‹ L'édition de plain-chant de RatisbonneChapitre 14 sur 20 · P. Lambillotte, Esthétique, p · texte numérisé non relu

P. Lambillotte, Esthétique, p

en plus, une variante d'un la pour un sol sur la première syllabe du second vers, ce qui ajoute une incorrection nouvelle :

pp

49, [611 et [671.

Te lu-cis ante terminum, re-rum Cre-a-tor poscimus.

pp [98] et 20G .

Praicla -ra Custos Virginum, intacta mater nu-minis.

Notons encore les hymnes qui présentent l'intervalle condamné de la quarte si-fa ou triton, appelée autrefois diabolvs in musica. Tandis qu'au Graduel cet intervalle est poursuivi impitoyablement jusque dans les endroits où le moyen âge ne s'en choquait point, comme au Lauda Sion, par exemple, dont la mélodie est altérée par l'introduction d'un bémol, au Vespéral il reparaît dans les hymnes suivantes :

Martinœ celebri, p. 298; Te Joseph célèbrent, 514; Festivis resonent, 584 ; Custodes hominum, 461 ; Sanctorum meritis [24]; Qusenam linguatibi, o Lancea [120].

Voici le passage fautif si souvent répété :

fr 1 ' * » 1 ■iTM=g=1~~JTïiT

Cives Romule - i, plaudite glo-ri-œ

II. Quelques hymnes du Vespéral de Ralisbonne s'écartent considérablement des types reçus par la tradition. Quelquefois le motif mélodique adopté diffère absolument

de tous ceux que les anciens livres portent, mais plus souvent encore, en gardant le fond de la mélodie traditionnelle, les hymnes de Ratisbonne en altèrent sensiblement le dessin ou la tonalité.

Parmi les hymnes dont la composition s'éloigne des formules grégoriennes, il faut placer généralement celles des nouveaux offices. Je désignerai : Regali solio de S. Ilerménigilde,p. 5-9, indiquée du troisième mode, et qui est plus rapprochée du ton de la mineur de la musique; elle est répétée sur d'autres paroles aux pages 491, [14] et [161]; l'hymne de Sainte Elisabeth, p. 594, indiquée du premier mode , et 0 quot undis lacrymarum des Sept Douleurs, p. 445, marquée du deuxième mode, où l'on voit des passages plus musicaux que grégoriens, comme ceux-ci, par exemple :

Fortis inopsque De- o servi-re regno protulit.

q-^-bMn-i=3-«-^-j— =

O quot un-dis lacrymarum.

Dans la classe des hymnes de Ratisbonne qui ont modifié le dessin mélodique généralement adopté, nous citerons le Vexilla régis, de la Passion, et ses répétitions sur d'autres paroles.

La plus altérée de ces compositions est certainement celle du Pange lingua du S. Sacrement. Les manuscrits anciens que nous avons vus portent cette hymne du troisième mode sur un chant que toutes nos éditions ont reproduit à peu de chose près. Le Vespéral de Ratisbonne l'a placée sur le

premier mode et sur un air qui est la parodie du pré cèdent.

Je sais bien que le Pange lingua débute de la sorte dans la première édition du Directorium chùri (1582). 11 se peut que les livres de Venise l'offrent ainsi défiguré; mais nous ne pourrions accepter ce remaniement malheureux de la musique du treizième siècle, sans protester énergiquement au nom du respect dû à la tradition.

Déjà, au Vendredi saint, nous avions vu le Graduel de Ratisbonne remplaçant par cet air, plus que médiocre, la splendide mélodie de l'hymne de Fortunat : Pange lingua gloriosi prœlium (lauream) certaminis. Maintenant, dans le Vespéral, on va nous le répéter sous diverses paroles aux pp. 224, [129], [150].

Le critique cité déjà, l'abbé Th. N., fait ressortir les petites divergences qu'un examen attentif découvre dans ces répétitions1; mais ce que nous allons montrer au lecteur lui permettra de mieux juger du prétendu soin apporté à l'arrangement des hymnes du Vespéral.

On y a appliqué le chant du Pange lingua à l'hymne de la Dédicace Cœlestis urbs Jérusalem [52].

Personne n'ignore que les hymnes retouchées sous Urbain "VIII diffèrent du texte ancien. Celle de la Dédicace est une des plus remaniées. Elle commençait ainsi autrefois :

Urbs bcata Jérusalem2,

Dicta pacis visio, Qiisd construitur in cœlis Vivis ex lapidibus, Et angelis coronata Ut sponsata comité.

i. Que faut-il penser des nouveaux livres de chant de Ratisbonne? p. 51.

Page 1