‹ L'édit de CallisteChapitre 97 sur 252 · RCF., I. c, p · texte numérisé non relu

RCF., I. c, p

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entier en dehors de l'hypothèse d'un jugement ecclésiastique. Reste à faire la part de cette hypothèse. Comment s'y prend-on?

On commence par admettre — car il parait impossible de le nier — que le De paenitentia offre le pardon à tous les péchés. On ajoute qu'il l'offre par le moyen de l'exomologèse. On affirme que l'exomologèse suffit à effacer les péchés, au moins certains péchés, et particulièrement les péchés les plus énormes : car s'il en est que l'on songe à soustraire au jugement de l'Église, ce ne sont pas les plus légers, mais les plus graves. D'autre part on admet l'existence d'un jugement ecclésiastique. Donc, en somme, on admet deux institutions pénitentielles fonctionnant de conçoit, l'une en dehors du ministère ecclésiastique, l'autre sous forme de jugement ecclésiastique. Si l'on admet ce dualisme, ce n'est pas qu'on en ait relevé la trace dans le De paenitentia, mais c'est pour des raisons extrinsèques. Ces raisons extrinsèques font que, si l'on rencontre dans le traité des expressions juridiques, de soi applicables à la description du jugement ecclésiastique, on les détourne de cette acception pour les appliquer à la seule réconciliation avec Dieu en dehors du ministère ecclésiastique. Ces raisons extrinsèques font encore que si, à propos de l'exomologèse, on rencontre des expressions qui pourraient impliquer l'union de l'exomologèse et du ministère ecclésiastique pour intégrer une même institution pénitentielle. on repousse cette intégration et l'on maintient jalousement la diversité des deux institutions. Relevât, mundatum reddit, excusât, absolvit, voilà l'œuvre de la seule exomologèse. Quant au jugement eccléhi tique, on ne l'avait admis d'abord que pour lui dénier tous les traits sous lesquels il pouvait sembler décrit, et pour le volatiliser, en somme, au cours de l'exposition. Dès lors, à quoi bon l'avoir admis? Sommes-nous donc en présence d'une gageure .'

La vérité me semble plus simple.

Ni les appels qu'à diverses reprises l'auteur fait à L'Ancien restament, ni les paraboles évangéliques de la drachme perdue, de la brebis perdue, «le l'enfant prodigue, qu'il

développe avec beaucoup de chaleur'1, ne laissent percer l'intention de répartir les pécheurs en deux catégories, dont l'une aurait quelque chose à espérer en ce monde, l'autre uniquement dans l'autre.

Le seul moyen de parvenir à une conception viable semble être de renoncer franchement à ce dualisme, que ne recommande ni la tradition antérieure, ni le texte du De paenitentia, ni même — nous le verrons — celui du De pudicitia, et, puisque l'on fait tant que de reconnaître l'existence d'un tribunal ecclésiastique, de rapporter au fonctionnement de ce tribunal les termes juridiques dont le De paenitentia est semé. D'autant qu'à vouloir dissocier les effets de la sentence ecclésiastique et ceux de L'exomologèse, on perd évidemment sa peine. Arrêtons-nous encore aux derniers mots par lesquels Tertullien résume le rôle de l'exomologèse 2 : eum provolvit hominem, magis relevât; cum squalidum facit, mag is mundatum reddit; cum accusât, excusât; cum condemnat, absolvit. Si l'on veut entendre de la seule réconciliation au for intérieur le mot absolvit, on devra pareillement entendre de la seule réconciliation au for intérieur toute la série : relevât, mundatum reddit, excusât, absolvit. Et alor^, ne voit-on pas que cette série d'antithèses perd tout sens acceptable? Si le pécheur relevé, purifié, excusé, absous devant Dieu, demeure devant l'Église humilié, sordide, accusé, condamné, en un mot, si son exomologèse se prolonge, que signifie cette mise-en-scène extérieure qui a cessé de répondre à la réalité intérieure? Le De paenitentia ne nous le laisse pas deviner, et le De pudicitia ne nous mettra pas sur la voie, car il recommande l'exomologèse comme un moyen d'arriver au pardon, non comme l'état d'un pécheur pardonné. Il faut donc restituer à toute la série sa pleine valeur expressive, s'étendant au for intérieur comme au for extérieur. Par là seulement on attribuera un sens acceptable à l'exemple du roi de Babylone, que Tertullien montre rétabli sur son trône pour prix d'une longue pénitence 3 :

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