T. I. II
XVllI PREFACE.
Enfin, sous prétexte que cette loi est d'essence divine, jamais aucune proposition ne sera faite pour la modifier, encore moins pour l'abroger. On touchera à la procédure; et encore faut-il venir jusqu'à Tannée 520 pour trouver la Loi ^butia qui commence Tabrogation des actions de là Loi, dont le caractère, loin de s'eflFacer, continue à vivre dans le système formulaire. Tout cela convient si bien au génie Romain !
Déjà ce changement est dû à l'action des Jurisconsultes, qui sera désormais d'autant plus active et plus féconde que les formes lui présenteront moins d'obstacles et plus de ressources. Cette action dure cinq siècles, de la création de la Préture en 387 U. C. à la publication de l'Édit perpétuel en 131, Ë. Y. et sans se démentir jamais.
Toutefois cette lutte de Thonnêteté juridique contre les vices du caractère des Quirites ne suffit pas à elle seule à donner la raison de la formation du Droit romain. Pour l'avoir, il faut la chercher aussi dans un autre domaine.
Sans doute les vices du caractère romain ont été un des éléments de cettfi longue évolution; mais à côté d'eux il importe de constater en lui des qualités, dont ils étaient en quelque sorte la contrepartie.
Ce qui caractérise surtout le Romain, jugé par les phases successives de son histoire, c'est une logique inflexible. Lorsqu'il a posé une règle, un principe, un fait, il en poursuit le développement, jusqu'à ses conséquences les plus extrêmes, avec une ténacité que rien ne rebute, que même rien n'émeut.
C'est là ce qui a fait le succès de Rome.
Jamais un Romain n'a reculé devant l'accomplissement d'un devoir civique, quelque cruel que fût l'acte que ce