Alias : Urbs Jérusalem beata
C'était là le mètre appelé trochaïque, et bien qu'il existât dans certains anciens livres un chant particulier pour cette hymne, le même que nous gardons aujourd'hui, le Directerium chori la plaçait sur l'air du Pange lingua : la mesure le permettait alors, le Pange lingua étant également trochaïque. Mais l'hymne réformée par Urbain VIII
Cœlestis Urbs Jérusalem lieata pacis visio, etc.,
est devenue iambique, le rhythme en a été complètement changé. 11 fallait donc en modifier aussi la mélodie, ou du moins on ne pouvait pas lui appliquer, sans la torturer, celle du Pange lingua qui, lui, a gardé le rhythme précédent.
La Commission de Rome ne s'en est pas aperçu, et elle a maintenu sur le mètre nouveau le chant fait pour le mètre ancien (p. [52]), allongeant, raccourcissant la mélodie qui va boitant ainsi d'un bout à l'autre.
111. Notre dernière remarque sur les hymnes de Ratisbonne, c'est le défaut de similitude qui se rencontre dans les répétitions du même chant. Toute édition bien revue doit éviter ces négligences qui choquent l'œil et l'oreille, et qui, à un moment donné, amèneraient une pitoyable cacophonie.
Et puisque nous venons de parler de la composition déplorable du Pange lingua et de son application, contentons-nous d'inviter les amateurs de vrai chant grégorien à essayer le trio suivant :
Pange, lingua, glori -o-si Cor-poris myste-ri- um.
Pange, lingua, glori- o -si, lau - re- am certa -minis,
Cœ-lc -stis urbs Jeru-salem be-ata pacis vi-si-o.
Pour en finir avec les hymnes de Ratisbonne par le dernier mot, nous avouons ne rien comprendre non plus au système de notation si varié des Amen qui les terminent. Dans le même degré de fête, dans le même mode de chant, il y a tantôt sept notes, tantôt six, tantôt quatre, tantôt deux; tantôt des carrées seulement, tanlôt des losanges : il y en a largement pour tous les goûts, excepté pour ceux qui ont le goût de l'unité.
A - men. A - men. A - men. A-men. Amen!!!