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où je suis, j'ai vu de bien grands spectacles dans ma vie, mais jamais je ne me suis senti plus ému que lorsque je rencontre dans les ruës de nos grandes villes ou sur les chemins de nos villages ces humbles religieux et religieuses, escortés d’une procession d'enfants confiés à leurs soins délicats. Et pourquoi ? Estce tout simplement parce que sur ces joyeuses etriantes figures je reconnaismon sañg ou celui. de mes amis ? Un peu pour cela sans doute, mais beaucoup pour autre chose aussi. Est-ce encore parce que dans cette jeunesse je vois. l'avenir de la société et que naturellement.
je me demande ce que sera cet avelir, ce:
que sera Cette société ? Sans doute il y a là de: quoi impressionner l'esprit de tout homme:
public. Mais ce qui me frappe et in’émeut.
davantage c’est le grand tableau de tous ceshumbles religieux etreligieuses accomplissant
loïn des agitations du monde, dans l'humilité: la plus complète, sous le regard de Dieu, le plus. beau, le plus grand, le plus saint et le plus no-
ble travail : le développement, le perfectionne.. ment de l'intelligence et du cœur humains.
(Appis répêtes) Ce qui me frappe dans la personne de ces humbles professeurs, c’est l'abnéga-.
mes D. rie
. tion, la patience, l'attention délicate, c’est le dé- ,
vouement pour tous Ceux que nous leur. con-
fions. C’est plus que cela encore, c'est l'exem- .
ple vivant du travail et du devoir. (Appls.) Allez où vous voudrez dans notre bonne province de Québec et vous rencontrerez partout ces ouvriers de l'intelligence occupés à instruire notre jeunesse, à former la société de demain. Vous verrez les humbles filles de la Sagesse, les Sœurs de la Charité, les Frères StViateurs, les Sœurs de la. Providence, les Sœurs de la. Congrégation, les Frères de: la Doctrine Chrétienne, les Sœurs de Jésus Marie, les Petites Sœurs des pauvres, etc., et enfin ici dans cette cité de Québec, soh berceau, comment pourrai-je oublier cette grande et sainte maison, si souvent éprouvée, mais tou- Jours courageuse et dévouée, je veux parler des Ursulines. Hier, M. l'Orateur, nous avions le chagrin d'apprendre l’épreuve nouvelle qui venait de les frapper à Roberval où elles ont perdu tout ce qu'elles avaient et plusieurs d’entre elles, la vie même. L’émotion a été grande lorsque la nouvelle de cette catastrophe a été annoncée ici et la sympathie a été profonde et générale. Je veux y joindre publiquement
pen
celle du gouvernement de cette province. Si ce témoignage peut être un adoucissemant à leur malheur, qu'elles l’acceptent avec notre admiration pour le courage dont elles font preuve encore Gans cette pénible circonstance. (Applaudissements sur tous les bancs de la : chambre) Conclusion
J'aurais cru manquer à mon devoir, si. en proposant à la chambre d'adopter les résolutions que nous lui avons soumises, je n’ayais pas en même temps démontré les progrès déjà accomplis; malgré la difficulté de la tâche et si. Je n'avais pas également rendu ce témoignage de reconnaissance à tous ceux qui ont pris part à l’enseignement dans notre province. lJ’espère qu’à l'avenir on sera plus juste pour notre système d'éducation, imparfait peut-être dans son application mais certainement bon dans Son prircipe. Soyons donc assez francs pour reconnaître ce qui est bon, même quand nous trouvons quelque défaut à côté du bien accompli C'est l'attitude que nous prenons pour notre part. des
Ayant décidé de venir en aide à l'éducation dans notre province, nous nous tiouvions en
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face d'un grand arbre déjà profondément enraciné dans notre sol, poussant des rameaux vigoureux dont le feuillage commence à verdir:
Devions-nous déraciner cet arbre dont les fruits sont bons et qui peut donner davantage ? Nous n'avons pas voulu prendre la responsabilité de détruire, Nous n’avons pas voulu déraciner le viel arbre dont les rameaux ont déjà donné une ombre si bienfaisante au peu!2 de notre province, mais nous lui apportons un suc nouveau, ct, désormais, ses racines, plongeant encore plus profondément dans le sol, y puisseront un regain de vie, qui, s’'épandant dans tous ses rameaux, les rendra plus forts et plus puissants ; et ses feuilles croîtront, elles verdirot complètement, protégeant mieux les fruits qui, äéquérant eux aussi plus de force, plus de richesse, plus de maturité, seront recherchés davantage par notre population. (Applaudissements répétés.)
La jeunesse surtout viendra y cueillir l'instruction, car c'est pour elle que nous travaillons. Nous savons que les enfants d’aujourd’hui seront les hommes de demain, les pères et mères de demain, les citoyens de l’avenir. Et nous voulons que la société de demain soit
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forte, vigoureuse et bien arméo pour le combat qu'elle aura à livrer eile aussi dans le champ du travail où toutes les claes de la société sont appelées à lutter.
Pour cela il faut former la jeunesse à la vie qui lattend plus tard en lui inculquant les connaissances utiles et indispensables aux dif rents élats “qu’elle embrassera, Car notre but doit être moins de faire des hommes savants que des hommes de bien, des hommes de devoir, des hommes aimant Dieu, leur prochain et la patrie. (App. répétés, et tous les députés vont féliciter l’orateur.