V. De la confession
.... On ne fera point aller si tôt ni si souvent les plus jeunes à confesse; on attendra pour les moins âgées, à les y faire aller, qu'elles soient raisonnables et qu'elles témoignent vouloir se corriger de leurs petits défauts, n'y ayant rien tant à craindre que d'y faire aller les enfants si jeunes sans y voir quelque changement, et on doit au moins attendre qu'elles aient persévéré quelque temps à mieux faire....
Nous prenons bien garde si les enfants font profit de la confession avant que de leur permettre d'y retourner, et, quand elles ont fait quelques fautes considérables, nous les exhortons d'y satisfaire auparavant, et si elles ont la confiance de nous le dire, ce qui est le plus utile, nous leur proposons de faire quelques satisfactions selon la grandeur de leur faute, mais particulièrement des choses qui les mortifient et qui soient opposées à leur faute 2. Comme, par exemple, si elles avaient
blir dans les enfants le sentiment de l'honneur; elle déprave au lieu de corriger.
1. C'était exiger des enfants bien de la perfection que de. leur imposer une corvée qui risquait d'ailleurs d'être peu sincère.
2. C'est un des points importants de la réforme morale de Saint-Cyran. 11 trouvait indigue qu'il parût suffisant à des chre-
blessé la charité qu'elles doivent à leurs sœurs, on fera qu'elles les servent et leur rendent tous les devoirs de charité avec plus d'onction et de douceur; et si cela avait paru, on leur fait demander pardon et à celle qui aurait été offensée et à celles qui l'ont vu : on leur fait aussi faire quelques prières pour celles qu'elles ont offensées. On fera en sorte qu'elles ne retournent point à confesse que leur cœur ne soit véritablement humilié et qu'elles n'aient regret d'avoir offensé Dieu. On fera ainsi sur tous les défauts principaux que les enfants commettent, afin qu'elles ne fassent pas leurs confessions par routine, ce qui est fort à craindre pour toutes sortes de personnes, mais particulièrement pour les enfants....