‹ L'édit de CallisteChapitre 91 sur 252 · Paen., i, 2-3. — 2. Parn · texte numérisé non relu

Paen., i, 2-3. — 2. Parn

dépeint encore une fois le pécheur comme un naufragé luttant contre les flots, a pleine conscience de décrire deux institutions ecclésiastiques similaires, nous dirions aujourd'hui deux sacrements de l'Église, encore que le nom de sacrement ne se rencontre jamais, à cette époque primitive, appliqué à la pénitence.

Quel est le mécanisme de cette institution? Pour le décrire, Fauteur recourt encore à une double comparaison, maintenant le parallélisme du baptême et de la pénitence. C'est la comparaison des deux portes : la porte du pardon baptismal, ianua ignoscentiae, donnant accès dans l'Eglise, et cette autre porte, ou plutôt cette ouverture — aliquid adhuc permisit patere, — que Tertullien ne désigne pas autrement, mais dont il nous dit qu'elle est située dans le vestibule, et que la garde en est confiée à la seconde pénitence. Conlocavit in vestibulo paenitentiam secundam, guae pulsantibus patefaciat. Quel est ce vestibule? Évidemment celui de l'Église, où le pécheur demande à rentrer. Il était jadis entré dans l'Église par cette porte du baptême, que l'on ne franchit qu'une fois : maintenant qu'elle est fermée et verrouillée, il n'a plus qu'une ressource : recourir à la seconde pénitence, pour obtenir de passer par cette ouverture dont elle a la garde. Tout cela est d'une clarté extrême, et j'ai peine à comprendre que tel auteur allemand 1 ait cru devoir raffiner

1. M. Rolffs, Das Indulgenzedict des rômischen Biscliofs Kallist. p. 38 [TU., XI, 3, Leipzig, 1893), nous dit bien que cette porte n'est pas ianua ecclesiae, mais ianua ignoscentiae : « Die Busse nicht an die ianua ecclesiae, sondern an die ianua ignoscentiae gestellt ist ; ob dièse in die Kirche oder in das himmlische Heiligtum fiihrt, ist o-ar nicht gesagt, und es hangt eben davon ab. ob ignoscentia als eine That Gottes oder als eine Handlung der Gemeinde anzuselien ist, welche Gottes Vergebung dem Bussenden vermittelt. » — Cette exégèse n'a sûrement pas le moindre fondement dans le texte de Tertullien, qui distingue très clairement entre la ianua ignoscentiae et cet aliquid dont la seconde pénitence a la garde. Le ianua ignoscentiae est la porte du pardon baptismal : celle-là s'est refermée à tout jamais, elle est même verrouillée, — inlinctionis sera obstructa. Reste d'autre part cette porte basse de la seconde pénitence, aliquid adhuc permisit patere. Deux choses ressortent évidemment de ce texte : premièrement que les deux portes sont distinctes, et secondement qu'elles introduisent au même lieu. Le parallélisme d'Hermas,

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là-dessus. Étant donné tout le contexte et la marche générale du développement, ce n'est pas ici que nous découvrirons la trace d'un pardon divin indépendant de la réconciliation ecclésiastique. Toute la conception de Tertullien est ecclésiastique au premier chef, et l'Église, dispensatrice du baptême, est pareillement dispensatrice de ce succédané du baptême qu'on nomme la seconde pénitence.

Nous pouvons donc, à bon droit, à la suite de Funk luimême, écarter sa conception primitive, d'après laquelle il ne reconnaissait, dans le De paenitenlia, aucune trace de la réconciliation ecclésiastique. Mais nous allons nous trouver en présence de la seconde conception du même auteur, conception beaucoup plus fuyante. Elle peut se formuler ainsi :

Oui, il est question, dans cet opuscule, de réconciliation ecclésiastique. Mais dans quelle mesure? Voilà ce qu'on ne saurait préciser. Nous ignorons quels péchés étaient l'objet de la réconciliation ecclésiastique, quels autres étaient soustraits au ministère de l'Église et réservés au pardon divin. Tertullien ne s'est pas expliqué là-dessus, et nous n'avons pas le droit de supposer dans sa pensée un lien essentiel, que nulle part il n'indique, entre le pardon divin et la réconciliation ecclésiastique.

Cette nouvelle conception a rallié en France des suffrages considérables, notamment ceux de Mgr Batiffol et de M. l'abbé Vacandard.

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