VI. Des lectures
Les livres dont on se sert pour les instructions des enfants sont l' Imitation de Jésus-Christ, Grenade, la Pli ilothèe, Saint Jean Climaque, la Tradition de l'Église, les Lettres de M. de Saint-Cyran, la Théologie familière, les maximes chrétiennes qui sont dans les Heures, les Lettres d'un Père chartreux, traduites depuis peu, les Méditations de sainte Thérèse sur le Pater, et autres livres qui ont pour but de former une vie vraiment chrétienne. Pour la lecture qu'une d'elles fait après vêpres, on peut se servir d'autres livres, comme de quelques lettres de saint Jérôme, de Y Aumône chrétienne, de quelques endroits du Chemin de perfection de sainte Thérèse, comme aussi des Fondation* en ce qui regarde l'histoire des vies des Pères du désert et d'autres vies de saints et de saintes qui sont dans les livres particuliers.
Nous faisons nous-mêmes toutes les lectures qui se font en général, hormis celle d'après vêpres, mais nous y sommes toujours présentes pour leur expliquer ce
tiens d'aller «lire à un prêtre leurs fautes, et de se croire quittes envers Dieu et envers leur conscience pour avoir récité ensuite quelques prières en guise de pénitence, sans réformer Je moins du momie leur conduite. (Voir Introduction, p. 12 et 73, la violente sortie d'Arnauld contre cet abus.)
qu'on leur lit, et leur parler dessus. On doit avoir pour but de les accoutumer à ne point entendre les lectures dans un esprit de divertissement ni de curiosité, mais avec désir de se les appliquer ; et il faut pour cela que la manière de les leur faire comprendre aille bien plus à les rendre bonnes chrétiennes, et à les porter à se corriger de leurs défauts qu'aies rendre savantes....
Aux lectures que nous ne faisons pas nous-mêmes, nous leur marquons ce qu'elles doivent lire, et il ne leur est pas permis de changer ni d'endroit, ni de livres; car il se rencontre peu de livres où il n'y ait quelque chose à faire passer.
A la lecture d'après vêpres, il leur est permis et même ordonné de faire de continuelles questions sur tout ce qu'elles n'entendent pas, pourvu que ce soit avec respect et humilité, et on leur apprendra, en leur répondant, la manière de s'appliquer cette lecture pour la correction de leurs mœurs. Si en lisant on voyait qu'elles ne fissent point de demande sur quelque chose que l'on croit que la plupart n'entendent pas, on leur demandera si elles l'entendent, et, si on voit qu'elles ne peuvent répondre, elles seront reprises de demeurer dans l'ignorance, puisqu'on leur a ordonné de se faire instruire sur tout ce qu'elles ignorent.
Aussitôt que la lecture est finie, on reprend le livre. Car nous ne leur laissons point d'autre livre dans le particulier que leurs Heures, la Théologie familière, les Paroles de Notre-Seigneur, une Imitation de Jésus- Christ et un Psautier latin et français. Tous leurs autres livres sont entre les mains de leur maîtresse, ce qu'elles trouvent fort bon, ayant reconnu que cela leur est plus profitable et que les lectures les p'us saintes ne leur servent de rien quand elles se font par curiosité....
Il ne leur est jamais permis d'ouvrir un livre qui n'est pas à elles, ni de les emprunter les unes des autres sans une permission de leur maîtresse, qui se donne rarement, pour éviter beaucoup de petits désordres que causent ces emprunts.