THÉORIE LITTÉRAIRE DE SAINT-CYRAN
bien aise de l'avoir. Il chargea M. de Saci de l'instruction d'un petit garçon qu'on lui avait ôté dans sa prison, pour la conduite duquel il lui écrivit deux belles lettres, où c'est une chose admirable de voir avec combien de soin et d'exactitude il descend dans le détail des moindres choses; et depuis qu'il eut mis cet enfant auprès de moi, il voulut encore que M. de Saci eût soin de lui les matinées, parce que j'étais occupé à l'église l. Quand M. Arnauld se fut mis sous sa conduite, il lui proposa de prendre soin d'un jeune marquis qui témoignait vouloir se retirer du monde. Enfin on sait qu'il a appliqué les uns et les autres, en toutes rencontres, à cet emploi.... (Lancelot, Mémoires touchant la vie de M. de Saint-Cyran, t. II, p. 330.)
Théorie littéraire de Saint-Cyran.
Si M. de Saint-Cyran avait un grand zèle pour voir défendre la vérité, il n'était pas moins religieux dans la manière dont il voulait qu'on entreprît sa défense. Ce qu'il en a écrit en diverses lettres 2 me dispenserait presque d'en parler ici, si je ne croyais ce point trop important, et si je n'avais encore appris de lui diverses choses sur ce sujet, dont je me ferais conscience de ne point parler.
La première maxime que M. de Saint-Cyran posait pour fondement sur cela, était de n'écrire jamais que dans les engagements qui venaient de Dieu, et il disait que le temps auquel on devait publier une vérité ou la défendre était quelquefois plus difficile à connaître que la vérité même. Il croyait néanmoins qu'on y était obligé