LA NOTATION DU VESPÉRAL N'EST PAS CONFORME A CELLE DU GRADUEL
Le Vespéral de Ratisbonne diffère du Graduel, non seulement quelquefois et d'une manière liés grave parle texte musical, ainsi que nous l'avons montré pour les Répons
Il.rr Diesel Christus; mais il s'en écarte continuellement
par le système de notation employé.
Il est évident, pour qui ouvre ces deux volumes au hasard, qu'on s'est empressé de les reproduire tels qu'on les a trouvés imprimés, sans chercher s'ils formeraient un ensemble : et comme ils ne provenaient ni de la même main ni de la même époque, ils étaient écrits dans des systèmes différents.
C'est ce qui apparaît surtout à l'endroit de la notation des pénultièmes des mots dactyliques.
.Moins que d'autres nous nous sentons disposé à nous plaindre de l'emploi de plusieurs notes sur les pénultièmes brèves ; nous savons trop que tout le moyen âge ne distinguait pas ces syllabes des précédentes ou des suivantes.
Nous constatons au contraire que le déplacement amené dans les notes par l'observation récente des pénultièmes brèves, a souvent été fait au détriment de la période musicale, et a rompu des groupes neumatitjues toujours respectés autrefois.
Mais, ce système admis à tort ou à raison depuis le seizième siècle ayant été pratiqué en particulier d'une façon absolue clans le Graduel de Ratisbonne, ne fallait-il pas l'introduire dans le Vespéral? Commentfaire entendre aux chantres que ce qui est vrai le matin cesse d'être vrai le soir ? La Commission chargée de réviser si minutieusement les livres de Ratisbonne n'a vu là aucune difficulté, ci après avoir édité un Graduel qui observait scrupuleusement les pénultièmes brèves, elle a donné un Vespéral qui gardait à cet endroit la plus complète indifférence.
Ici nous sommes einluirassé pour citei, car ou peut affirmer que toutes les pages du volume contiennent des exemples de cette contradiction. Taudis qu'on lit au Graduel (p. 276):
Ë^EËSEiËËiËÏËÏ!
:il=izi:
ïiEEE
Non vos re-linquam orphanos : vc - ni-ani ad vos... sur dos paroles semblables le Vespéral dira (p. 200)
Ç^. J—mL..
lj&*M=USE±JËM^t-l
Non vos re-linquam or-pha-nos... et ve-ni-o ad
vos...
On peut se faire une idée de ce genre de notation par les passages suivants : on verra aux mêmes mots ici une seule note carrée, plus loin deux ou trois notes carrées sur la pénultième brève :
te
Il-le Spiri -tus Spiri-tu Sancto. Spi - ritus Do-mini.
LT^riï~^=I^îe:fîrg^rli|^
Domi-ne vir-tutum... ho-di-c. Ho-di-e... Ilo-di - e.
Dans l'édition précédente du Vespéral, si soigneusement revue pourtant, c'était plus complet. Alors que plusieurs notes carrées couvraient telle pénultième brève, des syllabes longues ou indifférentes pour l'accent ne portaient qu'une note losange : on peut en juger encore dans VOfficium Hebdomadas sanctse cl le Dircclorinm Cliori, qui sont à corriger.
Vesp. p. 187 (éd. 1875) (Semaine Sainte, p 502). Vesp 1875, p. 201,
^^TJniTlTrTJ *^M~. . ■ f j
Qui - a vidisti me. Et respi-ci- en-tes. Cumque in-tu-
et Direct. Chori p. 213. Vesp. p. 249.
erentur. Non est qui conso-letur c - am.
L'éditeur a modifié ces leçons dans le Vespéral de 1879 (ce qui montre qu'il les désapprouvait) ; mais il laisse subsister dans tout le volume des passages analogues : on ne saurait être plus inconséquent. S'il voulait reproduire l'antiquité, il devait résolument avec elle, partout où les manuscrits les indiquent, garder plusieurs notes sur les pénultièmes brèves, mettre, par exemple, comme dans le manuscrit de Cbàlons (Bibl. de l'Arsenal, à Paris, n° T>95), aux l'êtes de Noël et de l'Annonciation :
Parvu-lus Fi-li - us. Apud Pomi-num... Ne time-as. et non pas :
Par-vulus. Apud Do-minum. Ne time-as.
Il ne devait pas intercaler dans son Vespéral des offices nouveaux où il n'y aurait constamment (prune losange sur la pénultième brève; il ne devait pas cnlin publier à la fois deux livres destinés à se suivre, écrits le premier dans un système et le second dans un autre entièrement opposé.
Agir ainsi, cela s'appelle ne pas savoir ce que l'on veut.