évangiles, auquel Tatien l'emprunta. Par là, la première attestation de ce texte se trouve reportée de quelque trente ans en arrière l. Il serait entièrement arbitraire de vouloir assigner, entre la date de 170 et la rédaction de nos évangiles synoptiques, le point d'insertion de ce verset clans un texte préexistant : toutes les vraisemblances historiques sont en faveur de son existence dès un siècle avant son apparition chez les Pères. Nous avons donc conscience d'opérer sur un terrain historique parfaitement sûr, et droit d'imputer à un simple hasard le défaut d'attestation du Tu es Petrus, dans le mince recueil des Pères apostoliques.

Plusieurs Églises particulières confirment et complètent, par leur témoignage, la tradition de l'Église romaine.

Au sujet de la réconciliation de tous les pécheurs sans exception, particulièrement grave et explicite est la déclaration de saint Denys de Corinthe2, écrivant, après le milieu du

1. Nous renverrons sur ce point aux articles substantiels de M. Y. de La Brière, sur La Primauté de saint Pierre clans le Nouveau Testament, dans les Etudes, t. CXIX, et 5 et 20 juin 1909, surtout p. 611. — Voir encore Burkitt, .S'. Ephraim's quotations from t/ie Gospel. p. 26-30. Cambridge, 1901: Zahn, Das Evangelium des Matt/iaeus, p. 538-539. — Voici les références des huit citations ou allusions relevées par M. de La Brière (Ed. Lamy, S. Ephraem Syri Hymni et Sermones, 4 vol., Malines, 1882-92), t. I, p. 374, Serm. n inhebd. sanct., 4; p. 412, Serm. iv in hebd. sanct., I ; p. 534, Serm. adnoct. dom. Resurr., 2; t. II, 186, Comm. in Isaiam, 62, 2; t. IV, p. 534, Hymn. de Eccl. et Virg., 15, 18; p. 686, Hymn. de Sim. Petr., 7 (cf. 8); p. 688. Hymn. de Sim. Petr., 12; p. 738, Hymn. dispers., 7 [De paenitentia Pétri).

2. Denys de Corinthe, d'après Eusèbe, HE., IV, 23,6, éd. Schwartz, p. 374-376 : no/.Xà 8è r.zç\ fi^ou y.où aYVE;aç toi; auto?; xapatvsî, xal ~c'j: ï;

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second siècle, aux Églises du Pont : il affirme avec la plus grande énergie le droit des pécheurs, de tous les pécheurs vraiment pénitents, nommément des apostats et des hérétiques

— qu'il semble considérer comme les plus compromis de tous

— à un accueil bienveillant. Si laconique que soit le texte conservé par Eusèbe, il paraît tout à l'ait formel. On remarquera que ce développement était, chez Denys, introduit par des considérations sur le mariage et la chasteté : il visait donc très spécialement les désordres de mœurs. L'Église fera bon accueil à tous les pécheurs. Est-ce à dire qu'elle les réconciliera tous à bref délai? Non, sans doute. Mais, tout au moins, en les admettant à pénitence, elle leur ouvrira la perspective du pardon.

Moins explicite, mais animé du même esprit, est ce développement de saint Théophile d'Antioche, qui n'indique pas le rôle de l'Église dans la restauration du pécheur, mais énonce clairement le dessein de Dieu1. Le pécheur n'est pas abandonné pour toujours à son péché : Adam, expulsé du paradis et condamné à un exil temporaire, peut y rentrer après avoir purgé sa peine. Cette restauration aura lieu après la résurrection et le jugement. Ici, Théophile reprend une comparaison que nous avons déjà rencontrée dans la IIa démentis. De même qu'un vase d'argile si, une fois achevé, il présente quelque défaut, est remis au tour et façonné de nouveau, jusqu'à ce qu'il atteigne une entière perfection, ainsi l'homme est-il repétri par la mort et fixé par la résurrection dans une santé parfaite, dans un état de pureté sans tache, de justice et d'immortalité. Dieu appelle : « Où es-tu, Adam? » Ce n'est pas que Dieu ignore, mais en sa clémence il veut donner au pécheur occasion de se repentir et de confesser sa faute .

O'.v.: S' oùv i-07iTU)a£ajç, site 7tXï]ujji£Xc''aç eI'ts ulïjV aifSTix-?jç TiXàvrjç, è-taTpe'œov- 73c: SeÇtouaOai jcpoarcaTTsi. — M. Harnack écrit là-dessus. Lehrbuch der /><-■, t. I, p. 440, note : « Ob das Référât zuverlassig ist, istungewiss, und ob das O£tjio3<j0ai stets die restitutio in den frûheren Stand oder event. nur die Annahme zu dauernder Bussiibung bezeichnet, ist fraglich. » Il ne semble pas possible de ne voir dans oeÇtouoÔai que l'admission à une pénitence sans espoir.

1. Théophile d'Antioche, Ad Autolycum, 11,26, PC, VI, 109:; AB.

Clément d'Alexandrie nous a, on le sait, conservé l'histoire d'un jeune assassin converti et réintégré dans l'Église, par l'apôtre saint Jean1. D'autre part, on a pu entendre le même docteur commenter2 les assertions d'Hermas, particulièrement au sujet des fautes de la chair, et, en conformité avec lui, poser le principe d'une rémission — d'une seule — après le baptême. Il ne s'en tient pas là, et après avoir indiqué à quelles conditions le riche peut, ici-bas, faire son salut, il montre la voie de l'amour toute grande ouverte au pécheur, selon saint Pierre (I Pet., iv, S) : « L'amour couvre la multitude des péchés », selon saint Jean (I Io., iv, 18 ), et selon saint Paul (I Cor., xm, ï. 6-8. 13). Si quelqu'un a l'amour au cœur, toujours il peut, bien que né dans le péché, bien que chargé de fautes nombreuses, croître dans l'amour, concevoir un vrai repentir et réparer ses défaites par des victoires. Donc, ne pas s'abandonner au désespoir3, quand même, à considérer d'une part le portrait de ce riche que le ciel ne peut accueillir, d'autre part le mauvais usage que l'on a fait des biens de la terre, on tremblerait devant les anathèmes divins contre la richesse et l'on craindrait de ne pouvoir posséder les biens à venir : non, quand même par ignorance ou par faiblesse, ou par un concours inéluctable de circonstances, après la rémission baptismale on serait tombé dans toutes

1. Clément d'Alexandrie. Quis clives salvetur, 42. Voir ci-dessus.

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