CHAPITRE II
le systèmc des modes employés dans le vespéral manque d'uniformité.
Nous nous étendrons peu sur l'emploi de certains modes dans le Vespéral et sur le défaut d'unité dans le système suivi pour leur indication.
On sait cpie plusieurs morceaux de l'Antiphonaire grégorien ont été depuis longtemps entachés de quelques incorrections '. Les auteurs du moyen âge. comme Àgobard, Gui d'Arczzo, saint Bernard, signalent et exagèrent même ces imperfections. Il est facile de comprendre que les copistes ont pu les reproduire dans les manuscrits et qu'on en retrouve dans certains livres imprimés. Toutefois une édition qui se donne pour modèle aurait dû les corriger.
Nous signalerons à l'éditeur de Ratisbonne comme gravement rcpréhensible, l'Antienne Sancta Maria de la Sainte Vierge. Cette admirable mélodie, une des plus touchantes expressions de la prière dans I Office du soir, est dans tous nos livres du ivc mode, et justifie certainement l'épithèle de « harmonicus -•> donné à ce mode par l'école. Le Vespéral de Ratisbonne ne se contente pas de la déformer d'un bout à l'autre, il l'écrit encore sur le premier mode.
.Mais ce que nous allons relever a une tout autre gravité.
On reconnaît généralement dans les traités de chant grégorien huit modes différents, ayant leurs formules spéciales pour les antiennes et répons, et aussi pour la psalmodie.
1. Par exemple le Graduel Bcncdicla des fêles de la Sainte Vierge, nolé parlois du iv° mode an lieu du 1".