‹ L'Éducation à Port-RoyalChapitre 9 sur 59 · Lancelot était chargé des fonctions de sacristain · texte numérisé non relu

Lancelot était chargé des fonctions de sacristain

2. C'est principalement dans les lettres qui s'adressaient à M. Arnauld, et qui portent en titre : A un ecclésiastique de ses

v. Elles sont dans le IIe et le IIIe tome de l'édition de 1619.

lorsqu'on la voyait attaquée par ses ennemis, ou qu'il y avait quelques âmes qui désiraient de s'en instruire. Il disait qu'alors Dieu conduirait notre plume et dirigerait nos pas ! ; au lieu qu'il n'y avait rien de plus dangereux que de s'avancer de soi-même, et que rien ne portait plus à l'égarement et à l'erreur qu'une telle témérité, quelque esprit naturel et quelque étude qu'on pût avoir. C'est ce qu'il faisait voir par les livres d'Origène 2 touchant les principes, où il avait voulu traiter des questions plus curieuses que nécessaires. Et il disait toujours : Qui a semetipso loquitur gloriam propriam quœrit (Celui qui parle de lui-même cherche sa propre gloire); faisant attention à ce qui est dit au même lieu, qu'il n'y a que celui qui est soumis à la volonté de Dieu qui puisse connaître la vérité, comme il n'y a que celui qui cherche uniquement sa gloire qui soit véritable et exempt de toute injustice.

Ce n'était pas assez que l'engagement fût légitime; M. de Saint-Cyran voulait encore qu'on ne s'y comportât pas d'une manière trop humaine 3, comme s'il n'eût été

1. « Je l'ai vu souvent, raconte Lancelot, après s'être élevé comme un aigle en nous parlant, s'arrêter tout court : « Ce <•• n'est pas que je ne trouve rien à dire, mais c'est, au contraire, « parce qu'il se présente trop de choses à mon esprit; et je regarde « Dieu pour voir ce qu'il est plus à propos que je vous dise. » Ainsi, ses paroles aussi bien que ses lectures, en un mot toute sa vie devenait une oblation continuelle à Dieu, ne faisant et ne disant rien de lui-même, et regardant toujours cet Esprit-Saint dans une humilité profonde, afin de n'agir qu'en lui et par lui. » (Mémoires, 1er vol., p. 45.)

2. Origène, d'Alexandrie (185-234), docteur de l'Église, auteur de Commentaires sur l'Écriture sainte, d'une Apologie du christianisme contre Celse, d'un traité contre les hérésies, intitulé Phi" losophumena. Plusieurs de ses opinions ont été condamnées.

3. Les disciples de Saint-Cyran n'ont pas toujours été assez fidèles à suivre cet important conseil. Lancelot en fait sincèrement l'aveu : « Peut-être, dit-il, que la manière dont on a agi pour défendre la vérité n'a pas été assez pure, et que les moyens qu'on y a employés ont été ou trop précipités ou trop peu concertés, ou même trop humains.... L'on gâte quelquefois plus les affaires de Dieu en se remuant trop qu'en demeurant en un

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