‹ L'édit de CallisteChapitre 90 sur 252 · Paen · texte numérisé non relu

Paen

TERTULLIEN, DE l'.VKNl TK.\ l 1A. 147

empoisonnés, Dieu, après que la porto du pardon s'est refermée sur le pécheur et que le verrou du baptême a été tiré, a voulu lui laisser encore une ouverture II a placé dans le vestibule la seconde pénitence, pour ouvrir à ceux qui frapperaient; mais seulement une fois, car c'est la seconde; jamais plus, parce que le précédent pardon es! resté sans fruit. u N'est-ce pas assez d'une fois? Vous avez déjà par delà votre mérite; car vous avez laissé perdre le bienfait reçu. Si l'indulgence du Seigneur vous accorde le moyen de réparer la perte, sachez-lui gré d'un bienfait renouvelé, ou plutôt d'un bienfait accru. 18 II y a en effet plus de générosité à redonner qu'à donner, comme il a plus de malheur à perdre qu'à n'avoir jamais reçu. Mais il ne faut pas se laisser énerver et abattre par le désespoir, si l'on se trouve avoir contracté la dette d'une seconde pénitence. '3 Ce qu'il faut craindre, c'est de retomber dans le péché, non de réitérer la pénitence; c'est de s'exposer encore au péril, non d'en sortir encore. En cas de rechute, il faut réitérer le traitement. n Le moyen de marquer au Seigneur votre reconnaissance, c'est de ne pas refuser la grâce qu'il vous offre. Vous l'avez offensé, mais vous pouvez encore faire votre paix avec lui. Vous pouvez lui donner satisfaction, il ne demande qu'à la recevoir.

Que nous apprend cette page, au sujet de la pénitence postbaptismale?

Le parallélisme des deux institutions, baptismale etpénitentielle, fournit ici l'entrée en matière et porte le développement, comme il porte d'ailleurs tout le développement du traité. Dès la première partie, d'introduction générale, nous avions rencontré la comparaison de l'épave et du naufragé, appliquée sans distinction à l'une ou à l'autre pénitence : le pécheur, désireux d'aborder au port du salut, doit se cramponner à cette épave1 : Eam tu peccator... ita invade, ita amplexare, ut naufragus alicuius tabulae fidem. ffaec te peccatorum fluctibus mersum prolevabit et in portum divinae clementiaeprotelabït. A la dernière page du traité, la même métaphore reparait, plus explicite. Il est question cette fois de ces deux planches de salut2 : Quid ego ultra de istis duabus hxunanae salutis quasi plancis? Tant il est vrai que le baptême et la pénitence nous sont présentés comme deux réalités de même ordre, comme deux institutions parallèles : ce que le baptême a fait, la pénitence peut le refaire. Telle est sa raison d'être, et Tertullien qui, dans cette page centrale de son traité, nous

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