‹ L'Éducation à Port-RoyalChapitre 24 sur 59 · Voir l'Introduction, p · texte numérisé non relu

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du fumier, d'où il s'élevait même une noire fumée, qui pouvait obscurcir la foi chancelante de ceux qui les lisent; que, par cette raison, il conseillerait toujours à ces personnes de ne pas s'exposer légèrement à ces lectures, de peur de se perdre avec ces philosophes, et de devenir la proie des démons et la pâture des vers, selon le langage de l'Ecriture, comme ces philosophes l'ont été.

« Pour l'utilité de ces lectures, dit M. Pascal, je vous dirai tout simplement ma pensée. Je trouve dans Epictète un art incomparable pour troubler le repos de ceux qui le cherchent dans les choses extérieures, et pour les forcer à reconnaître qu'ils sont de véritables esclaves et de misérables aveugles; qu'il est impossible qu'ils trouvent autre chose que l'erreur et la douleur qu'ils fuient, s'ils ne se donnent sans réserve à Dieu seul. Montagne est incomparable pour confondre l'orgueil de ceux qui, sans la foi, se piquent d'une véritable justice; pour désabuser ceux qui s'attachent à leurs opinions, et qui croient, indépendamment de l'existence et des perfections de Dieu, trouver dans les sciences des vérités inébranlables; et pour convaincre si bien la raison de son peu de lumière et de ses égarements, qu'il est difficile, après cela, d'être tenté de rejeter les mystères parce qu'on croit y trouver des répugnances : car l'esprit en est si battu, qu'il est bien éloigné de vouloir juger si l'Incarnation et le mystère de l'Eucharistie sont possibles; ce que les hommes du commun n'agitent que trop souvent. Mais, si Épictète combat la paresse, il mène à l'orgueil, et il peut être très nuisible à ceux qui ne sont point persuadés de la corruption de toute justice qui ne vient pas de la foi.

« Montagne est absolument pernicieux à ceux qui ont quelque pente à l'impiété et aux viees. C'est pourquoi ces lectures doivent être réglées avec beaucoup de soin, de discrétion et d'égard à la condition et aux mœurs de ceux à qui on les conseille1. Il me semble seulement

l.Mme <le Sévigné recommande à Mme deGrignan de ne pas laisser sa tille Pauline « mettre son petit nez ni dans Montaigne,

qu'en les joignant ensemble, elles ne pourraient réussir mal, parce que l'une s'oppose au mal de l'autre. Elles ne peuvent donner la vertu, mais seulement troubler dans les vices; l'homme se trouvant combattu par les contraires, dont l'un chasse l'orgueil, et l'autre la paresse; et ne pouvant reposer dans aucun de ces vices, quoiqu'il ne puisse aussi les fuir tous. »

Ce fut ainsi que ces deux personnes d'un si grand esprit s'accordèrent enfin au sujet de la lecture de ces philosophes, et se rencontrèrent au même terme, où ils arrivèrent néanmoins d'une manière un peu différente : M. de Saci y étant venu tout d'un coup par la seule vue du christianisme, et M. Pascal n'y étant arrivé qu'après beaucoup de détours, s'attachant aux principes de ces philosophes.

(Fontaine, Mémoires, t. III, p. 77.)

D'une nouvelle méthode pour apprendre à lire facilement en toutes sortes de langues *.

Cette méthode regarde principalement ceux qui ne savent pas encore lire.

ni dans Charron.... Il est bien matin pour elle. » (1690.) Mais comme elle a senti le charme de l'auteur des Essais! « Ah! l'aimable homme! Qu'il est de bonne compagnie! C'est mon ancien ami; mais, à force d'être ancien, il m'est nouveau. » (6 oct. 1679.) \. M. Cousin a publié une lettre inédite de Jacqueline Pascal (26 octobre 165o) d'où il résulte que la méthode de lecture dite de Port-Royal doit être attribuée à Pascal. « ... Nos mères m'ont commandé de vous écrire afin que vous me mandiez toutes les circonstances de votre méthode pour apprendre par le B, C, D, E, où il ne faut pas que les enfants sachent le nom des lettres; car je vois bien comment on peut leur apprendre à lire, par exemple Jesu, en faisant prononcer Je e, ze u\ mais je ne vois pas comment on leur peut faire comprendre facilement que les lettres finissantes ne doivent point ajouter d'e; car naturellement sui-

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