‹ L'édit de CallisteChapitre 83 sur 252 · Saint Irénée. Adv. haer., I, 21, PC, VII, 657 sqq · texte numérisé non relu

Saint Irénée. Adv. haer., I, 21, PC, VII, 657 sqq

3. Acta Apostolorum apocrypha, éd. M. Bo>,:set, t. II, 1, Leipzig, j 898 ; Acta Ioannis, 107 (16), p. 206, 1-5 : Eî jxàv ouv [xr^i-i a^a^Tav£T£ a Iv àyvo:a è^pdça-:; àç:r;aiv uaïV il ôl xa\ xjtov lyv^xoTEç xa\ bis' aùroCi ù.îrfîév-îç èv TOtç ôjxot'otç jiàXtv àvaTTpéçEafh, xaî :à nporepa ujuv Xoyt<j0rî<j£Tai Jtàt oùv Sjexs aspo: :r\ £\îo; èvwTtiov auToS.

4. Acta Apostolorum apocrypha, éd. M. Bon.xet, t. II, 2, Leipzig, 1903; Acta Thomae, 88, p. 203, 19; 117, p. 228, 22.

et plus, à qui le demandait1. Les Elchasaïtes, entrés un peu plus tard dans l'histoire, s'autorisaient du nom de leur prophète Elchasaï, qu'on disait avoir paru sous Trajan ; eux aussi prétendaient administrer, après le baptême chrétien, un nouveau baptême pour la rémission des péchés2.

A travers ces caricatures diverses de l'institution chrétienne, perce le souci constant de procurer à toutes les âmes affamées de justice un bien que seule l'Église du Christ avait mission de distribuer : l'amitié divine, prix du vrai repentir.

En définitive, les espèces complètes et précises, sur l'observation desquelles nous souhaiterions d'asseoir une théorie détaillée de la pénitence, font défaut pour ce ne siècle. Nous ne pouvons qu'y suppléer en colligeant un assez grand nombre de faits non dépourvus de valeur suggestive. Essayons de faire filtrer un peu de lumière à travers cette nuée %ie matière pulvérulente.

L'assurance du pardon divin offert, pour tous les péchés, au vrai repentir, est répétée par toutes les voix de la tradition. Cette assurance, nous l'avons entendue notamment à Rome, à Antioche. à Corinthe, à Alexandrie. Trait d'union entre l'Orient et l'Occident, Clément d'Alexandrie donne à Hermas une adhésion intelligente, où l'on ne perçoit pas de réserve. Quelques notes gnostiques troublent seules ce concert.

L'Eglise hiérarchique, groupée autour de son évèque, est la dispensatrice normale de ce pardon, et l'offre de la

1. Saint Épiphane, Ilaer., xlii, 3, PC, XLI, 700 AB : Où fiovov 8è xaç.' aoTcû Év Xourpbv oîooTat, iXXà v.%\ iojç rpiâîv XouxptSv zai ï-.i/.ivix SÇeatt oioévcu r.xp aÙTo"; tw (JouXojiiva). ô>; -api noXXcSv xxifxoa... 'Eifscrciv £'">; Tpuov /oircpffiv, rourlari TpU3v ^anrtou.ciSv, îlç a^îitv àp.apTitî5v o;o"oa8ac iv' 6? riç RapEKEaev ;■-: to JtptSxov, X<£6tj Befrcepov jj.ît3cvot[œxç, xa\ tv'tov 6>iy.û-'->; sàv Iv rapa^ToVj.aTt ai-'x to Sgûrepov YlvrjTftt.

2. Saint Hippolyte, Pkilosophumena, IX, 13, éd. Cruice, p. 146-455.

réconciliation ecclésiastique est la traduction concrète de l'offre du pardon divin. Cela résulte des témoignages tout à fait formels de saint Clément de Rome, de saint Ignace d'Antioche, dHermas, de saint Denys de Corinthe, ainsi que d'inductions plus ou moins décisives fondées sur les témoignages de saint Irénée et autres. De limitation à ce pouvoir ministériel de l'Église, on n'entend parler nulle part, encore que l'Église y apportât, sans aucun doute, quelque discernement.

Sur les conditions du pardon, nos auteurs se font beaucoup plus discrets, et donnent l'impression d'une simple ébauche, plutôt que d'une institution complète. On voit bien apparaître l'exomologèse officielle, comme voie normale du pardon, du moins pour les grands péchés; mais la plupart de ses lois nous échappent encore. Cette discipline primitive était empreinte d'une réelle sévérité; mais dans quelle mesure? Les indications éparses de nos auteurs ne suffisent pas à le découvrir, et ont pu servir de point de départ à des systématisations divergentes. S'il y eut évolution et dans quel sens, c'est sur quoi l'on réussit moins encore à s'entendre. Pour retracer la marche de la discipline pénitentielle au cours du 11e siècle, nous disposons de quelques points fixes, par lesquels on peut faire passer un nombre infini d'arabesques; mais ce seront toujours des arabesques.

Il y a pourtant une mesure législative, une seule, qu'on peut avec vraisemblance mettre au compte du ne siècle : c'est celle qui interdit de réitérer la pénitence publique. Il semble qu'on se soit préoccupé d'empêcher le relâchement en donnant à l'institution le caractère d'une faveur unique, exact pendant du baptême. Hermas est pour nous le premier témoin de cette règle, dont l'origine ecclésiastique n'est pas douteuse, puisqu'elle n'a aucun fondement dans l'Écriture. Introduite probablement sous la pression de circonstances particulières, elle acquit force de loi universelle et ne devait être rapportée que beaucoup plus tard1. Hermas.

1. Il en fut de même jusqu'à la fin du ive siècle en Orient, jusqu'au

qui nous en révèle l'existence, nous en laisse ignorer l'origine, et si ce témoignage unique nous faisait défaut, nous n'hésiterions guère à conclure, de certaines affirmations de saint Irénée, que cinquante ans plus tard elle n'était pas encore en vigueur et qu'il en faut abaisser la date jusque \.r>le temps de Tertullien. Le silence de tout le 11e siècle, en dehors d'Hermas et de Clément d'Alexandrie commentant Hermas, sur un fait aussi capital, est la meilleure preuve des lacunes de nos connaissances et la condamnation décisive de toute conclusion prématurée.

\|)i« s avoir interrogé, sur la discipline pénitentielle du 11e siècle, les documents contemporains, il resterait à consulter prudemment la tradition du me. La lumière rétrospective dont elle éclaire la période précédente n'est sûrement pas négligeable. Mais l'état de la société chrétienne a changé; des problèmes nouveaux ont surgi. L'époque des révères demande à être étudiée d'abord pour elle-même. si l'on veut marquer avec certitude sa part dans l'évolution des institutions chrétiennes.

v siècle en Occident. Il n'y a pas lieu d'insister sur un fait si connu: voici du moins quelques références : Hermas. Mandat., iv, 3, 6; et iv. 1, 8; Clément d'Alexandrie, Stromat., II. 13. 57.Stahlix, t. II, p. 143: Ohigène, In Let\, Hum., w. 3, PC, XIL 561 A; adversaires de saini .lean Chrvsostome au svnode du Chêne (403). ap. Mansi. Concilia. I. III. 1145 CD, cf. SocrÀte, HE., VI. 21. PC, LXVII, 725 B-728 A: saini Amrroise. De paenitentia, II. 10, 95. PL., XVI. 520 A; saint Sirki pape, 384-399), Ep., i. Ad Himerium Tarraconensein, .V 6, /'/... XIII. 1137 AB: saint Augustin, Ep., cliii, Ad Maccdonium, 3. 7. /'/.., XXXIII. 656.

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