‹ L'édit de CallisteChapitre 87 sur 252 · Paen.. 7. — 2. Pacn.. S · texte numérisé non relu

Paen.. 7. — 2. Pacn.. S

TERTULLIEN, DE PAEMTENTIA. 141

(Apoc, ii-iii) , contre divers péchés : à Ëphèse, relâchement dans la charité; à Thyatire, désordres de mœurs et compromissions idolàtriques; à Sardes, œuvres imparfaites; à Pergame, doctrines de mensonge; à Laodicée, confiance dans les biens de ce monde. Les menaces même proférées contre les coupables prouvent que l'Esprit ne les croit pas incapables de s'amender et d'obtenir leur pardon : Non comminaretur autem non paenitenti, si non ignosceret paenitenti. Promesses de cette même clémence qui, dans l'Ancien Testament, appelait le pécheur à pénitence et mettait la miséricorde au-dessus des sacrifices [1er., vin, 4; Os., vi, 6). Les paraboles du Seigneur, dans l'Évangile {Le, xv), la manifestent mieux encore. Drachme perdue, brebis errante, enfant prodigue : autant de figures du pécheur poursuivi par la grâce divine. S'il s'humilie devant Dieu, il est sauvé.

A cela contribuera puissamment l'humiliation extérieure de la pénitence publique, appelée d'un mot grec exomologèsei. Tertullien décrit en traits saisissants cette pratique des anciens pénitents, comprenant deux parties : l'aveu intérieur de la faute, fait à Dieu, et la profession extérieure de pénitence, par laquelle le pécheur se met spontanément au ban de la société chrétienne"2.

Discipline de prostration et d'humiliation, qui règle la vie de l'homme en vue d'attirer la miséricorde. Elle s'étend à la tenue et à la nourriture : coucher sur le sac et la cendre, affliger son corps par un extérieur inculte, son àme par la tristesse, compenser ses fautes par des austérités, pour le manger et le boire observer un régime simple, avant égard non à la satisfaction du ventre, mais à la conservation de La vie ; alimenter constamment sa prière par le jeûne, gémir et pleurer, mugir jour et nuit vers Dieu son Seigneur, se rouler aux pieds des prêtres, s'agenouiller devant les amis de Dieu, solliciter l'intercession de tous les frères...

Tel est, selon Tertullien, le programme de l'exomologèse. Ainsi l'homme satisfait à Dieu : il se prosterne pécheur et se relève absous.

Mais il en coûte d'afficher ainsi sa pénitence3 : aussi plusieurs reculent-ils indéfiniment, semblables à ces malades

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