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3. Epictète, philosophe grec stoïcien, du premier siècle après Jésus-Christ. Abstiens-toi, résigne-toi, tels étaient les deux principes de sa morale. Voir la belle étude de M. Martha sur la Vertu stoîque, personnifiée dans cet esclave, qui fait autant honneur à l'humanité que le sage empereur Marc-Aurèlc (Les moralistes tous Vempire romain, p. 155 .
monde qui ait mieux connu les devoirs de l'homme. Il veut, avant toutes choses, qu'il regarde Dieu comme son principal objet, qu'il soit persuadé qu'il fait tout avec justice, qu'il se soumette à lui de bon cœur, et qu'il le suive volontairement en tout, comme ne faisant rien qu'avec une grande sagesse; qu'ainsi cette disposition arrêtera toutes ses plaintes et tous ses murmures, et préparera son cœur à souffrir tous les événements les plus fâcheux. Ne dites jamais, dit-il : j'ai perdu cela; dites plutôt : je l'ai rendu; ma femme est morte, mais : je l'ai rendue; et ainsi des biens et de tout le reste. Mais celui qui me l'ôte est un méchant homme, dites-vous. De quoi vous mettez-vous en peine par qui celui qui vous l'a prêté vienne vous le redemander1? Pendant qu'il vous en permet l'usage, ayez-en soin comme d'un bien qui appartient à autrui, comme un homme qui fait voyage se regarde dans une hôtellerie. Vous ne devez pas, dit-il, désirer que les choses qui se font se fassent comme vous le voulez, mais vous devez vouloir qu'elles se fassent comme elles se font. Souvenez-vous, dit-il, que vous êtes ici comme un acteur, et que vous jouez votre personnage dans une comédie, tel qu'il plaît au maître de vous le donner. Soyez sur le théâtre autant de temps qu'il lui plaît; paraissez-y riche ou pauvre selon qu'il l'a ordonné. C'est votre fait de jouer bien le personnage qui vous est donné; mais de le choisir, c'est le fait d'un autre. Ayez tous les jours devant les yeux la mort et les maux qui semblent les plus insupportables, et jamais vous ne penserez rien de bas, et ne désirerez rien avec excès.
« Il montre en mille manières ce que doit faire l'homme. Il veut qu'il soit humble,- qu'il cache ses bonnes résolutions, surtout dans les commencements, et qu'il les accomplisse en secret. Rien ne les ruine davantage que
1. C'est vraiment trop de résignation. Cette espèce de fatalisme ne mettrait-elle pas bien à l'aise les assassins et les voleurs» transformés en agents de la Providence?
do les produire. Il ne se lasse point de répéter que toute l'étude et tout le désir de l'homme doivent être de reconnaître la volonté de Dieu et de la suivre l.
« Voilà, Monsieur, les lumières de ce grand esprit, qui a si bien connu le devoir de l'homme. J'ose dire qu'il mériterait d'être adoré s'il avait aussi bien connu son impuissance, puisqu'il fallait être Dieu pour apprendre l'un et l'autre aux hommes. Aussi, comme il était terre et cendre, après avoir si bien compris ce qu'on doit faire, voici comme il se perd dans la présomption de ce que l'on peut. Il dit que Dieu a donné à tout homme les moyens de s'acquitter de toutes ses obligations; que ces moyens sont toujours en notre puissance; qu'il ne faut chercher la félicité que par les choses qui sont toujours en notre pouvoir, puisque Dieu nous les a données à cette fin; qu'il faut voir ce qu'il y a en nous de libre; que les biens, la vie, l'estime, ne sont pas en noue puissance et ne mènent pas à Dieu, mais que l'esprit ne peut être forcé à croire ce qu'il sait être faux, ni la volonté d'aimer ce qu'elle sait devoir la rendre malheureuse; que ces deux puissances sont donc libres pleinement, et que par elles seules nous pouvons nous rendre parfaits; que l'homme peut parfaitement, par ces puissances, connaître Dieu, l'aimer, lui obéir, lui plaire, se guérir de tous ses vices, acquérir toutes les vertus, se rendre ainsi saint et compagnon de Dieu. Ces principes, d'un orgueil diabolique, le conduisent à d'autres erreurs : par exemple, que l'âme est une portion de la substance divine; que la douleur et la mort ne sont pas des maux; qu'on peut se tuer quand on est si persécuté qu'on peut croire que Dieu nous appelle, etc.
« Pour Montagne, dont vous voulez, Monsieur, que je
vous parle, étant né dans un état chrétien, il fait pro-
ion de la religion catholique, et en cela il n'a rien