‹ L'édit de CallisteChapitre 84 sur 252 · LE TRAITÉ DE TERTULLIEN DE PAENITENTIA · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ DE TERTULLIEN DE PAENITENTIA

La carrière ecclésiastique de Tertullien comprend, comme chacun sait, deux phases : une phase d'activité apostolique au service de l'Église, et une phase d'hostilité contre l'Église, au service de l'hérésie montaniste. De l'une à l'autre on passe non par un saut brusque, mais par des degrés successifs; car entre catholiques et montanistes d'Afrique, l'opposition n'était pas tellement tranchée, du moins au début, qu'on ne pût garder quelques illusions sur l'orientation de la secte ; et il se trouva sûrement quelques esprits sincères pour chercher l'avenir du christianisme dans la voie marquée par l'hérésie phrygienne.

Le mouvement montaniste ne nous intéresse ici que par sa répercussion sur la discipline de la pénitence. De fait, Tertullien aborda de front cette question aux deux époques extrêmes de sa vie : une première fois dans un esprit pleinement catholique, en écrivant le De paenitentia ; une seconde fois dans un esprit violemment montaniste, en écrivant le De pudicitia. Ces deux opuscules, si différents de tendance, ont ceci de commun qu'ils visent, de deux points de vue très opposés, les mêmes institutions, celles de l'Église catholique. Donc, à plus d'un égard, ils se complètent. On peut éclairer l'un par l'autre, à condition de tenir compte du changement survenu entre deux dans l'esprit de l'auteur. Toutefois, nous commencerons par étudier le De paenitentia pour lui-même, en faisant abstraction complète de l'autre écrit, postérieur de vingt ans.

TERTULLIEN, DE PAENITENTIA. 137

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