Paen., 10, 6. Reproduit ci-dessus, p
2. Tel n'est pas l'avis de M. Rolffs, qui écrit, op. cit., p. 39 : « Wenn Tert. fragt : Ist es besser verdammt zu werden und verborgen zu bleiben als eine Schuld olïentlich zu bekennen und losgesprochen zu werden? so ist auch damit nur gesagt dass die Exomologesis die notwendige Bedingung fur die Erlangung der Absolution ist; ob dieselbe von der Gemeinde oder von Gott erteilt wird, ist nicht damit entschieden. » — Ce raisonnement aurait quelque force si Tertullien avait écrit : An melius est claninatum latere quam palam conpZteri et deincle absolvi. Mais il a écrit : quam palam absohi. On ne rendra jamais compte du palam absolvi, si l'on admet que tout se passe entre Dieu et l'àme. Le texte commenté par M. Rolffs n'est pas celui de Tertullien; naturellement le sens qu'il en tire n'est pas davantage c<lui de Tertullien.
TERTULLIEN, DE PAENITENTIA. 1G1
M. Esser a déjà fait valoir cette considération1 ; mais il n'a pas convaincu Funk, ni M. Vacandard. Je cite ce dernier - :
M. Funk l'ait aisément voir que dans le vocabulaire de Tertullien, et notamment dans les traités De paenitentia et De pudicitia, le mot restilutus, restituere n'a pas toujours le môme sens. Il signifie habituellement rétablir en grâce, rendre la grâce, ou même récupérer la grâce, mais rien de plus. Après avoir dit que le pécheur ne peut user qu'une fois de la pénitence seconde, Tertullien ajoute : « Le Seigneur en effet, dans son indulgence, donne le moyen de récupérer ce que tu as perdu », si tibi indulgentia Dominé accommodât undc restituas quod amiseras, et il continue : « Rendre, c'est plus que donner », mains est enim restituere quant dare. Manifestement dans ces deux cas restituere n'a pas le sens de réconciliation par le pouvoir des clefs. Le peccator restitutus dont parle M. Esser n'est donc pas nécessairement un pécheur rendu à la communion de l'Église. M. de Labriolle, qui ne connaissait pas l'étude de M. Funk, a traduit le nonne restituti peccatoris exemplum est par ;< n'est-ce pas là l'image du pécheur rendu à la grâce? » Quand on songe que dans le De paenitentia la pénitence est considérée, sinon uniquement, du moins principalement, comme un moyen d'expier le péché, de réconcilier le pécheur à Dieu, de lui faire recouvrer l'état de grâce, cette traduction semble bien préférable à l'interprétation tendancieuse du P. Esser.
Je regrette de le dire, cette argumentation repose sur une confusion matérielle , et elle se complique d'une pétition de principe. La confusion matérielle remonte à Funk; la pétition de principe doit être mise au compte de M. Vacandard.
Que dans le traité De paenitentia — réservons le De pudicitia — les mots restitutus, restituere n'aient pas toujours le même sens, rien n'est plus vrai, mais la preuve qu'en donne Funk prouve seulement qu'il n'a pas compris l'argumentation de M. Esser. En effet, M. Esser tirait argument non des mots restitutus, restituere, considérés isolément, mais de l'alliance de mots : restituere peccatorem. Funk lui oppose un texte où il est question non de restituere peccatorem, mais de restituere aliquid peccatori. 11 est clair que ces deux expressions présentent des acceptions totalement différentes du verbe restituere. Ces deux acceptions servent d'ailleurs ici à traduire des réalités voisines, et de là a pu naître la