‹ L'éducation de l'artisteChapitre 13 sur 20 · RUSSIE · texte numérisé non relu

RUSSIE

Nous assistons à une inquiétante évolution de l'art en Russie. Ce n'est pas que la peinture russe jusqu'à présent occupât une place importante en Europe ; mais elle avait au moins un mérite qu'il faut priser très-haut : paysagistes, peintres de genre et peintres d'histoire concouraient tous sans exception à nous faire connaître la nature, les mœurs et l'histoire de leur patrie. A défaut de qualités exceptionnelles, Fart russe avait donc cette vertu d'être absolument national. Mais voici que la tarentule romaine, ce philoxéra de l'esthétique, a piqué les artistes du Nord ; voici qu'en ces pays d'origine asiatique, on rougit aussi de ses origines, on a la naïveté de se considérer comme des barbares, on emprunte à l'Occident ses goûts pseudoclassiques, réprouvés en Occident même par les esprits libres, on y fonde des Académies, et de jeunes Russes, hélas ! vont désormais à Rome et y apprennent à peindre des sujets antiques. Tel l'infortuné M. Siemiradski, auteur d'une vaste composition intitulée : les Torches vivantes de Néron.

Être peintre et être Russe : être peintre, c'est-à-

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