DU DÎNER
Les enfants sont assis à côté et devant chacun leur maître, qui leur distribue ce qui a été servi, après qu'ils ont mangé leur potage, chacun dans son écuelle particulière l. On tâche de les accoutumer à n'affecter pas une délicatesse incommode, et à manger toujours proprement.
Durant le dîner on lit toutes sortes d'histoires, telles que sont celle des Juifs par Josèphe, celle de l'Église par M. Godeau, celle de France, l'histoire romaine, et autres semblables. Rien ne s'est trouvé être si utile, et il est surprenant que des enfants qui sont appliqués à manger ne perdent presque rien de ce qui se lit.
Les fêtes et les dimanches, on lit quelques livres de
1. Une chanson de M. de Coulanges nous apprend que ce usage était assez récent.
Avis aux pères de famille :
Jadis le potage on mangeoit Dans le plat sans cérémonie, Et sa cuillière on essuyoit Souvent sur la poule bouillie :
Dans la fricassée autrefois On saussoit son pain et ses doigts Chacun mange présentement Son potage sur son assiette.
piété, tels que sont quelques-unes des belles traductions qu'on a faites, les Instructions chrétiennes, les Confessions de saint Augustin, et autres semblables.