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Paen., 11. —2. Paen

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d'intervenir, s'il y a lieu, dans cette lutte, marquons le point sur lequel porte le principal effort.

Dans la description qu'il nous a laissée de la pénitence postbaptismale, Tertullien s'attache à peu près exclusivement à la manifestation extérieure de cette pénitence, communément désignée par le nom à'exomologèse. Nous avons cité les traits les plus saillants de cette description : elle nous montre l'importance attachée par la pensée chrétienne du m siècle à cette partie proprement satisfactoire, qui frappait les regards de tous et désignait les pénitents comme spécialement dignes de pitié, à raison de l'expiation douloureuse qu'ils accomplissaient à la face de l'Église. Pour nous, chrétiens du xxe siècle, accoutumés au ministère régulier de la confession et aux cadres théologiques du concile de Trente, cette mise-en-scène dramatique n'épuise pas la question de la pénitence, et instinctivement nous cherchons, avant et après l'exomologèse publique, d'autres éléments plus cachés, mais non moins essentiels à l'acte complet de la pénitence. Cet instinct est-il trompeur? Sur ce point, les appréciations diffèrent. Certains lecteurs estiment qu'on ne saurait trop se défier des réalités modernes, comme d'une source fatale de mirages historiques. D'autres estiment qu'il y a des bornes à cette défiance et qu'on ne rendrait pas justice aux documents anciens en y méconnaissant systématiquement toute anticipation des temps nouveaux.

Le cadre du jugement pénitentiel, tracé par le concile de Trente, comprend deux parts : la part du pécheur qui comparait comme coupable, comme témoin à charge contre lui-même, enfin comme exécuteur de la sentence; c'est ce que traduisent ces trois mots : contrition, confession, satisfaction; — la part du juge, c'est Y absolution sacerdotale. Ces divers éléments sont d'inégale importance, et la satisfaction, en particulier, peut accidentellement faire défaut, sans que le jugement sacramentel soit infirmé dans son essence. Le pécheur qui, après avoir rempli toutes les autres conditions pour obtenir la rémission de ses fautes, serait prévenu par la mort avant d'avoir pu accomplir la satisfaction prescrite , n'en serait pas moins réconcilié à Dieu ;

seulement il porterait au tribunal du Souverain Juge une certaine dette, exigeant par delà cette vie un dernier règlement de comptes. C'est ce que les théologiens traduisent d'ordinaire en disant que la satisfaction n'est pas une partie essentielle du sacrement de pénitence, elle n'en est qu'une partie intégrante. Or il se trouve précisément que dans les documents de la période primitive, tels que le De paenitentia de Tertullien, la satisfaction a pris un relief énorme, parce qu'elle frappait tous les regards, et qu'elle a relégué à l'arrière-plan les autres éléments de la pénitence ecclésiastique. Il ne faudrait pas se hâter d'en conclure que ces éléments n'existaient pas, et, sans doute, nul ne s'en avise. La difficulté n'en est pas moins réelle d'apprécier exactement des faits si lointains et de déceler, sans les grossir, les éléments qui se dissimulent dans la pénombre du passé.

Parmi les auteurs qui, de nos jours, ont apporté à l'étude de cette question une contribution appréciable, il convient de nommer le docteur Funk, dont l'influence a été grande sur le développement de l'histoire ecclésiastique, hors de France et en France, au cours des trente dernières années. Les conclusions de Funk peuvent-elles toujours être admises sans contrôle? C'est une question qui mérite examen, et que l'on ne sera point porté à trancher d'emblée par l'affirmative, si l'on a égard aux démentis que Funk lui-même s'est infligés sur ce point. En 1897, il avait affirmé que le traité de Tertullien De paenitenlia traite exclusivement du pardon divin, sans aucun lien avec la réconciliation ecclésiastique1.

1. Funk., KGAU., t. I, p. 166 : « ...Er sagt nirgends dass mit der Busse eine kirchliche Rekonziliation verbunden sei, und da er dièse in der Schrift De pudicitia bestimmt ausschliesst, so dùrfen wir sie auch dort nicht ohne weiteres annehmen. uni se weniger als ja, wie wir bereits gesehen, die alte Kirche eine Busse ohne Rekonziliation kannte... Die Hauptsache war dass der Busse ahnlich wie der Taufe die Kraft zugeschrieben wurde, Stindenvergebung zu erlangen oder zu vermitteln, und dièse blieb bestehen, mochte die Verzeihung nur von Gott oder auch von der Kirche ausgehen. Dass aber nur an eine gôttliche Verzeihung zu denken ist, deutet Tertullian selbst an, da ihm der Verzeihende stets nur Gott und nicht ein einzigesmal auch die Kirche ist. Es liegt also durchaus kein Grund zu der Annahme vor. dass Tertullian in seiner frûheren und katholischen Schrift eine an-

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A la suite d'une discussion avec M. Esser, doyen de la faculté de théologie catholique de Bonn, il s'est vu forcé d'évacuer cette position1, et en 190G il formulait ainsi' sa conclusion nouvelle- : pour Tertullien catholique, l'idée de réconciliation ecclésiastique n'est pas essentiellement, dans tous les cas, incluse dans l'idée de la seconde pénitence. Entre temps, les idées du professeur du Tubingue avaient trouvé un écho en France, notamment dans les publications remarquables à divers titres et diversement nuancées de M. l'abbé Vacandard et de M^r Batiil'ol.

Il s'en faut pourtant que ces idées fussent acceptées partout sans discussion, et pour marquer tout de suite le point sur lequel je ne saurais faire miennes ni la méthode ni les conclusions du Dr Funk, je dirai que ces conclusions paraissent procéder d'une exégèse trop matérielle et en quelque sorte trop brutale de plusieurs textes anciens. Avec de bons esprits, en France et hors de France, j'estime qu'on ne gagne rien à maintenir ces textes dans un isolement trop jaloux, et que, interrogés avec discrétion, ils nous livreront, sur le

dere Busspraxis bezeuge als in der spàteren, seiner montanistischen Période angehôrigen. »

1. Funk, Das Indulgenzedikt des Papstes Kallistus, dans TQS., t. LXXXVIII, 1906, p. 542-543 : « Esser findet vor allem in der Brklàrung Tertullians De pud. c. 1 eine grosse Schwierigkeit fur die bisherige AutTassung, da hier klipp und klar ein Gesinnungswechsel auch in der Bussfrage bezeugt sei. Ich habe letzteres in Abrede gezogen und die fragliche Aenderung auf das Verhaltnis Tertullians zur katholischen Kirche gedeutet {KGAU., I, p. 166). Ich raume jetzt bereitwillig ein dass die Stelle auch von der Bussfrage zu verstehen ist. »

2. Funk, ibid., p. 547 : « ... Soll die kirchliche Rekonziliation mit der paenitentia secundo begrifilich und demgemass bei allen Siinden verbunden gewesen sein, somit musste Tertullian in De paen., da er hier die Busse allgemein als zweites Rettungsmiltel bezeichnet, eine kirchliche Rekonziliation auch fur aile Siinden, keine der Kapitalstinden ausgenommen, anerkennen, dies somit uni 200, wenigstens in Karthago und Rom, herrschende oder vorherrschende Praxis gewesen sein. Das war aber, wie spiiter sich naher ergeben wird, zweil'ellos nicht der l'ail, und somit ist der Schluss Essers nicht etwa nur nicht ganz sicher, sondern vielmehr falsch... » — L'écrit de M. Esser, auquel il vient d'être fait allusion, a pour titre : Die Bussschriften Tertullians De paenitentia und De pudicitia, und das Indulgenzedikt des Papstes Kallistus, Bonn, 1904. In-4 (Programm).

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stade primitif de la discipline pénitentielle, plus de lumière qu'on n'en a quelquefois tiré par un traitement trop rigide. Il en résultera qu'au lieu d'avoir de ces réalités primitives une conception tout à fait dissemblable des réalités actuelles, nous y discernerons, à l'état embryonnaire sans doute, mais déjà nettement indiqués, les traits que l'avenir développera. Avant de poursuivre, il faut mettre sous les yeux du lecteur, dans sa teneur complète, la page la plus importante du livre, résumée ci-dessus à grands traits. Je traduis littéralement cette page centrale du De paenitentia1.

Puissent vos serviteurs, ô Seigneur Christ, ne dire et n'entendre, sur la discipline de la pénitence, que ce qu'il faut pour savoir qu'ils ne doivent point pécher : ou qu'ils ne sachent plus rien, qu'ils ne veuillent plus rien savoir de la pénitence ! 2 II m'en coûte de mentionner encore cette seconde et dernière espérance : je crains, en revenant sur la suprême ressource de la pénitence, de paraître ouvrir une nouvelle carrière au péché. : A Dieu ne plaise que personne s'autorise de mes paroles pour transformer en droit au péché le droit à la pénitence, et que l'abondance de la clémence céleste déchaîne les excès de la témérité humaine ! * Que nul n'abuse de la bonté divine pour répondre par de nouvelles fautes à de nouveaux pardons. Au reste, il ne saurait échapper indéfiniment, s'il pèche indéfiniment. Nous avons échappé une fois : c'est assez nous être exposés au péril, quand même nous pourrions nous flatter d'échapper encore. 5 D'ordinaire, ceux qui ont survécu à un naufrage disent un adieu définitif aux vaisseaux et à la mer; ils rendent hommage à Dieu, auteur de leur salut, en se souvenant du péril. Louable crainte, touchant respect : ils ne veulent pas être une seconde fois à charge à la divine miséricorde; ils redoutent de paraître mépriser le bienfait reçu; ils se préoccupent justement de ne pas braver encore les dangers qu'ils ont appris à craindre. 6 En mettant un frein à leur témérité, ils manifestent leur crainte. Or. la crainte est un hommage que l'homme rend à Dieu. 7 Mais notre ennemi acharné n'accorde aucune trêve à sa malice. Et il redouble de rage quand il voit l'homme pleinement libéré; sa fureur s'enflamme quand on l'éteint. 8Comment ne serait-il pas navré de douleur en voyant, par le pardon mis à la portée de l'homme, tant d'œuvres de mort détruites, tant de titres, d'une condamnation qui fut son œuvre, effacés! Il songe avec douleur que lui et ses anges seront jugés par ce serviteur du Christ, pécheur. 9 C'est pourquoi il épie, il attaque, il assiège, espérant ou bien frapper ses yeux par la concupiscence de la chair, ou enlacer son âme dans les charmes du siècle, ou abattre sa foi par la crainte de la puissance terrestre, ou le détourner du droit chemin par des doctrines de mensonge; il n'épargne ni scandales ni tentations. 10 Prévoyant donc ses artifices

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