‹ L'Édit perpétuel, restitué et commentéChapitre 12 sur 176 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

tium). Sous ce rapport, Rome présente an phénomène unique.

On a prétendu que le pouvoir, laissé au Préteur, avait été le résultat d'un calcul, afin de donner à la législation une élasticité sans laquelle le progrès se fût difficilement accompli. Cette théorie ne repose sur aucun fondement; mais en revanche elle prête à ces Patres grossiers de la fin du II"'® siècle des aptitudes scientifiques peu en rapport avec leurs actes *•*". L'œuvre du Préteur, c'est la coutume qui prend un corps sous l'action bienfaisante des Jurisconsultes; mais jamais, dans aucun temps, dans aucun pays^ les Jurisconsultes n'ont, pour faire parler la coutume, usé de tels procédés; nulle part ils n'ont agi avec cette ténacité, avec cette audace à ciel ouvert que rien ne rebute, avec ce calme grandiose.

Montrer comment s'est accompli ce grand travail juridique, tel est, selon moi, le champ de l'enseignement historique et technique du Droit romain.

J'ai pensé que, pour atteindre ce but en ce qui me concernait, et en même temps pour donner aux jeunes gens un fil conducteur, à l'aide duquel ils pussent se diriger sûrement dans le dédale des Pandectes, il fallait refaire ce qu'ont fait, dès le II™* siècle, les Professeurs de Droit : adopter pour programme l'Édit perpétuel.

Je ne dirai que quelques mots de son histoire, qui est trop connue *".

La multitude d'Édits, publiés chaque année par les Préteurs depuis la création de cette Magistrature, et même antérieurement par ceux qui jus dicebant, avait jeté dans la législation la plus grande confusion. Déjà, à l'époque de

'^bii Voir t. II, n'>93i.

" Voir la note 27 in fine.

Page 1