XIV PRÉFACE
teux de cette condescendance, il s'écrie bien vite : justi
ATQUE IXJUSTI SCIENTIA'* !
Mais qaelie épopée que cette lutte soutenue pendant tant de siècles par les Jurisconsultes pour arriver à formuler une vérité aussi simple ?£t quels moyens il leur a fallu employer pour vaincre !
Ce fut par la procédure qu'ils pénétrèrent dans la place ; ils se forgèrent des armes comme les acHones fictUiœ, les bonorumpossessiones, les actiones in factum, les in irUegrum restUiUioneSj les Exceptions, les Interdits, les stipulations prétoriennes... et ces formules dans lesquelles un mot changé ou ajouté, fait souvent entrer comme de force l'équité dans la législation. Ce sont là tout autant de preuves de la vérité de cette proposition que l'idée de Justice est antiromaine.
Ce qui a rendu le Romain pillard et rapace, c'est la guerre.
La dureté, la cruauté et l'avarice tenai^t à sa nature. Il se passionnait pour les combats sanglants du Cirque. Il n'aurait rien compris aux jeux olympiques.
Ce qui explique sa disposition à la fourberie, c'est sa vie. Dans les murs de cette cité sont renfernfés deux peuples, Patriciens et Plébéiens, condamnés à vivre ensemble, parce que les premiers événements de leur histoire les rendent nécessaires l'un à l'autre : les Plébéiens n'ayant rien, sans les Patriciens, de ce qu'il leur aurait fallu pour constituer ailleurs une société régulière reconnue par les autres cités italiques; les Patriciens, ayant besoin, pour leurs guerres continuelles, des Plébéiens qui fournissaient des soldats à leurs armées. Mais en même temps les Patri-
" Ulpien, L. 10. D. deJust. et jur. (i.l).