‹ L'Education de la conscienceChapitre 14 sur 43 · Draghicesco d.: Ouvr. cité, p. 161, 176, 189, etc · texte numérisé non relu

Draghicesco d.: Ouvr. cité, p. 161, 176, 189, etc

ment l'homme triompheiia de Vidée de Dieu. Arrivé à la dernière étape du progrès, il sera omniscient, tout-puissant, éternel. Ce sont là précisément les attributs de la divinité. L'idée de Dieu est la vision instinctive, indéfiniment anticipée de l'homme à son plein développement.

C'est bien là la demie.' mot de ce qu'on pourrait appeler la pragmatisme social. Je n'y aurais pas insisté, si de pareillss idées lancées avec ime audace incroj^able, et au nom même de la science, n'avaient pas déjà une grande influence sur l'esprit public, et sur les mœurs, et ne tendaient à fausser chez les meilleurs esprits la conscience morale.

Cette apologie de la loi et de la majorité qui la crée, par son attitude volontaire, contraignante, est acceptée de beaucoup, non seulement en principe, mais en fait. La méthode active démocratique, est déjà fort en usage dans certains parlements où les lois sont décrétées, et propagées sajis aucun égard pom- les exigences légitimes de l'opinion publicflie, ei pour les droits réels de la minorité. Une fois décrétée, la loi deivieïit intangible, quelque chose de sacré à quoi

l'on ne peut toucher sans forfaiture, cette loi fût-elle inique, et destructrice de toutes les libertés. Et elle devient sacrée même aux yeux de certaines gens qui Tônt combattue avec acharnement, et ne l'ont pas votée pour obéir à leur conscience. Les gens du peuple eux-mêmes s'accoutument à cette manière de voir, tant leur éducation sociale a été travaillée sur ce point par tous ceux qui y ont intérêt. La loi, c'est la loi, entendez-vous dire ' de tous côtés, comme on dit dans l'Islam; Dieu est Dieu, et Mahomet est son prophète. On fait au nom de la loi, ce qu'on ne ferait pas au nom de Dieu, si même on ose encore se soumettre à la volonté de Dieu quand la loi s'y oppose.

Il est évident que l'on doit, da,ns l'éducation morale de la conscience, tenir compte des lois et des mœurs; que la statistique et le droit y ont leur place; que la question sociale s'impose à l'attention des éducateurs et demande à être résolue. Nul plus que moi n'en est convaincu, et je le montrerai sous peu. Mais de là à supprimer les droits de la conscience individuelle au profit de la conscience collective ; de là à préférer la méthode active démocratique qui sacrifie l'individu.

à la méthode rationnelle qui le respecte, et en tenant compte de ses droits, favorise ceux de la collectivité, il y a loin!

Au reste, cette outrance sociale devait provoquer des protestations violentes de la pai't des sociologues soucieux encore de. soustraire la morale individuelle à la tyrannie politique. Elles ont déjà commencé de se pix)duire, et tout fait prévoir qu'à brève échéance la morale traditionnelle reprendra ses droits en même temps que sa revancTie sor ,1a morale sociologique.

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